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Des blessés et une dizaine d'arrestations Les émeutes de l'eau de retour à Tiaretpar El-Houari Dilmi, Le Quotidien d'Oran, 9 juillet 2007 La paisible localité de Djillali Benamar située à quelque soixante kilomètres au nord de Tiaret est sortie de son anonymat samedi, lorsque de violentes émeutes ont éclaté obligeant les forces anti-émeutes appuyées par la gendarmerie à intervenir. En effet, il était dix heures samedi lorsque la population, excédée par les coupures intempestives dans l'alimentation en eau potable a barré la route nationale n° 91 menant à la wilaya de Mascara. Au moins quatre personnes dont une femme ont été incommodées par les gaz lacrymogènes et une dizaine d'arrestations opérées parmi les émeutiers. Même l'intervention du chef de la daïra de Mechrâa-Sfa, aidé dans sa démarche par les sages de la ville de Djillali Benamar n'a pas pu calmer la colère d'une population excédée par le mal-vivre et un chômage sévissant à l'état endémique. Jusqu'à hier, deuxième journée d'émeute, la tension était toujours très vive avec un impressionnant dispositif de sécurité déployé aux quatre coins de la commune. Et dans une plate-forme de revendications adressée par la population aux autorités de la daïra, le problème de l'eau figure en premier puisque plus de 5.000 habitants survivent avec deux heures d'alimentation en eau potable tous les deux mois, est-il soutenu. Même le plan de cintrage décidé par la commune de Djillali Benamar n'a pas étanché la soif d'une population qui crie son ras-le-bol. Des routes défoncées, l'absence de structures sanitaires et autres équipements de loisirs pour les jeunes dans une localité «où ne survivent plus que les personnes âgées» soupire un citoyen les larmes aux yeux. Et au moment où nous rédigeons ces lignes, la population est toujours dressée en travers de la route exigeant la présence du wali et la libération sans conditions des jeunes manifestants arrêtés. Pour la deuxième fois en deux années, les émeutes de l'eau éclatent dans la wilaya de Tiaret. Alors, comment arriver à conjurer les émeutes de l'eau à travers de nombreuses localités de la wilaya de Tiaret, telle est la lancinante question qui hante depuis plusieurs semaines l'esprit des autorités locales qu'elles soient administratives ou élues. En effet, que ce soit à Tiaret, Sougueur, Frenda, Aïn Bouchekif, Rahouia, Oued Lilli, ou encore Takhmaret, autant de localités dans lesquelles l'été et ses chaleurs caniculaires sont en train de tourner au cauchemar à cause principalement de la pénurie d'eau potable qui dure depuis le début du mois de juin. Et il faut bien dire que la situation n'est pas prête de s'améliorer, du moins pas dans les prochains jours, voire les prochaines semaines à en juger par une déclaration au micro de la radio locale du directeur de l'Algérienne des eaux faisant état d'une restriction dans la distribution de l'eau potable puisque celle-ci est passée de un jour sur deux à un jour sur trois à partir du 1er Juillet dernier. La population en général, et surtout à Tiaret ville, craint sérieusement pour sa santé en raison du risque plus que jamais présent d'apparition de maladies à transmission hydrique à cause justement du manque d'eau. A Frenda, et Sougueur, deux parmi les centres urbains les plus importants de la wilaya, des tensions liées toujours au manque d'eau potable ont également été enregistrés ces trois derniers jours. Au chef-lieu de wilaya, la situation est tout aussi désastreuse avec l'assèchement alarmant du barrage de Benkhadda, seul pourvoyeur en eau potable de la ville de Tiaret et de cinq autres localités, soit plus de 400.000 habitants, et dont le volume de remplissage est passé en dessous des cinq millions de mètres cubes. Une situation des plus critiques obligeant les gestionnaires de l'Algérienne des Eaux à donner un nouveau tour de vis à la distribution de l'eau potable par des températures dépassant allègrement les 43 degrés Celsius à l'ombre et ce, espèrent-ils, afin de «gérer au mieux et avec le moins de dégâts possibles» la pénurie du précieux liquide, jusqu'à ce que l'on arrive à ce que d'aucuns appellent ici «une solution naturelle», c'est-à-dire les prochaines pluies qui ne sont pas prêtes de s'annoncer. |
Emeutes | ||||
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