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48 HEURES APRÈS LA MORT TRAGIQUE DU JEUNE FAOUZI À FOUKA
Le quartier Houari-Boumediène encore sous tension
Le Soir d'Algérie, 21 août 2010
Une tension palpable régnait toujours hier dans le quartier populaire Houari-Boumediène de la petite ville de Fouka. Les habitants, quoique désabusés et résignés, ont exprimé leur indignation suite au décès tragique d’un jeune homme électrocuté dans la nuit de mardi à mercredi. Les citoyens, toujours sous le choc quarante-huit heures après le drame, attirent l’attention sur leur cité qu’ils disent délaissée par rapport aux autres quartiers de la commune.
F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - Assis sous des arbres face à la mer qui se profile à l’horizon, une dizaine d’habitants du quartier Houari-Boumediène devisent tranquillement ou lisent de vieux journaux. Les lieux sont calmes et les quelques commerces ouverts en cette matinée du vendredi ne drainent pas grand monde. Mais sous cette ambiance empreinte de sérénité en apparence, la colère et l’indignation grondent. Le traumatisme qui a fait suite au décès du jeune Faouzi Bounedjar, âgé de dix-sept ans, dans des circonstances tragiques n’a pas encore quitté les habitants des lieux. Ils consentent à revenir sur les circonstances du drame mais assurent surtout qu’aucun jeune du quartier endeuillé n’a brûlé de voiture, ni participé à l’incendie qui a touché le siège de la daïra. «Nous étions choqués, révoltés quand nous avons vu le jeune Faouzi brûlé par terre, nous avons effectivement coupé la route mais nous n’avons pas été au-delà. Aucun de nos jeunes n’a brûlé quoi que ce soit, ce sont de fausses accusations. Ce sont des jeunes venus d’autres localités qui ont profité du branle-bas général pour commettre leurs méfaits. Nous dénonçons, d’ailleurs, le fait que le siège de l’APC ait été incendié», témoigne un habitant du quartier, approuvé par d’autres citoyens qui ont aussi tenu à exprimer leur impuissance devant l’ampleur qu’ont pris les événements. Ils insisteront surtout sur le fait que le comité de quartier a déjà déposé pas moins de 600 plaintes concernant le problème de câbles électriques mal installés. Ces mêmes câbles, explique un citoyen, sont à plusieurs reprises tombés et ont brûlé des chiens errants sans pour autant que les autorités concernées ne réagissent. «Ce laisser-aller et ce mépris ont conduit à la mort d’un jeune homme dans des circonstances affreuses. Nous avons maintes fois demandé à la Sonelgaz l’installation d’un transformateur, mais en vain. En fait, notre quartier ne suscite pas l’attention des autorités. Tout se passe là-haut», s’indigne un habitant en montrant d’un signe de la tête le côté supérieur de la ville. Les personnes présentes étaient d’autant plus outrées que vingt jeunes du quartier ont été arrêtés par la police et n’ont pas été relâchés. «Il n’y a jamais eu de problème dans ce quartier, nos jeunes ne sont pas des voyous, ils ont été accusés à tort. Nous n’avons fait qu’exprimer notre colère dans des circonstances douloureuses», affirme un jeune homme dont les deux frères sont toujours détenus. «Il était 23 heures 30 quand des passants, après la prière du taraouih, ont vu un câble tomber subitement par terre. Ils ont vu des flammes et une forme gisant sur le sol. Au début, nous pensions que c’était encore un animal mais après qu’une voiture eut éclairé les lieux, nous avons compris que c’était un être humain. Nous avons demandé dans le quartier quelle personne manquait et la famille de Faouzi s’est manifestée», témoigne un homme qui a du mal à contenir son émotion. Il expliquera que la famille a appelé le jeune et son téléphone a sonné du côté du corps qui brûlait toujours. Il était impossible à ce moment de s’approcher du jeune homme du fait que les câbles menaçaient toujours. «Nous avons appelé, supplié les agents de la Sonelgaz pour qu’ils coupent au moins le courant pour que nous puissions récupérer le corps du pauvre Faouzi, mais nous avons dû attendre une heure et demie en regardant le jeune brûler. Les membres de sa famille et spécialement sa mère, ont même voulu se suicider, et c’est à ce moment là qu’ils se sont dirigés vers la route nationale et nous les avons suivis» raconte à son tour un voisin. Selon les témoins du drame, même les secours ne sont arrivés que tardivement sur les lieux. Si les habitants du quartier Houari Boumediène tentent de dépasser le drame vécu, ils diront, désabusés, qu’aucune réparation ou prise en charge du réseau électrique n’a été effectuée depuis la nuit fatidique. Selon eux et après que le corps du défunt ait été emmené, les agents de la Sonelgaz ont, encore une fois, effectué une simple réparation sans prendre en charge le vrai problème subi par le quartier. Ils vivent, confient-ils, dans la peur et craignent le pire du fait que les installations incriminées se trouvent à côté du collège du quartier.
F.-Z. B.
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