Dénonçant la politique répressive du gouvernement

L’intersyndicale appelle à l’élargissement du front social

El Watan, 3 mars 2008

« Nous appelons à l’unité la plus large de l’action syndicale avec les syndicats autonomes de la Fonction publique pour hâter l’aboutissement des revendications justes et légitimes des fonctionnaires », soulignent les membres de l’intersyndicale.

Le front social est loin de se calmer. L’intersyndicale de la Fonction publique menace de reprendre le chemin de la protestation tant que le gouvernement continue d’ignorer les revendications des fonctionnaires. Cette structure commune, dans laquelle siègent huit syndicats autonomes, appelle à l’union des forces syndicales pour arracher les droits socioprofessionnels des travailleurs. « Nous appelons à l’unité la plus large de l’action syndicale avec les syndicats autonomes de la Fonction publique qui se battent pour la convergence des luttes syndicales pour hâter l’aboutissement des revendications justes et légitimes des fonctionnaires », soulignent les animateurs de cette structure syndicale dans un communiqué rendu public hier, affirmant que « cette politique répressive des pouvoirs publics ne fera pas plier les fonctionnaires qui luttent pour la défense de leurs revendications socioprofessionnelles dans le strict respect des lois sociales nationales et internationales ». Rappelant le « succès » de la grève de trois jours observée les 10, 11 et 12 février dernier, l’intersyndicale regrette que les pouvoirs publics continuent à « privilégier la politique du monologue et des intimidations, de la répression des libertés syndicales par l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire pour remettre en cause le droit de grève garanti par la Constitution ». Elle dénonce également le recours « illégal » à la ponction sur salaire pour sanctionner les fonctionnaires ayant adhéré à la grève. Cela tout en soulignant le refus catégorique des pouvoirs publics à ouvrir des négociations et un dialogue social avec les partenaires sociaux représentatifs du secteur de la Fonction publique qui compte quelque 1,5 million de salariés. L’intersyndicale rappelle les revendications pour lesquelles les syndicats autonomes se battent. Il s’agit de préserver le pouvoir d’achat, revoir la nouvelle grille des salaires de la Fonction publique, réviser substantiellement le point indiciaire, élaborer des statuts particuliers en concertation avec les partenaires sociaux, abroger l’article 87 bis, intégrer les contractuels et garantir les libertés syndicales. Le respect de l’article 15 de la loi 90-14 est également exigé. Cet article interdit toute ingérence de l’administration dans les affaires internes des syndicats. Pour faire aboutir toutes ces revendications, l’intersyndicale se dit « prête » à user de tous les moyens légaux. Elle interpelle, une nouvelle fois, les pouvoirs publics pour prendre des mesures socioéconomiques « urgentes » afin d’assurer « la paix sociale et le bien-être pour tous ». Jusque-là, souligne cette structure syndicale commune, le gouvernement a fait preuve de son incapacité à mettre en place une politique sociale et économique pour notamment freiner l’inflation. L’intersyndicale estime dans ce sillage que l’Etat doit mettre en place une politique efficace de soutien intense à la production agricole nationale afin d’assurer la sécurité alimentaire du pays et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

M. A. O.

Le Snapap réclame une enquête au sein de la DG de la Fonction publique à M’Sila

L’Union nationale du secteur de l’éducation affiliée au Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) sollicite le chef du gouvernement pour diligenter une enquête au sein de la direction générale de la Fonction publique pour mettre la lumière sur la situation de blocage dont sont victimes certains directeurs d’établissements scolaires ainsi que des conseillers scolaires au niveau de la wilaya de M’sila. En effet, déplore l’union, des directeurs de CEM et d’écoles primaires et des conseillers scolaires dans cette wilaya, ayant eu leurs diplômes en 2002, vivent une situation de blocage à ce jour, au moment où des cas similaires, relevant soit de la même wilaya ou d’autres wilayas, ont été pris en charge par la direction générale de la Fonction publique. Le syndicat trouve cet état de fait saugrenu et appelle l’intervention des pouvoirs publics.

M. R.

Syndicats autonomes La fonction publique veut rassembler ses troupes

par Sofiane M., Le Quotidien d'Oran, 3 mars 2008

Les actions de contestation menées par les syndicats autonomes pour revendiquer la reconnaissance de la tutelle sont en train de se transformer en un vaste mouvement avec l'émergence d'une solidarité syndicale dans la fonction publique. L'intersyndicale autonome de la fonction publique, (Cla, Cnapest, Satef, Snte, Snapap, Snpem, Ceca et la coordination nationale des Sections Cnes), a appelé, dans une déclaration commune, à « une unité de l'action syndicale avec tous les syndicats autonomes de la fonction publique qui se battent pour la convergence des luttes syndicales, pour hâter l'aboutissement des revendications justes et légitimes des fonctionnaires ». L'intersyndicale autonome presse toutes les organisations syndicales de la fonction publique à fédérer leurs efforts face « au refus des pouvoirs publics de répondre à nos revendications ». « Nous avons passé deux journées de débats difficiles et mouvementés entre représentants des syndicats membres de l'intersyndicale autonome pour rédiger cette déclaration commune. Vu la gravité de la situation et suite aux menaces de représailles du gouvernement, nous avons décidé à l'unanimité de mettre de côté toutes les divergences pour une unité de l'action syndicale avec la coordination autonome », confie Lamdani Ali, porte-parole du Cnapest. Et d'enchaîner : « on veut désormais aller vers l'essentiel. Nous avons délégué deux membres pour négocier avec la coordination autonome une unité d'action syndicale. Les contacts sont en cours et on espère arriver rapidement à un terrain d'entente ». Le même syndicaliste précise que cette « alliance stratégique » n'est pas une unification, puisque chaque syndicat des deux camps gardera sa liberté. « Il y a des divergences entre certains syndicats des deux camps et de ce fait, on doit dès maintenant penser à l'élaboration d'une plateforme commune de revendications pour éviter toutes déviations de ce mouvement », explique notre source qui paraissait optimiste quant à la naissance dès les prochaines semaines d'un «front social démocratique ». La plateforme commune de revendications compte en général des points soulevés par tous les syndicats autonomes à l'exemple de la défense du pouvoir d'achat des fonctionnaires, le rejet de la nouvelle grille des salaires, la réévaluation du point indiciaire, l'implication des syndicats autonomes dans l'élaboration des statuts particuliers et le respect des libertés syndicales. Le SG du Conseil des lycées d'Alger signale, de son côté, que des contacts sont en cours entre l'intersyndicale et la coordination pour trouver « un terrain d'entente » devenu actuellement une nécessité pour la survie même des syndicats autonomes. Des contacts « officieux » entre des représentants de l'intersyndicale et ceux de la coordination ont eu lieu ces derniers jours à Alger pour une « alliance stratégique », mais jusqu'à maintenant, il n'y a eu rien de concret, précise notre source. Pour revenir à la déclaration commune, l'intersyndicale autonome a énergiquement critiqué l'incapacité du gouvernement à mettre en place une politique sociale et économique pour stopper l'inflation et soutenir les prix des produits de large consommation. Elle a aussi réitéré sa détermination à recourir à tous les moyens légaux pour faire aboutir les revendications justes et légitimes des fonctionnaires.

  Luttes syndicales  
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