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FAYÇAL ABIKCHI ENTERRE HIER A ZERALDA La version de la DGSN et les accusations de la familleLe Quotidien d'oran, 7 mars 2006 Le jeune Fayçal Abikchi a été enterré hier au cimetière Sidi Lahbib à Zéralda, situé à une centaine de mètres de la maison familiale, où de nombreux habitants sont venus exprimer leur compassion et leurs condoléances. L’enterrement s’est déroulé dans le calme et le recueillement, alors que les services de sécurité s’étaient déployés dans plusieurs endroits de la ville, qui avait été la veille le théâtre de violentes émeutes. Chez les Abikchi, dont les membres sont bouleversés par la tragédie, le climat est à la tristesse, à la colère et à la contestation de la version de la police. Sur les circonstances de la mort de Fayçal, c’est le mot «bizarre» qui revient, certains même parlant tout simplement de «meurtre». On se perd en conjectures sur «cet appel téléphonique reçu à 2h30, dans la nuit de samedi à dimanche, et qui a conduit le jeune Fayçal à se rendre au siège de la sûreté de daïra de la ville de Zéralda où il a trouvé la mort». Selon la version de la police, Fayçal, muni d’une hache, a agressé les policiers qui étaient de garde cette nuit-là, leur causant des blessures «graves». Et c’est ainsi que l’un d’eux a dû faire usage de son arme. Cette version, les membres de la famille du défunt, rencontrés hier avant l’enterrement, la réfutent. Son oncle maternel, A. Zemmem, employé à l’hôpital de Zéralda où il était de garde cette nuit-là, affirme que les policiers en question n’avaient pas de blessures graves qui auraient pu être causées par une hache. Il y avait seulement «quelques égratignures chez l’un et une fracture à la main chez l’autre policier». Il relève également que «de manière inexplicable, c’est le policier de faction à l’hôpital qui, après s’être absenté pendant près d’une heure, est arrivé avec les deux policiers blessés». Très remontés, les membres de la famille parlent de «meurtre pur et simple» contre un jeune qui n’était «pas armé». Encore que l’oncle tempère en indiquant qu’il n’est pas exclu que Fayçal, en sortant de chez lui à une heure avancée de la nuit, après l’appel téléphonique, ait pu se munir de «quelque chose» car le chemin menant de la maison où il habite à la ville n’est pas sécurisé. L’autre élément qui réfute, selon la famille, la version de la police est le fait qu’il était impossible pour Fayçal d’arriver jusqu’à l’intérieur du commissariat avec une hache, car il lui aurait fallu traverser deux portes surveillées par les policiers. Son oncle affirme que sur la base de témoignages du voisinage, leur parent aurait été tué à l’extérieur du siège de la sûreté. Ils affirment que des voisins ont entendu 6 coups de feu qui ne semblaient pas provenir de l’intérieur du commissariat. L’oncle signale que «sur les vêtements du défunt, il y avait des traces qui indiquent qu’il avait été traîné à l’intérieur, après avoir été tué devant la porte d’entrée». La famille ne s’explique pas non plus le retard mis dans son évacuation vers l’hôpital alors que les services de la protection civile ne sont pas très loin du lieu du drame. Les Abikchi parlent également de la non-remise par la police du portable que détenait Fayçal et qui serait utile pour déterminer l’origine de l’appel nocturne. «Pourquoi n’a-t-on pas simplement essayé de maîtriser Fayçal», demande l’oncle, qui signale qu’on lui a dit qu’«ils s’étaient mis à plusieurs pour maîtriser le policier dépressif qui a tiré». Selon la version de la famille, le jeune Fayçal était sur le point de rompre ses fiançailles avec une fille de la localité et que celle-ci l’aurait menacée, toujours selon la famille, de représailles lorsqu’il a demandé la restitution des éléments du trousseau de mariage qu’il lui avait acheté. Pour sa part, la Direction générale de la sûreté nationale a indiqué hier dans un communiqué que les services de la police judiciaire d’Alger ont ouvert une enquête pour «déterminer les circonstances exactes du décès du nommé Fayçal Abikchi, suite à sa mort survenue à l’intérieur de la sûreté de la daïra». Selon le communiqué, le nommé Abikchi Fayçal, âgé de 30 ans et demeurant à Zéralda, a fait irruption, le 5 mars 2006 vers 3h20 du matin, au siège de la sûreté de daïra de Zéralda, muni d’une hache, pour s’attaquer et blesser trois policiers qui étaient de permanence, dont deux grièvement». La DGSN ajoute que, «devant cette situation, le policier chargé de la sécurisation du siège a fait usage de son arme de service en atteignant le citoyen». Et de souligner qu’il a été évacué par la Protection civile vers l’hôpital de Zéralda, où il devait succomber des suites de ses blessures. Les trois autres policiers ont, pour leur part, été évacués vers le même hôpital, puis transférés vers l’hôpital central de la Sûreté nationale, précise le communiqué. La DGSN a indiqué également que «le parquet compétent a été saisi aussitôt de cette affaire et a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, actuellement en cours». Signalons que le procureur de la République près le tribunal de Chéraga (Blida) a ordonné la pratique d’une autopsie et l’ouverture d’une enquête. Le wali d’Alger a quant à lui appelé les citoyennes et les citoyens de la ville de Zéralda à «faire preuve de sérénité et à contribuer à l’apaisement». Salah-Eddine K. |
Zéralda: La ville retrouve un calme précaire (EW,07.03.06) Bataille rangée dans les rues de Zéralda (EW, 06.03.06) |
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www.algeria-watch.org
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