SIT-IN DEVANT LE SIÈGE DE BRC

Les travailleurs dénoncent les licenciements en douce

Le Soir d'Algérie, 4 septembre 2007

Les travailleurs de BRC ont observé hier un sit-in devant le siège de l’entreprise pour crier leur ras-le-bol face à une situation de cafouillage à laquelle ils sont confrontés après le départ du partenaire américain. La fermeture hier de la crèche de cette entreprise sans préavis et le licenciement de ses 20 employés ont suscité l’émoi chez les autres travailleurs qui vivent dans l’incertitude depuis janvier 2007 et dénoncent l’attitude des responsables de la Sonatrach.

Ilhem B. - Tir (Le Soir) - La journée d’hier n’a pas été une journée ordinaire pour les 900 travailleurs de la BRC qui ont été surpris d’apprendre la fermeture de la crèche et le licenciement de son personnel. Sans préavis aucun, Sonatrach a décidé d’accaparer cette crèche qui gardait 80 enfants dont les parents travaillaient à BRC. Au début du sit-in, ils n’étaient qu’une poignée de femmes concernées directement par le problème de la garde de leurs enfants. Petit à petit, la foule grandissait et ce n’est plus le problème de la crèche qui les fait réagir mais leur situation professionnelle d’une manière générale. Révoltés, les travailleurs se sont manifestés pour dénoncer les dépassements enregistrés et crier fort leur colère. «On pousse les gens à démissionner » ont-ils souligné. «Ils ont fait la promesse que le personnel ne sera pas touché», ont-ils ajouté, car «ce qui vient de se passer est intolérable, à la veille de la rentrée scolaire et du mois de Ramadan, 20 travailleurs se trouvent à la rue ? Et ce n’est qu’un début». Le soutien à leur P-dg M. Ould Kaddour, en prison depuis plus de 6 mois, a été signifié et les travailleurs ont affirmé que leur entreprise a le mérite de sous-traiter la majorité des projets de Sonatrach. En effet, cette entreprise se trouve parmi les rares entreprises qui maîtrise le métier complexe de l’EPC (Engineering, Procrument and Construction), c’est-à-dire le traitement pour un client d’une commande globale d’équipement du début (conception) à la fin (réalisation), en passant par l’organisation de l’ensemble des achats liés au développement du projet. «Elle a construit un véritable savoir-faire dans son métier. Elle a formé des équipes autour de projets, elle dispose d’une base de données unique des fournisseurs mondiaux pour toutes sortes d’achats, elle travaille avec toutes les certifications internationales», témoignent ces travailleurs. Ces derniers s’interrogent sur leur devenir. N’ayant aucune information, ni contact avec les responsables de la Sonatrach, ils affirment ne rien comprendre. «On reçoit les instructions par téléphone et on apprend les infirmations par les journaux», ont-ils précisé. Et d’ajouter : «Notre société n’est pas en faillite et ce n’est pas une liquidation financière.» Que se passe-t-il alors ? «Nous sommes livrées à nous-mêmes depuis le départ du partenaire américain qui était, en tout cas, plus sensible à notre cause.» Par ailleurs, ce regroupement a été une occasion pour s’interroger également sur le sort du rapport élaboré par la Cour des comptes et les douanes. «Pourquoi ces rapports n’ont jamais été publiés ?» se sont-ils demandés. La crainte que leurs emplois disparaissent fait augmenter la tension surtout que l’un des cadres de Sonatrach, proche du dossier a affirmé la dissolution de BRC aussitôt parti KBR, l’actionnaire américain. En attendant d’en savoir plus sur leur devenir, les travailleurs se préparent à entamer un long mouvement de protestation. Affaire à suivre.
I. T.

   
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