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DÉNONÇANT LE STATU QUO QUE VIT LA POPULATION LOCALE
Les sages de Berriane tirent la sonnette d'alarme
Le Soir d'Algérie 10 avril 2008
Pourquoi les forces de l’ordre ont accusé du retard dans leur intervention pour ramener le calme dans la localité de Berriane ? Pourquoi n’a-t- on pas procédé au retrait de toutes les armes à feu dont une partie a été utilisée durant la période allant du 19 mars au 3 avril dernier ? Qui tire les ficelles en encouragent le climat d’insécurité, de violence, de psychose et d’instabilité sociale dans la localité ? En somme, à qui profite le crime ?
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Autant de questions que soulève le conseil des sages de la localité de Berriane installé à Alger, contenues dans un communiqué de presse rendu public hier. Un communiqué qui explique à lui seul la gravité des événements qui ont marqué la ville de Berriane. En effet, les rédacteurs du document reconnaissent au passage que le calme retrouvé à Berriane est «précaire », et ce, malgré la conjugaison de tous les efforts, dont ceux «des forces de sécurité chargées du maintien de l’ordre (…) et des différentes parties (société civile) qui ont joué un rôle important pour le rétablissement de la situation ». Le conseil des sages de Berriane demande «l’ouverture rapide d’une enquête pour l’identification des véritables instigateurs et commanditaires de ces tragiques événements ainsi que l’application à leur encontre de la loi dans toute sa rigueur». En effet, la population de Berriane, localité située à 40 km au nord du chef-lieu de la wilaya Ghardaïa, connue «pour sa tranquillité et son existence paisible», a vécu des «événements tragiques et douloureux qui l’ont plongée dans un deuil profond». Le comité des sages parle de «scènes d’agressions, de pillage, d’incendies et de vandalisme», qui ont engendré «la mort d’un homme avec arme à feu, en l’occurrence Lassakeur Ali, un avortement des dizaines de cas de blessures, atteinte à l’intimité de familles, la destruction et le pillage d’une quarantaine de locaux commerciaux et de domiciles et l’incendie, le vol et l’endommagement de plus d’une dizaine de matériels roulants ». Se référant à un bilan de la Protection civile, le comité des sages de Berriane à Alger avance le chiffre de 600 millions de dinars de dégâts, «ce qui a conduit à une paralysie quasi totale du secteur économique à Berriane». Ainsi, les rédacteurs du document lance un appel pressant à tous les «jeunes de Berriane à la sagesse et au calme», comme ils sollicitent «les hautes autorités du pays à prendre les mesures nécessaires et salutaires pour le rétablissement définitif de la paix et l’initiation d’un plan d’urgence socioéconomique au profit de la commune de Berriane». A l’origine du chaos qu’a vécu la localité de Berriane, des jets de pétards à l’intérieur d’une maison et qui auraient provoqué une fausse couche. Une autre source affirme que le pétard a été lancé sur une femme qui traversait la rue. La situation s’est dégénérée après l'intervention du mari venu avec du renfort «punir les agresseurs» de sa femme. Le résultat immédiat fut le déclenchement de violences entre les archs du quartier dit mixte de Kef Hammouda qui abrite les communautés mozabite et chaâmbie. Selon plusieurs témoignages rapportés par la presse, une intervention rapide des forces de sécurité aurait maintenu l'ordre public et évité l'amplification du conflit.
A. B.
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