Les syndicats de l’éducation reprennent le chemin de la contestation

Sit-in demain à travers le territoire national

El Watan, 9 mars 2008

Les adjoints de l’éducation organisent demain un sit-in devant le ministère de l’Education. De leur côté, les représentants des conseillers d’orientation scolaire des wilayas du Centre, Est et Ouest observeront mercredi une journée de protestation à l’échelle nationale.

La contestation et les mouvements de protestation reviennent cette semaine. Quatre coordinations affiliées au Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) organisent demain et mercredi des sit-in devant le ministère de l’Education nationale. Il s’agit des coordinations représentant les directeurs d’enseignement moyen, des gestionnaires, des conseillers d’orientation et des adjoints de l’éducation. Les mécontents veulent, à travers leur action, démontrer que les travailleurs du corps enseignant vivent tous dans la précarité la plus totale. « Nous allons donner la preuve aux pouvoirs publics que le marasme ne touche pas uniquement les enseignants mais tous les travailleurs du secteur de l’éducation et ils sont très nombreux. Nous ne sommes pas des agitateurs mais des travailleurs respectueux des lois de la République et qui veulent vivre dans la dignité », a tonné un représentant de la coordination des conseillers d’orientation scolaire en confirmant que « les travailleurs algériens, sans exception, rejettent la grille des salaires, déplorent l’exclusion des syndicats des cycles de négociations et revendiquent un statut digne de leur fonction ». « Un directeur d’établissement doit évoluer dans sa carrière et un simple fonctionnaire doit être motivé pour donner le meilleur de lui-même. Chez nous, il est malheureux de constater qu’un chef d’établissement garde 20 ans après le même grade que celui qu’il avait en 1987 », a soutenu un directeur d’école qui regrette qu’aujourd’hui, la nouvelle classification ne répare pas cette injustice tant décriée par les concernés.

« Déni d’existence »

Les syndicats affiliés au SNTE dénoncent leur marginalisation. « Il y a un déni d’existence des syndicats autonomes qui sont pourtant représentatifs et ont un ancrage sur le terrain. Il y a donc nécessité de discuter et de faire des propositions de sortie de crise », a affirmé l’orateur qui estime que les portes du dialogue n’ont jamais été ouvertes par les pouvoirs publics. Pour se faire entendre en haut lieu, les adjoints de l’éducation organisent demain un sit-in devant le ministère de l’Education, de leur côté les représentants des conseillers d’orientation scolaire des wilayas du Centre-Est et Ouest observeront mercredi une journée de protestation à l’échelle nationale afin de rendre visibles leur mécontentement et leur colère. Cette décision a été prise le 3 mars lors d’une réunion ayant regroupé les conseillers d’orientation des différentes wilayas du pays. En outre, il est décidé de tenir des rassemblements au niveau de toutes les directions de l’éducation implantées dans toutes les régions du pays en plus d’un sit-in devant le ministère de l’Education nationale. Une lettre portant les revendications des travailleurs sera remise au ministre de tutelle et une liste de doléances sera déposée sur les bureaux des directeurs de l’éducation. « Nous allons demander une audience au ministre de l’Education pour défendre notre cause et lui remettre une lettre et une autre copie qu’il transmettra au chef du gouvernement », a soutenu un représentant de cette coordination. La même procédure sera suivie par les autres coordinations qui n’envisagent nullement de baisser les bras.Elles comptent prendre part à toutes les actions de protestation prévues par la coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique.

Nabila Amir

 


Rassemblement des enseignants contractuels de l’éducation demain

Le Conseil national des enseignants contractuels (CECA) a appelé hier les enseignants contractuels à participer à un sit-in demain à 14h devant le ministère de l’Education nationale.

Ce syndicat, affilié au Syndicat autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), motive cette action par « le désarroi » des enseignants contractuels vis-à-vis d’une situation qu’il qualifie de « catastrophique » et pour demander le droit à l’intégration de ces fonctionnaires de l’éducation nationale. Dans cet appel, dont une copie est parvenue à la rédaction, le CECA s’est interrogé sur les raisons du maintien dans la précarité de cette catégorie de fonctionnaires de l’éducation. Pour rappel, les enseignants contractuels ayant pris part au débrayage de trois jours organisé les 24, 25 et 26 février dernier ont été, dit-on, licenciés et des ponctions de six jours sur les salaires des protestataires ont été appliquées par le ministère de l’Education. Interrogé la semaine dernière sur la situation des enseignants contractuels qui avaient observé la grève, le chef du gouvernement avait expliqué que ces enseignants ont des « contrats à durée déterminée qui seront renégociés à la fin de cette durée ». Une déclaration que beaucoup de grévistes ont interprétée comme une menace.

Rabah Beldjenna


Les syndicalistes s’opposent au limogeage du DRH

Contestation à Algérie Poste

Dans une déclaration, des syndicalistes d’Algérie Poste mentionnent : « La décision du limogeage du directeur des ressources humaines est révélatrice du désarroi dans lequel se trouve l’autorité supérieure d’Algérie Poste. »

Les représentants de toutes les sections syndicales de la wilaya d’Alger et de certaines wilayas limitrophes, telles que Boumerdès, Tipaza, Tizi Ouzou et Bouira, d’Algérie Poste ont empêché hier la passation de consignes pour l’installation d’un intérimaire en remplacement du directeur des ressources humaines Zerarga Omar qui a occupé ce poste depuis la création d’Algérie Poste (2002). Ils considèrent que cette décision prise par Ghania Houadria, directrice d’Algérie Poste, n’est pas légale, car le DRH a été nommé par arrêté ministériel et ne peut être démis de ses fonctions que de la même manière (arrêté ministériel). Dans une déclaration des syndicalistes d’Algérie Poste de la Fédération nationale des travailleurs de la Poste et des TIC/UGTA de la wilaya d’Alger, reçue à la rédaction, les syndicalistes mentionnent à cet effet : « La décision du limogeage du directeur des ressources humaines est assez révélatrice du désarroi dans lequel se trouve l’autorité supérieure d’Algérie Poste. Nous sommes en droit de nous demander si, pour de sombres desseins, il n’y a pas une action de diversion, au mieux un décalage de priorité. On n’attend pas cinq longues années pour évaluer un très proche collaborateur auquel on a confié jusque-là l’intérim de la direction générale de l’entreprise. Ou bien est-ce tout simplement la conjoncture qui a fait que ce DRH soit un potentiel prétendant à la direction de l’entreprise qui dérange, même si c’est dans l’éventualité d’un départ à la retraite de l’actuel dirigeant. » Et de préciser que cette action se veut « un message clair en direction des premiers responsables de l’entreprise, des autorités supérieures de l’Etat et de l’opinion publique pour qu’Algérie Poste soit véritablement reprise en main et que cessent ces tractations de bas étage ». Les syndicalistes dénoncent aussi « les détournements d’argent qui ne cessent de porter atteinte à la santé financière d’Algérie Poste et à l’économie nationale ».

Confiance ébranlée

Il faut dire que depuis la demande de départ à la retraite de Ghania Houadria qui est revenue sur sa décision et l’ultimatum accordé par Boudjemâa Haïchour, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, les rapports entre eux ne seront plus les mêmes. La confiance est ébranlée et rien n’est plus comme avant. Lors de la récente visite de travail au complexe de Birtouta, les présents ont relevé qu’il y a eu moins de synergie. Au sujet des détournements observés dans certains bureaux de poste, M. Haïchour a souligné à maintes reprises qu’Algérie Poste comptabilise actuellement 400 inspecteurs contre 70 avant la création de cet établissement et que l’indice de détournement par rapport aux fonds manipulés a baissé de 50% en 2007. Donnant l’exemple de ce qui s’est passé dans l’agence de Chéraga à Alger, le ministre a avoué que cette situation a prévalu depuis 2003. Investie d’une mission de service public, la poste est aussi soumise à des performances commerciales et à des exigences de rentabilité en tant qu’entité économique opérant sur un marché de plus en plus concurrentiel. Si Algérie Poste s’est engagée à améliorer les délais d’acheminement du courrier et du colis, il n’en demeure pas moins que la réorganisation de bout en bout de ce segment n’a pas encore eu les résultats escomptés. Le courrier accéléré international en Algérie est un marché qui va grandissant en volume avec la libéralisation de l’économie et l’installation d’entreprises nouvelles mais la première place du marché revient à l’opérateur dominant DHL. Algérie Poste est totalement absente bien qu’on parle de la filialisation de ce segment d’activité depuis 2005. Cependant, jusqu’à présent, on ne voit rien venir : au contraire, le volume d’activité dans le courrier express tend à diminuer de façon alarmante.

Kamel Benelkadi

  Luttes syndicales  
www.algeria-watch.org