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PROGRAMMÉE POUR LES 24, 25 ET 26 FÉVRIER
Les syndicats font planer le spectre d’une grève ouverte
L'Expression, 07 Février 2008
Les hôpitaux, les établissements et instituts universitaires, les établissements scolaires et certaines administrations sont menacés.
La Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique durcit le ton. Une grève générale de trois jours sera observée durant les journées des 24, 25 et 26 février en cours. La coordination, qui compte à son actif 12 syndicats représentant les travailleurs de différents secteurs de la Fonction publique, ne compte pas s’arrêter à cette seule action.
«Si les pouvoirs publics ne répondent pas à nos revendications, nous serons, dans ce cas-là, dans l’obligation de donner à notre mouvement un peu plus d’envergure et beaucoup plus de poids», a averti le porte-parole de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique, Meziane Meriane. Intervenant hier, lors d’une conférence de presse animée à Alger, M.Meriane n’a pas mâché ses mots: «Nous n’écartons pas l’option d’aller vers une grève illimitée.» L’option est, en effet, d’autant plus dangereuse que son application aura des répercussions fatales sur le fonctionnement de plusieurs secteurs de la Fonction publique.
Les hôpitaux, les établissements et instituts universitaires, les établissements scolaires et certaines administrations sont autant de secteurs qui seront paralysés au terme de cette grève illimitée brandie par ladite coordination, composée principalement de 12 mouvements syndicaux, à savoir le Snpsp, le Snpssp, le Snpdsm, le Snmasm, le Cnes, le Snapest, le Snvfap, le Snaps, le Satef, le Snre, l’Unpef et le Snapap.
«Nous demandons la satisfaction entière de nos revendications, à savoir la révision de la grille des salaires.» Une grille des salaires, faut-il le rappeler, qui a été rejetée par l’ensemble des travailleurs de la Fonction publique, jugeant qu’elle ne répond nullement à leurs attentes, notamment avec la chute du pouvoir d’achat des Algériens.
Et quelle a été la réponse des pouvoirs publics? «Les autorités continuent à nous tourner le dos», regrette Malek Rahmani, coordinateur national du Conseil national de l’enseignement supérieur (Cnes).
«Nous avons remis aux services du chef du gouvernement une lettre expliquant nos revendications, le 16 septembre 2007, et à laquelle, à ce jour, aucune suite n’a été donnée. Même la missive que nous avons adressée au Président de la République est restée lettre morte», a ajouté le porte-parole du Cnes, dont le syndicat fait partie de la Coordination nationale des syndicats autonomes. Malek Rahmani n’a, en outre, pas manqué l’occasion pour dénoncer les agissements de la Centrale syndicale «qui fait des pieds et des mains pour casser les efforts fournis par les syndicats autonomes et s’approprier les luttes qu’ils ont menées».
Le représentant du Cnes a, en sus, dénoncé le fait que «l’Ugta veut faire cavalier seul, et être le seul syndicat représentatif sur le terrain, alors que sur le terrain, rien de cela n’est perceptible. La preuve, la grille des salaires confectionnée par le gouvernement et avalisée par la Centrale syndicale ne répond aucunement aux attentes des travailleurs de la Fonction publique». S’agissant de l’Intersyndicale, qui a annoncé son mouvement de débrayage pour les 10, 11 et 12 février en cours, le porte-parole de la Coordination nationale des syndicats autonomes, M.Meriane, a indiqué qu’«ils sont libres dans leur choix», tout en précisant que «les portes de la coordination restent ouvertes à tous les syndicats autonomes de la Fonction publique désirant rejoindre ses rangs».
Hakim KATEB
ILS MENACENT DE PARALYSER LE TRANSPORT FERROVIAIRE
Les cheminots accentuent la pression
L'Expression, 07 Février 2008
Les pertes seront énormes et le citoyen subira les conséquences
«Si nos revendications les plus élémentaires ne sont pas satisfaites, nous procéderons à la fermeture de la direction générale.»
Un autre épisode du bras de fer ayant opposé, une dizaine de jours durant, les conducteurs de la Sntf à la direction générale, se profile à l’horizon. C’est du moins ce qui ressort des propos d’un représentant du collectif des protestataires lors de la dernière grève, dans une déclaration faite hier à L’Expression.
Dans quelques jours, le transport ferroviaire risque, encore une fois, d’être totalement paralysé. Les pertes seront énormes et le citoyen subira, à lui seul, les conséquences.
S’agit-il d’un énième temps additionnel d’une piètre partie que se livrent les deux parties? «Cette prolongation sera décisive et déterminera le vainqueur final de la partie», a précisé notre interlocuteur. Plus explicite, il a ajouté que l’ensemble des conducteurs sont déterminés à obtenir gain de cause. Plus que jamais, le spectre d’un nouveau débrayage pointe le nez.
Les cheminots campent sur leur position. Ils menacent de paralyser complètement le transport ferroviaire. Ils brandissent la menace de recourir à d’autres «solutions» que celle de la grève illimitée. «Si nos revendications les plus élémentaires ne sont pas satisfaites, nous procéderons à la fermeture de la direction générale», clame le représentant de la section gréviste.
Et d’ajouter que «si, avant, la grève était la dernière étape à laquelle nous faisions recours, cette fois-ci la donne sera renversée.» Dans le même contexte, saisir le président de la République sera inévitable. Qu’en est -il du ministre des Transports?
Le porte-parole des conducteurs grévistes insiste sur le fait que «le premier responsable des Transports brille par son mutisme et sa sourde oreille quand il s’agit de revendications de la base, des travailleurs.» A l’instar de plusieurs centaines de ses collègues, notre interlocuteur crie, haut et fort, à des dépassements uniques dans le genre depuis son recrutement.
En dépit d’une vingtaine d’années d’expérience, il se retrouve face à deux dilemmes: une situation actuelle peu reluisante et un avenir plus que compromis.
Deux raisons expliquent, à elles seules, que la situation qu’a vécue, le transport ferroviaire risque de devenir un véritable problème d’Etat. Primo, la date butoir (mi-février) fixée par le secrétaire général de l’Ugta pour mettre fin à cette crise, arrive, dans une semaine, à son terme.
Mais aussi, l’intégration du personnel d’exploitation (contrôleurs, chefs de train...), peut faire de l’ensemble des grévistes une force irrésistible.
Quelles sont les entraves qui peuvent, à quelques encablures de cette date limite, empêcher Sidi Saïd de tenir sa promesse? «Maintenant, on comprend parfaitement que sa dernière intervention a été dans le but de calmer les esprits de mes collègues», se désole notre interlocuteur. Une bataille acharnée, et à huis clos, attend les deux camps. Depuis la dernière grève, la situation demeure stationnaire. Un constat amer est établi par l’ensemble des conducteurs contactés par L’Expression. Ce gel de toute activité annoncé, est intervenu dans une conjoncture paradoxale.
D’ailleurs, c’est au lendemain de l’acquisition des 17 autorails en provenance d’Espagne, que les «oubliés du pacte social» comptent durcir le ton.
Comment acquérir des trains modernes dont le montant avec celui des projets ferroviaires frôle les 11 milliards de dollars tandis que nos revendications (800 dinars par mois pour un conducteur), mesquines soient-elles, demeurent lettre morte? s’interrogent avec beaucoup de peine les protestataires.
Se sentant lésés, les mécaniciens exigent de la direction générale l’amélioration des conditions sécuritaires d’un métier jugé «à haut risque.»
La pilule est dure à avaler. Pas moins de 11 mécaniciens, rappelons-le, ont péri durant la tragédie nationale dans l’exercice de leur fonction.
Fouad IRNATENE
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