| |
|
La rasd réagit au discours du président français
« Les déclarations de Sarkozy sont graves et inopportunes »
El Watan, 25 octobre 2007
Le gouvernement de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD)
a qualifié hier de « graves » et d'« inopportunes » les déclarations
faites à Rabat (Maroc) par le président français, Nicolas Sarkozy.
Le gouvernement de la RASD estime dans une déclaration, dont une copie
est parvenue à l'APS, qu'elles sont graves « parce qu'elles ignorent
toutes les résolutions des Nations unies qui reconnaissent le droit
inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance
et constituent un encouragement à l'intransigeance et un alignement sur
la position de l'occupant marocain qui tente désespérément de légitimer
son fait accompli au mépris des principes les plus élémentaires de
démocratie ». Elles sont inopportunes, précise la même source, parce
qu'elles interviennent au moment où le processus de négociations entre
le Front Polisario et le Maroc, sous les auspices du secrétaire général
des Nations unies et son envoyé personnel, se trouve dans une phase qui
appelle les membres du Conseil de sécurité à jouer un rôle positif en
aidant les deux parties en conflit à aller de l'avant en vue de trouver,
comme le stipule la résolution 1754 d'avril dernier, une solution qui
garantisse le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. » Le
gouvernement regrette, par ailleurs, que « c'est cet alignement sur la
politique de l'occupant marocain, depuis 1975, qui a fait échouer tous
les efforts louables déployés par la communauté internationale pour la
décolonisation du Sahara occidental et qui a fait aussi que le régime
marocain bénéficie d'une impunité totale en se permettant de perpétuer
les crimes de guerre et les violations les plus flagrantes des droits de
l'homme au Sahara occidental ». La RASD regrette aussi que « le tout
nouveau président français (...) persévère et perpétue, au mépris de la
légalité internationale, une politique désuète, en contradiction
flagrante avec les déclarations d'intention au sujet de l'Union du
Maghreb et de la Méditerranée et néfaste pour les propres intérêts
stratégiques de la France ». A signaler par ailleurs que l'association
française des Amis de la RASD (AA-RASD) a dénoncé le même jour la
position du président français Nicolas Sarkozy sur la question du Sahara
occidental, la jugeant « contraire à celle de l'Onu et de bien des Etats
de l'UE ». Réagissant au discours de M. Sarkozy, mardi devant le
parlement marocain, la présidente de l'AA-RASD, Mme Régine Villemont, a
souligné qu'« à l'inverse de ce que nous osions espérer, à savoir un
rééquilibrage de la position française respectueuse du droit
international et donc de l'autodétermination du peuple sahraoui, le
président Sarkozy vient d'approuver, comme son prédécesseur Jacques
Chirac, le plan d'autonomie pour le Sahara occidental ». L'AA-RASD «
s'étonne d'une telle position peu compatible avec la mise en chantier
des ambitions du président Sarkozy qui veut développer les relations et
les projets des pays de l'ensemble méditerranéen », poursuit Mme
Villemont dans un communiqué. L'AA-RASD « dénonce cette position
contraire à ce que l'Assemblée générale des Nations unies vient
d'approuver par consensus, à savoir l'autodétermination des Sahraouis »,
notant aussi que « la position défendue par la présidence de la
République française se distingue également de celle exprimée par bien
des Etats de l'Union européenne ». L'ONG a rappelé que le Royaume-Uni a
exprimé son appui à l'autodétermination, que le ministre italien des
Affaires étrangères, M. d'Aléma, a rencontré le 18 octobre le président
de la RASD, Mohammed Abdelaziz, et que le Parlement européen vient de
remettre le prix Silver Rose à la militante sahraouie des droits de
l'homme, Aminatou Haïdar.
A. Z.
|
|
|