Talmine secouée par une contestation sociale sans pareil

Climat tendu à Adrar

El Watan, 29 mars 2006

Le dossier du logement social et la problématique liée à sa distribution confirment son statut de bête noire des autorités locales. Le preuve, hier, deux mouvements de protestation contre des listes de bénéficiaires de ce type de logement ont éclaté dans deux wilayas du pays.

En effet, la ville de Sétif s’est réveillée sur un sit-in devant le siège de la wilaya, tenu par une centaine de citoyens dont les noms ne figurent pas sur la liste des bénéficiaires des 417 logements sociaux. A Adrar, plus exactement dans la commune de Talmine, l’affichage, dimanche dernier, de la liste des bénéficiaires du logement rural a mis le feu aux poudres. Près de 10 000 citoyens se sont rassemblés dans la même journée devant le siège de l’APC en guise d’expression de leur ras-le-bol et leur opposition à la manière avec laquelle ont été distribués ces logements. Ne trouvant plus de bons entendeurs, ces citoyens, en colère, ont assiégé les locaux de l’APC tout en enfermant à l’intérieur l’inspecteur général de la wilaya et le chef de la daïra qui, pourtant, se sont rendus sur les lieux en vue d’apaiser les esprits.

R.N.


Manifestations à Talmine (Adrar)

L’inspecteur général et le chef de daïra gardés en otages

L’affichage de la liste des bénéficiaires du logement rural a mis le feu aux poudres, dimanche dernier, dans la localité de Talmine, une commune rattachée à la daïra de Charouine, avec 11 492 habitants répartis sur 19 ksour, située au nord-est du chef-lieu de la wilaya d’Adrar à environ 229 km.

Cette oasis, en plein cœur de l’Erg, réputée par l’hospitalité de sa population, vient de connaître une contestation sociale sans pareille. Selon des témoins, près de 10 000 citoyens se sont rassemblés dans la journée de dimanche devant le siège de l’APC de Talmine pour afficher leur mécontentement sur la gestion de leur commune et leur opposition quant aux noms figurant sur les listes et la manière dont ont été attribués ces logements. Selon des informations, dix jours auparavant, le chef de daïra aurait tenu une réunion au siège de l’APC avec les représentants des 19 ksour qui constituent la commune au cours de laquelle une liste de revendications lui a été adressée. Trois points importants figuraient parmi ces revendications, à savoir la dissolution de l’Assemblée populaire, la relève des fonctions du secrétaire général de la commune et l’installation d’une commission d’enquête sur la gestion des élus. L’affichage des listes a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Dès cet instant, les habitants de tous les ksour ont commencé à converger vers le siège de l’APC pour protester d’abord contre la distribution des logements et surtout sur les promesses qui leur ont été faites par le chef de daïra concernant leurs principales revendications. Samedi vers midi, le chef de daïra et l’inspecteur général de la wilaya se sont rendus sur les lieux afin d’apaiser les esprits. Ils ont été pris d’assaut et « assiégés » à l’intérieur de l’APC avec l’interdiction de quitter les lieux jusqu’à l’arrivée du wali. Durant la nuit du samedi, un député et le directeur de l’administration générale ont rejoint Talmine pour négocier la libération de leurs collègues, sans résultat ; les manifestants ont même saccagé le véhicule personnel du député. Toujours selon des témoins, ce n’est que le lendemain matin que les services de l’ordre, soutenus par des renforts venus de Béchar et d’Adrar avec une intervention musclée à l’aide de gaz lacrymogène, que ces deux personnalités ont été libérées. A l’issue de cette opération, cinq individus ont fait l’objet d’une arrestation et ont été déférés hier au parquet de Timimoun pour plusieurs chefs d’inculpation dont trouble à l’ordre public, détérioration de biens d’autrui... D’après les dernières informations, un calme précaire se serait installé dans la localité, mais certains observateurs n’excluent pas l’éventualité que Talmine se trouve dans l’œil du cyclone, cela d’autant que les problèmes posés par sa population ne sont toujours pas réglés. A noter que les officiels locaux n’ont communiqué aucune information sur ces événements. Le maire et le chef de daïra restaient, hier, injoignables.

A.A.

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