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Printemps noir Les parents des victimes s’organisent El Watan, 20 juin 2004 Des parents de victimes et de blessés du printemps noir se sont réunis dans l'après-midi de dimanche au centre culturel d'Akbou et ont procédé à la création d'une association à travers laquelle ils comptent se prendre en charge désormais. La réunion a regroupé une trentaine de parents de victimes et blessés des événements de Kabylie venus de deux villes, Akbou et Ouzelaguen. Le principe de la mise en place de cette structure a été adopté au cours d'une réunion restreinte qui a eu lieu le 11 juin courant, une date qui a coïncidé avec le 3e anniversaire de la plate-forme d'El Kseur. Dans une déclaration-appel qui a sanctionné cette rencontre, les initiateurs du projet ont souligné le caractère indépendant de l'association. «Indépendante de toute structure politique, cette association aura pour seul objectif la défense des intérêts moraux et matériels des victimes et de leurs familles», est-il écrit dans le document au nom des «parents des martyrs et des blessés d'Akbou». La décision de ceux-ci de se prendre en charge est dictée par la situation de lassitude dans laquelle ils se retrouvent. «Nous avons tu notre douleur, caché notre souffrance, espérant un règlement définitif de la crise, seulement les manœuvres, les divisions et le silence du pouvoir nous ont contraints à nous prendre en charge nous-mêmes», écrivent-ils, tout en considérant que la réparation des conséquences de cette situation, qui tient pour responsable «le pouvoir», relève «des missions et des devoirs de l'Etat algérien». Ces parents de victimes se désolent que leur cas n'ait pas fait l'objet d'attention, et le constat qu'ils font est alarmant : «Les séquelles du printemps noir continuent à faire souffrir et la majorité des familles de martyrs sont en difficulté. Des blessés attendent à ce jour une prise en charge médicale conséquente, des handicapés soutiens de famille constituent des cas sociaux réels, les dossiers d'indemnisation des victimes et de leurs familles restent en souffrance…» Un cri de détresse qui cache mal un reproche autant aux pouvoirs publics qu'à la structure des archs dont les résolutions ont de tout temps été appliquées par les parents des victimes du printemps noir. Les archs, pour rappel, avaient appelé ces derniers à rejeter le décret présidentiel d'indemnisation signé le 7 avril 2002. A Béjaïa, la commission chargée du traitement des dossiers d'indemnisation et de la reconnaissance de la qualité de victime des événements «ayant accompagné le mouvement pour le parachèvement de l'identité nationale» n'avait enregistré au terme du délai de six mois accordé par le décret que 88 dossiers de victimes, dont cinq cas de décès. La réticence des concernés en application du mot d'ordre des archs a poussé l'administration à prolonger le délai de dépôt des dossiers d'indemnisation. En contrepartie, le mouvement s'est confondu en des commissions de solidarité qui n'ont pas pu faire face à la demande de prise en charge de centaines de blessés. Par K. Mejdoub
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www.algeria-watch.org
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