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La protesta gagne du terrain à l’EstEl Watan, 20 janvier 2008 Le mouvement de protestation des lycéens des classes de terminale, entamé un peu partout à travers quelques villes, a vite fait tache d’huile à Constantine, puisque ce qui n’était « qu’un chahut de jeunes qui ne tenaient pas à avoir cours », dixit un cadre de l’éducation, jeudi dernier, s’est transformé hier en une immense protesta, ayant touché l’écrasante majorité des lycées de la wilaya. En effet, dès 8h, des centaines de lycéens ont investi les rues de la ville, scandant des slogans hostiles au ministre de l’Education. Et tel un torrent, la foule des adolescents a grossi et, est devenue, au fur et à mesure, de plus en plus compacte, pour se diriger vers le siège de la direction de l’éducation sis au Coudiat, d’où elle sera chassée une première fois par le personnel, qui l’a aspergée d’eau, puis une seconde fois, vers midi, par des agents de l’ordre. Cette grève, que d’aucuns qualifieront de « spontanée », alors que d’autres pensent qu’elle est instrumentalisée, sera bien « décortiquée » par un communiqué des élèves du lycée El Houria, qui feront preuve de maturité en dénonçant, dans la foulée, aussi bien les programmes surchargés que ceux qui veulent détourner cette protestation à leur profit. Finalement, A. Guellil, directeur de l’éducation, dira : « Une délégation, composée d’élèves des classes de terminale, a été entendue. Nous leur avons expliqué que leurs revendications ont été prises en charge. Seulement, je tiens à rappeler que des éléments perturbateurs sont derrière ce mouvement qui a dégénéré à plusieurs reprises. Je dénoncerai en temps opportun ceux qui tirent les ficelles et exploitent l’innocence de nos enfants. » Pour rappel, la protesta, qui a commencé à Alger, a fait sortir Benbouzid de son mutisme, qui déclare, en substance, que les examens du bac seront limités au programme qui aura été dispensé. A Mila, les lycéens de la commune de Chelghoum Laïd, du moins ceux des lycées Mohamed Khemisti et Abdelmadjid Hirèche, ont organisé, dans la matinée d’hier, des mouvements de protestation pacifique, a-t-on appris de sources concordantes. A en croire des échos, qui nous sont parvenus de la ville de Ferdjioua, les lycéens de cette localité ont tenté de déclencher une manifestation qui sera, toutefois, dispersée après l’intervention des forces de l’ordre. A Mila, les lycéens ont improvisé une marche en ville entre les lycées Abdelhafid Boussouf et Didouche Mourad. A Guelma, c’est au niveau du parvis du lycée Mahmoud Benmahmoud que l’ensemble des lycéens de terminale de la ville de Guelma se sont réunis, hier après-midi, pour protester contre le volume des cours qui leur sont dispensés à ce jour. Nous les avons rencontrés, et ils avancent ceci : « Nous, lycéens des établissements Challal, Mahmoud Benmahmoud, Abdelhak Benhamouda et du 1er Novembre de la ville de Guelma, dénonçons, à travers notre mouvement de protestation, un programme qui, à ce jour, n’a été réalisé qu’à un tiers dans toutes les matières, et cela compromet fortement la préparation du baccalauréat. » Et d’ajouter : « Nous sommes insatisfaits du contenu de la lettre du ministère de l’Education nationale, qui nous a été lue ce matin, tant dans la forme que dans le fond. » Au moment où nous mettons sous presse, les lycéens étaient toujours rassemblés sur le parvis du lycée Mahmoud Benmahmoud. Hamid Bellagha M. Boumelih Karim Dadci
Sit-in à AnnabaHier, plusieurs centaines de lycéens de l’enseignement général et technique ont observé un sit-in devant le siège de la direction de l’éducation de la wilaya de Annaba. Dans leur longue liste de revendications, les lycéens ont, entre autres, exigé du département de Benbouzid la révision à la baisse des coefficients des matières principales, la réhabilitation du baccalauréat pratique, la correction des manuels scolaires, l’allégement du programme pédagogique ainsi que d’autres réclamations d’ordre sécuritaire et organisationnel. « A ce rythme, nous ne pourrons jamais achever le programme annuel, notamment de mathématiques, génie civil et physique », ont martelé plusieurs lycéens devant la porte de la direction de l’éducation. Après un mouvement qui a duré 3 heures, les représentants des étudiants ont été reçus par le directeur de l’éducation de wilaya, auquel ils ont remis leurs doléances. Le directeur, qui a qualifié ces revendications de légitimes, a déclaré : « Ces revendications d’ordre pédagogique sont légitimes. Nous avons décidé de la mise en place d’une commission technique qui sera composée de lycéens, d’enseignants et d’associations de parents d’élèves. Elle aura la mission d’étudier la situation et de proposer les suites qui s’imposent. » M. F. G.
La moitié des lycées paralysée à Ain TémouchentDes lycéens de huit établissements secondaires sur les seize que compte la wilaya ont observé hier matin un sit-in devant le siège de la direction de l’éducation pendant que leurs représentants étaient reçus par la directrice du secteur. Il s’agit des lycéens dont les filières ont connu une réforme jugée « inopportune ». A cet égard, dans un appel adressé la veille à la directrice et diffusé à la presse pour annoncer la journée de protestation, le point essentiel de la revendication a trait à une surcharge du programme par rapport au temps matériel disponible au cours de l’année scolaire. On notera que les propos de ce manifeste sont très pondérés au point qu’il est fait appel aux sentiments maternels de la directrice qualifiée de « Maman des lycéens ». Au départ, il avait été décidé que la protestation se limiterait à des sit-in au sein des établissements comme l’avait fait mardi et mercredi derniers leurs camarades de Chabat El Laham, les premiers à avoir réagi aux nouvelles dispositions des programmes. C’est au matin que le déplacement vers la direction de l’éducation avait été annoncé, ce qui fait que ce sont les seules délégations issues des quatre lycées du chef-lieu de wilaya qui ont été reçues. Ainsi, un délégué venu de Chabat tardivement n’a pas été admis à entrer, mais curieusement, à l’issue de la réunion, il a été admis pour émarger le PV relatif à cette rencontre. Les lycéens de Hassi El Ghella, Aïn Kihel et El Maleh, parties prenantes de la journée de protestation, n’ont pas fait le déplacement. A la sortie, les délégués des lycées semblaient avoir été convaincus par leur interlocutrice, ce qui n’a pas manqué de heurter leur base qui a vivement réagi contre leurs assurances et leur appel à rejoindre leurs établissements. Il a fallu l’intervention des policiers pour les disperser fermement mais sans violence. M. Kali |
Emeutes | ||||
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