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Une des faiblesses majeures des syndicats autonomes est de n'avoir pas su articuler leurs actions avec les luttes pour les libertés démocratiques...Hocine Belalloufi, La Nation, 4 Octobre 2011 Les syndicats autonomes non invitées à la tripartite qui vient de s’achever ont dénoncé très fortement l’Ugta qu’ils qualifient de «syndicat alibi du pouvoir». Que recouvre la grande fracture entre l’Ugta et les syndicats autonomes ? S’agit-il d’un simple problème de concurrence entre organisations, concurrence alimentée en sous-main par un gouvernement soucieux de diviser le mouvement syndical pour mieux émousser la vague de contestation sociale ? Cette fracture ne renvoie-t-elle pas plutôt à une fragmentation plus profonde au sein du monde du travail entre employés de la fonction publique passés au syndicalisme autonome, travailleurs du secteur économique public (industriel, transport, financier, services…) restés attachés à l’Ugta et travailleurs du secteur économique privé national (formel ou informel) et étranger qui sont très peu voire pas du tout syndiqués ? A moins qu’il ne s’agisse des deux à la fois ? Les luttes menées par le mouvement syndical démocratique et revendicatif à l’intérieur de l’UGTA ont montré au contraire la détermination et la vitalité de la base syndicale de l’UGTA chez Arcellor Mittal, au port d’Alger, à la SNVI (Rouiba) et à la SNTF pour faire aboutir ses revendications socioprofessionnelles. Les syndicalistes de l’Ugta qui tiennent aux caractères autonome et combatif de leur organisation ont-ils encore des perspectives à l’intérieur de la centrale ? Peuvent-ils concrètement agir aujourd’hui pour dynamiser leur organisation ou la situation est-elle trop sclérosée pour que les choses bougent de l’intérieur ? Cela dépend avant tout des rapports de force politiques et sociaux dans la société algérienne des années à venir. S’il reste isolé face à la bureaucratie syndicale, ce mouvement syndical démocratique et autonome à l’intérieur de l’UGTA est appelé à disparaître. En effet, ce mouvement syndical démocratique et revendicatif a plus que jamais besoin des relais sociaux et politiques autonomes dans la société pour pouvoir émerger comme un acteur syndical autonome. Les syndicats autonomes démocratiques et revendicatifs et les nouveaux mouvements sociaux de jeunes comme par exemple la CNAE (Coordination Autonome des Etudiants Algériens), le Comité National des chômeurs, le mouvement des médecins-résidents regroupés à l’intérieur du CAMRA (Collectif Autonome des Médecins Résidents Algériens) peuvent jouer un rôle social déterminant dans le cadre de la résistance sociale et de la solidarité syndicale pour pérenniser ce mouvement syndical revendicatif et l’aider à émerger comme un acteur syndical autonome et revendicatif. Oui, je suis d’accord, le mouvement syndical autonome démocratique et revendicatif algérien est un agent historique depuis le 15 octobre 1996, date du début de la grève du syndicat CNES (Conseil National des Enseignants du Supérieur) démocratique et revendicatif. Cette grève fondatrice du syndicat CNES historique a cassé le mur de la peur, produit de l’espoir pour toute la société algérienne et permis la renaissance/fondation du mouvement syndical autonome algérien. Aujourd’hui, l’avenir du mouvement syndical autonome algérien est intiment lié au syndicalisme revendicatif historique de la classe ouvrière algérienne (représenté aujourd’hui par la base syndicale d’ArcelorMittal, la SNVI, la SNTF, le port …) et aux nouveaux mouvements sociaux représentés par la CNAE, le comité national des chômeurs, le CAMRA… Oui, les perspectives de luttes communes existent entre les mouvements sociaux des jeunes, les syndicats autonomes et le mouvement syndical revendicatif et démocratique qui existe à l’intérieur de l’UGTA, car la lutte pour les droits sociaux et économiques est une et indivisible. La convergence des luttes des mouvements sociaux, des jeunes (Comité national des chômeurs, CNAE et le CAMRA), des syndicats autonomes et du mouvement syndical autonome de la base de l’UGTA est déterminante et centrale pour l’avenir du mouvement syndical algérien et pour l’aboutissement des revendications sociales et économiques des jeunes et des travailleurs du secteur économique et de la fonction publique. |
Luttes syndicales | ||||
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