Les syndicats autonomes de la fonction publique organiseront leurs conseils nationaux extraordinaires prochainement :

Une autre grève est prévue en février

par Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 17 janvier 2008

Après une journée de grève qui a sérieusement perturbé plusieurs secteurs, les fonctionnaires ont regagné hier leurs postes respectifs. Rien, en revanche, n’est encore fini en matière de mouvement de protestation. Une autre grève plus musclée est prévue pour le mois de février.

La Coordination nationale des syndicats autonomes de la fonction publique a annoncé officiellement, hier, l’organisation d’une journée de débrayage le mois prochain. Lors de la conférence de presse animée hier par le coordonateur national de cette organisation syndicale, M. Mézaine Meriane, n’a pas précisé la date de cette grève.

Selon tous les représentants des syndicats ayant participé à la grève de cette semaine, le prochain mouvement sera plus musclé et ne durera pas qu’une seule journée. Chacun des douze syndicats est appelé à organiser son conseil national extraordinaire avant la fin du mois de janvier pour consulter leurs bases.

Une autre réunion se tiendra entre l’ensemble des syndicats pour trancher, avant le mois prochain, sur la date définitive de la prochaine action de protestation. Cette dernière est initiée par la coordination, a déclaré le conférencier, révélant que l’idée de créer une confédération est toujours à l’étude.

Optimiste, le Dr Yousfi, du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), a souligné que la coordination, après seulement cinq mois d’existence, a déjà fait ses preuves sur le terrain. Quant à l’éventualité de créer une centrale syndicale, la question n’est pas encore à l’ordre du jour.

Pour le moment, les différents syndicats se concentrent sur leurs activités qui s’inscrivent dans la durée, a expliqué le coordonateur national. S’agissant de la grève de mardi dernier, le taux de suivi aurait dépassé toutes les attentes, malgré, disent les syndicalistes, les différentes tentatives de briser le mouvement.

La grève a été suivie à plus de 83 %, selon la coordination. Ce sont encore les universités qui affichent le taux de grévistes le plus élevé, soit 85, 21 %, selon les chiffres communiqués par les syndicalistes. Le secteur de l’enseignement supérieur est talonné par celui de la santé, avec 82, 50 %.

Le secteur de l’administration, toujours selon le conférencier, a atteint un taux de suivi de 80 %, suivi de celui de l’éducation avec 77, 51%. Une réussite, selon M. Meriane, qui affirme qu’à l’avenir la coordination s’organisera beaucoup mieux et que cette première expérience n’est nullement décevante.

«L’essentiel est que nous ayons observé notre grève et nous pensons l’avoir réussie», souligne-t-il. Les différents syndicats ne semblent pas prêts à laisser tomber leurs revendications. Notre place, affirment-ils, doit être dans les futures négociations avec les pouvoirs publics et il «n’est surtout pas dans leur intérêt de continuer à nous marginaliser», ajoutent les syndicalistes.

Enfin, M. Mériane a qualifié les responsables de l’UGTA d’irresponsables pour avoir critiqué cette grève. N. O.

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