LA GRÈVE DE LA SNTF SE POURSUIT POUR LA DEUXIÈME SEMAINE

Les cheminots inflexibles

Le Soir d'Algérie, 25 novembre 2007

C’est le statu quo chez la SNTF. Alors que la grève des cheminots se poursuit pour la deuxième semaine, paralysant entièrement les activités du transport ferroviaire national, la direction générale s’est confinée dans un mutisme total refusant de se prononcer sur ce débrayage.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Hier, notre déplacement au niveau du siège de la direction générale dans le but d’être reçu par un responsable de cette dernière était vain. Ayant sollicité une entrevue avec le premier responsable de cette entreprise, la secrétaire de ce dernier nous oriente vers le responsable des ressources humaines. Ce dernier, à son tour, n’a donné aucune suite favorable à notre doléance, arguant «qu’il est en réunion avec le directeur général». Le cafouillage qui a duré plus d’une demi-heure a pris fin, après l’intervention d’un autre responsable, qui nous a informé pour sa part que la «direction générale s’expliquera demain (Ndlr- aujourd’hui) sur cette grève lors d’une rencontre avec les journalistes ». Pendant ce temps, le mouvement de grève des cheminots se durcit, provoquant ainsi pour la deuxième semaine consécutive un arrêt total des activités ferroviaires. Le fait nouveau dans ce débrayage est que le mouvement de protestation s’est élargi en touchant depuis mardi dernier toutes les structures ferroviaires de la SNTF. En effet, que ce soit à Oran ou à Constantine, la solidarité ouvrière avec les grévistes de la région du Centre n’a pas tardé à voir le jour. Les informations en notre possession font état d’une large adhésion des conducteurs et des aides conducteurs des régions de l’ouest et de l’est du pays au mot d’ordre de grève lancé par les travailleurs de la région du Centre. Ceci étant, les travailleurs-grévistes refusent de reprendre le travail, «tant que la direction ne donne pas de garantie quant à l'aboutissement de leurs revendications ». «C’est un droit légitime que nous revendiquons et la balle se trouve dans le camp de la direction générale. La clé de dénouement de la crise se trouve chez l’employeur », a indiqué un syndicaliste qui a voulu garder l’anonymat. Cela étant, la seule nouveauté dans cette affaire est que la Fédération nationale des travailleurs des chemins de fer affiliée à l’UGTA s'est manifestée, par la diffusion d'un appel, élaboré en commun par la section syndicale du dépôt et la fédération aux grévistes, les invitant à reprendre le travail. La fédération qui a reconnu la légitimité des revendications des conducteurs et aides-conducteurs à l'origine de la grève déclenchée en début de semaine passée a indiqué par la voix de son secrétaire «qu’en tant que structure fédérale, on n’est pas contre la grève encore moins contre les revendications des travailleurs qui sont d’ailleurs comprises dans la plateforme de revendications de la fédération remise à l’employeur le 4 novembre dernier ». Selon le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs des chemins de fer, «le syndicat n’est pas habilité à juger l’illégalité ou la légalité d’une grève». «Pour notre part, nous vous informons que la fédération devait entamer des négociations avec la direction générale le 18 novembre dernier autour des points contenus dans notre plate-forme de revendications. Il s’agit du salaire de base, de l’indemnité de déplacement du régime général (IDRG), de l’indemnité de déplacement du régime particulier (IDRP), de la prime de rendement kilométrique (PRK), de l’indemnité d’expérience professionnelle (IEP), de l’indemnité de panier, de l’indemnité de transport et de l’indemnité de la femme au foyer», a indiqué M. Derradji, rappelant au passage que «dans le cadre de la convention de branches, «nous avons décroché une augmentation de 15% en octobre 2006 et 5% sur le nouveau salaire, sans compter les primes de panier et de transport ». En effet, selon des travailleurs grévistes, la position de la fédération vis-à-vis de ce débrayage a connu un changement. En effet, la fédération qui s'était déclarée non responsable de la grève, multiplie actuellement les gestes pour la stopper. Sur un autre plan, on indique que «la solution trouvée par la direction et consistant à mobiliser les chefs de gare pour la conduite des trains est en soi une transgression à la réglementation en vigueur et dont la conséquence directe est l'abandon par ces derniers de leurs postes de travail».
A. B.

   
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