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COORDINATION DES VILLAGES ET QUARTIERS DE TIZI RACHED / CVQTR Réflexion sur la thèse du dialogue Une propagande sagement
orchestrée et alimentée par le pouvoir et ses alliés
objectifs a toujours tenté de montrer le mouvement citoyen des
Aârchs comme étant une organisation anarchique, violente
et imperméable à toute vertu civilisationnelle. Les délégués
sont , du coup, présentés à l’opinion nationale
et internationale comme des agitateurs impénitents qui s’opposent
à toute forme de dialogue et à toute solution qui passe
par cette voie. Par conséquent, le crédit engrangé
par le mouvement à travers sa lutte juste et pacifique pour l’aboutissement
des revendications légitimes de la plate-forme d’EL-Kseur,
se trouve ébréché par les doutes nourris quant aux
réels objectifs recherchés par le mouvement. Dialectiquement, la religion du mouvement a été faite concernant la question du dialogue. Bien qu’il est clair, au demeurant, que ce rejet procédait plutôt d’une position conjoncturelle que d’un principe inscrit dans les documents référentiels du mouvement et que par ailleurs aucune antinomie n’existe entre le concept du dialogue et le caractère scellé et non négociable de la plate-forme d’El-Kseur. Position concernant la dernière invitation au dialogue : L’invitation au dialogue lancée par le chef du gouvernement, et lequel déclare engager au-delà du gouvernement, l’Etat algérien par l’ensemble de ses institutions, mérite bien – considérant un certain nombre de points – qu’on s’y attarde longuement et qu’on ne fasse pas l’économie d’une analyse convenable. Et ce, à la lumière des nouveautés dont elle est chargée et également sous la perspective de la situation politique actuelle. Dés lors, une large concertation et une lecture politique conséquente s’imposent. D’abord, il y a lieu de relever dans l’annonce faite par le premier ministre les éléments significatifs suivants : a. La reconnaissance
explicite de la légitimité de la lutte menée par
la Kabylie et le mouvement des Aârchs et la justesse de la cause
portée par la plate-forme d’El-Kseur. Aussi, le sens de la
responsabilité des délégués en tant que porte-voix
authentique de la population est élogieusement admis et mis en
exergue. Cela étant, il est légitime de suspecter – au regard de la forme superbement enveloppée par laquelle elle est servie et au regard des implications que celle-ci charrie – que cette invitation au dialogue pourrait être en réalité une manœuvre intelligente et subreptice dont la conséquence – à défaut d’une lucidité politique de notre part – sera de piéger le mouvement et de l’accompagner à une impasse mortelle. Le mouvement est mis au défi d’un test dangereux qui appelle un sens machiavélique de la réplique politique. A travers cette invitation, politiquement bien enrobée, le pouvoir ne chercherait-il pas à réussir le coup « d’échec et mat » aux dépens du mouvement ?! Ainsi, faudrait-il produire une réponse politique à la mesure de cette question. D’autre part, il faudrait garder l’œil sur les tentatives de parasitage et d’interférence qui peuvent émaner de différentes tendances ou apparatchiks de tous bords qui pour des jeux d’intérêts de clochers sont devenus partisans du statut-quo ; lequel état est défendu, pour les besoins de la cause, à coups de raccourcis négationnistes et d’arguments de chats échaudés. Tous ces calculs suggèrent donc une neutralisation malveillante du mouvement se traduisant par le refus du principe même du dialogue. En conclusion à ce qui précède, le mouvement a l’obligation de donner une suite positive, mais conditionnée par des garanties et des préalables. Il s’agit au passage d’assurer au dialogue un cadrage à tous les niveaux.
En amont (c-à.d avant l’entame du dialogue) : 1. Libération
des détenus du mouvement en leur accordant le statut de prisonniers
politiques. En aval ( Au cours ou après le dialogue) : 1. Prise en charge
par les pouvoirs publics des arriérés découlant du
contentieux Sonelgaz né suite au refus de payement des factures
d’électricité II- GARANTIES : 1. Proclamation solennelle
et publique par le président de la république de la satisfaction
officielle de la plate-forme d’El-Kseur au terme des discussions. NB. La réponse qui sortira de l’interwilaya sera, pour qu’elle soit définitive, soumise à l’aval de la base dont la consultation se fera au cours de la semaine suivant le conclave interwilayas. Tizi-Rached, le 04/06/2003
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