SEPT ORGANISATIONS ESTUDIANTINES SE REUNISSENT

Violence, bourse... et réconciliation nationale

Le Soir d'Algérie, 30 janvier 2005

Sept organisations estudiantines se sont prononcées publiquement sur les derniers évènements qui ont secoué l'université algérienne, en général, et la Faculté des sciences politiques et de l'information (ex-ITFC), en particulier. C'est en considérant "la dégradation de la situation pédagogique et sociale des universités et la politique de la non-prise en charge des problèmes et de la répression les partenaires sociaux" et en observant "la politique d'induire l'opinion publique en erreur en l'orientant vers de faux problèmes" qu'une réunion s'est tenue entre les organisations estudiantines.
C'est ce qu'indique un communiqué commun sanctionnant la rencontre tenue jeudi dernier. L'Organisation nationale pour la solidarité estudiantine (ONSE), l'Union générale des étudiants libres (UGEL), l'Alliance pour le renouveau estudiantin national (AREN), la Ligue nationale des étudiants algériens (LNEA), l'Union générale des étudiants algériens (UGEA), le Syndicat national des étudiants (SNE) et l'Organisation nationale des étudiants algériens (ONEA) soulignent que "la violence est un phénomène étranger à la société estudiantine et à la communauté universitaire. Le fait de la combattre avec sagesse et responsabilité devient une nécessité ainsi qu'un devoir de la dénoncer". En se référant aux poursuites judiciaires engagées par l'université d'Alger contre des étudiants de l'ITFC, les signataires du communiqué notent que d'autres solutions doivent être trouvées. "Il ne faut plus procéder à des poursuites judiciaires, d'exclusions ou des passages devant les conseils de discipline pour ceux qui exercent le droit syndical", est-il noté à ce sujet. Au contraire, ajoute le communiqué, "il faudrait adopter le principe du dialogue et affronter ces problèmes avec objectivité en écoutant les représentants des étudiants". Dans ce même ordre d'idées, elles soulignent : "Pour relever les grands défis de l'université algérienne, un dialogue sérieux avec tous les partenaires sociaux devra être instauré." Les rédacteurs du communiqué proposent que ce dialogue pourrait passer par "l'exploitation de l'existence des organisations estudiantines comme un partenaire effectif pour l'insertion de la société universitaire dans la compréhension et l'évolution de son développement". Ainsi, il faut "refuser toute tentative d'exclusion du partenaire estudiantin dans la conception et la mise en vigueur de tous les projets depuis le début afin de remplir le rôle d'une partie de la mobilisation". Sur un autre sujet, les organisations estudiantines appellent à ce que les nouvelles instances créées récemment telles que les direction régionales des ouvres universitaires soient "un outil de motivation et de bonne gestion des biens publics afin d'être bien exploités pour aboutir à l'amélioration des conditions matérielles des étudiants au sein des résidences universitaires et des facultés". Elles appellent, en outre, à l'ouverture du dossier de la bourse universitaire "de façon à préconiser la vraie valeur des futurs cadres du pays et valoriser la rentabilité de l'étudiant". A l'ordre du jour de cette réunion était également inscrit un autre thème qui est loin d'être pédagogique. En effet, au-delà des problèmes de l'université, les associations estudiantines ont profité de cette occasion pour affirmer leur soutien au projet de la réconciliation nationale. Elles confirment "leur mobilisation" et se disent être prêtes "à réunir la société universitaire derrière ce choix pour soutenir la stabilité et le développement". L'Union nationale des étudiants algériens (UNEA) qui n'a pas assisté à cette réunion souligne, de son côté, que le poids d'une déclaration n'est pas dans le nombre des signataires, mais dans la représentativité au sein de l'université. Son secrétaire général, M. Brahim Boulejane, a déclaré qu'"une réunion d'ici à 15 jours de leurs bureaux de wilaya aura lieu pour préparer un communiqué. Il traitera de différents sujets, notamment des dernières mesures annoncées par le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique". Meriem Ouyahia



 

   
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