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Sahara Occidental Le Polisario prêt à des négociations avec le Marocpar Ghania Oukazi, Le Quotidien d'Oran, 30 avril 2007 Saisissant le jour du vote par le Conseil de sécurité d'une résolution visant à «sortir le conflit de l'impasse», les Sahraouis en appellent avec insistance à «la sagesse» des Etats-Unis, des Français et des Espagnols pour y consacrer les principes de la légalité internationale. C'est par la voix de son ambassadeur à Alger que la République sahraouie (RASD) a demandé, hier, aux trois pays de ne pas marchander avec le conflit sahraoui au profit des exigences marocaines. L'appel se fait avec persistance à un moment jugé crucial par les observateurs pour le règlement du conflit sahraoui. C'est en effet aujourd'hui que le Conseil de sécurité prévoit de voter une résolution appelant à « sortir le conflit de l'impasse » dans laquelle il a été placé depuis de longues années. En en appelant à « la sagesse » des trois pays qualifiés « d'amis » du Sahara Occidental, le Front Polisario sait pertinemment que ce sont eux qui, surtout pour le cas de Paris et Washington, appuient le Maroc dans sa persistance à vouloir garder sous son occupation les territoires sahraouis. En plus de son cautionnement de cette position, Madrid est, comme l'a retenu l'histoire, la partie qui a permis en 1975 au Maroc d'annexer le Sahara Occidental. Les Sahraouis savent, par ailleurs, qu'en sollicitant les Etats-Unis pour faire respecter la légalité internationale - c'est-à-dire permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l'autodétermination par la voix d'un référendum - ils le font à un pays qui a décidé de piétiner cette même légalité pour coloniser l'Irak. Ils leur rappellent justement qu'en imposant des solutions en dehors des résolutions et des règlements votés par le Conseil de sécurité des Nations Unies, les conséquences n'en sont que dramatiques. « Nous voyons ce que les solutions imposées ont apporté en Irak et au Moyen-Orient » a fait remarquer l'ambassade de la RASD à Alger. Mohamed Yeslem Beisset exhorte ainsi les Américains « à respecter leurs propres normes et valeurs avec lesquelles ils sont arrivés à stabiliser l'Europe après la guerre, en relançant l'économie, en promouvant les droits de l'Homme et en respectant les frontières légales de certains pays européens ». Les Sahraouis en veulent aussi à la France qui, pourtant appelée par l'histoire « la mère des démocraties », a fortement insisté, selon lui, pour que la notion « des droits de l'homme bafoués par la répression marocaine » ne figure pas dans la résolution devant être votée aujourd'hui par le Conseil de sécurité. Ce qui a été respecté par ses pairs, les membres influents de l'institution onusienne et qui a été relevé avec une profonde amertume par les Sahraouis. Une telle attitude et tant d'autres de ces pays visant à enfreindre l'esprit de la légalité internationale au profit du Maroc, ont fait sortir la Russie de ses gonds qui menace de quitter le groupe. Ce qu'il y a cependant d'important à retenir après une semaine de débats intenses et serrés au sein du Conseil de sécurité et sur la base des recommandations du secrétaire général des Nations Unies, la résolution initiale a été remaniée dans plusieurs de ses points. Une résolution qui, faut-il le noter - penchait grandement en faveur du royaume chérifien et de sa proposition de paix qui ignore les droits du peuple sahraoui. La copie revue et corrigée semble - pour un début - agréer les Sahraouis qui saluent le fait qu'elle consigne la référence au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Leur ambassadeur à Alger approuve les corrections apportées « parce qu'elle mettent déjà sur un pied d'égalité le front Polisario et le Maroc en prenant acte de leurs propositions respectives de paix ». La référence à celle du Front Polisario a été rajoutée après révision de la résolution. Beisset note aussi avec satisfaction le fait que le Conseil de sécurité ait désigné nommément « et pour la première fois » les deux parties comme étant les seuls protagonistes du conflit. Cette désignation nominative a été consignée dans le texte au titre de l'appel que lance le Conseil de sécurité à l'ouverture de négociations entre eux deux « sous l'égide des Nations Unies et dans le cadre du respect de la légalité internationale ». Les Nations Unies habillent cette demande comme de tradition de la clause « pour une solution mutuellement acceptable ». La résolution révisée retient par ailleurs, une extension du mandat de la MINURSO de six mois et non de deux comme le prévoyait le texte initial. Le Front Polisario fait part de sa disponibilité à participer à des négociations « directes avec le Maroc sous l'égide de l'ONU ». Son ambassadeur à Alger affirme, en outre, que « nous sommes aussi disposés à prendre en charge les préoccupations du Maroc relatives à l'exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental ». Cette clause est clairement contenue dans la proposition de paix que les Sahraouis ont présentée récemment aux Nations Unies. « Nous acceptons de négocier avec le Maroc y compris sur ce point pour la stabilité et la prospérité de la région » dit Beisset. Il estime que « la préoccupation du Maroc au sujet de sa stabilité, la crise politique et économique qu'il vit doivent en principe l'obliger à accepter de négocier avec nous ». Il doit selon lui « en être de même pour les pays amis du Sahara Occidental ». Parce que, explique-t-il, « ce que veut le Maroc, ni les Etats-Unis ni l'Espagne ne peuvent le lui donner mais le peuple sahraoui peut le lui donner à condition qu'il lui soit permis d'exercer son droit à l'autodétermination par voie référendaire ». A défaut, Beisset s'interroge à juste titre à propos de la position adoptée par les trois pays qui manipulent le conflit sahraoui « que veulent-ils pour la région, un deuxième Irak ou un deuxième Moyen-Orient ? ». |
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www.algeria-watch.org
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