LETTRE OUVERTE A L’ALGERIE

Malika Matoub, Présidente de la Fondation Lounés Matoub, 25 juin 2003

« L’ALGERIE DE MATOUB VAINCRA » a été largement médiatisée du 25 juin au 5 juillet 1998 par ceux qui se sont instaurés maîtres de notre déstinée.

Ceux, qui tentent aujourdh’hui, après les Romains, les Turcs, les Otomans, l’Etat Français qui voulaient coloniser la Kabylie rebelle, veulent domestiquer les Kabyles, en utilisant des renégats berbères.

Ils sont désireux d’investir la scène politique locale et nationale. Pour ce faire, ils ont repris le langage et les comportements des ‘’décideurs’’ Algériens qui se succèdent depuis l’indépendance. Ils augmentent la misère et le tribut, si chérement payée par notre peuple et par tous les Algériens.

Ils ont instauré la terreur et la désolation « sur cette terre prospère ou beaucoups de mères ont souffert », se posant en seuls défenseurs des valeurs démocratiques et républicaines de l’Algérie.

Ils ont repoussé dans les ténèbres, tous ceux qui les ont interpellés ou contredits démocratiquement. Ils se sont attribué la vocation de délivrer des brevets de vertu. Ils envoient nos enfants aux cimetières et croupir les plus courageux au fond des geolles de la SM.

A balles réelles, ils poursuivent leur ‘’infame barbarie’’ pour faire taire ceux qui refusent l’asservisement et faire plier ceux qui refusent de brailler et de braire comme des animaux.

Nous reproduisons ici, l’état d’âme de Lounès Matoub le 5 juillet 1997 :

« Le 5 juillet, est la date anniversaire de mon pays, hélas éternellement martirisé. J’ai des bouffées de chaleur, je me sens oppressé. L’Algérie continue de sombrer dans les abysses sans fond du système.

Le mouvement culturel berbère a été torpillé par des formations pseudo-démocratiques, pour assouvir leur soif du pouvoir. Le terrorisme entretenu, on en parle quand c’est nécessaire.

Pauvre Algérie la faim guette à tous les paliers. Les valeurs se perdent ou se confondent.

Hier, au landemain de l’indépendance, on était 7 à 8 millions d’Algériens, aujourd’hui on est à 30 millions ou plus avec en plus une imaturité extrême.

Les vieux chevaux sont de retour. Quant à moi je continue à fondre dans toutes ces formes d’illusions utopiques.

Mon Dieu aurais-je assez d’énergie pour continuer à pouvoir contrer mes détracteurs et ils sont en nombre. Mon dieu. Mon dieu… »

Il s’est nommé lui-même REBELLE, le poète pétri dans les valeures encestrales de la Kabylie profonde de Abane, de Slimane Azem et Si Mouh Oumhand. Quand nous l’écoutons les yeux pleins de larmes, il nous renvoit à Bocus, Ahmed Oumeri et à son amour indéféctible pour sa langue maternelle et sa patrie L’ALGERIE.

Cette patrie est demantelée par l’incompétence de ses dirigeants, les irradicateurs, les islamistes et les militaro-affairistes.

Le 25 juin 1998 Lounès Matoub est assassiné dans des conditions toujours mystérieuses. La Kabylie se révolte. Ouali Hamza, Salhi Rédouane, Ait Idir Rachid sont éxécutés. Des édifices publics incendiés, des centaines de jeunes blessés.Les ténors politico-républicains montent au créneau pour conduire le Président Zeroual vers la porte de sortie et désigner les coupables comme on désigne un préfet de compagne.

Lounès Matoub compte aujourd’hui, tout autant d’ennemis irreductibles que d’amis fidèles à sa mémoire. Il n’était pas homme de compromis et de compromissions. C’était un homme libre, un poête visionnaire.

Il avait contribué par son courage et sa bravoure à l’édification de son propre statue d’incorruptible. Son peuple a renforcé le monument qu’il était, malgré le jappement de ceux qui prétedent être maitres de nos déstinées.

Que représente en Kabylie, ceux qui veulent bannir la question, et stygmatiser le doute et criminaliser notre quête de vérité ?

Le contexte particulier de la Kabylie, en ce cinquième anniversaire de l’assassinat prémidité du REBELLE, nous éclaire sur leurs projets.

Nous sommes les acteurs-victimes d’une remise en cause de l’organisation locale ( TAJMAAT) de manière spéctaculaire.

Nous le savons toutes et tous, que les décisions de cette assemblée sont concensuelles. IL n’y a jamais eu de décisions contradictoires.

Aujourd’hui nous avons ‘’les dialoguistes’’ et ‘’les irreductibles’’. Nous subissons la bipolarisation, entre ‘’reconciliateurs’’ et ‘’iradicateurs’ dans nos villes et villages.

La Fondation Lounès Matoub fidèle à l’esprit et l’engagement de Lounès Matoub, ne peut assister sans rien dire à ce génocide collectif programmé par le pouvoir et ses relais en Kabylie. La Fondation Lounés Matoub se doit de prévenir la population de la mort annoncée de la région.

Lounès disait : « celui qui ne connaît rien est un imbécile, celui qui sait et ne dit rien est un criminel ».

La Kabylie est présentée aux yeux du monde, comme séparatiste, en occultant la mobilisation de nos villages chaque fois que ‘’la Mère patrie’’ a besoin d’elle : la guerre d’Indépendance, le seisme de Ain Timouchent, l’inondation de Bab El oued et le dernier en date, les tremblements de terre successifs de Boumerdès. Malheureusement la liste n’est pas exhaustive.

Oui la Kabylie est rebelle. Elle s’est toujours battue contre ‘’les indu-occupants’’ (les romains, les arabes, les turcs, les français, les orientalistes, les kabyles de service, les intégristes et les ‘’décideurs assassins’’. Elle a toujours refusé la soumission et la compromission.

La Kabylie a sa spécificité linguistique et nous la revendiquons depuis des décennies.Le printemps 1980 est la concécration de ses revendications.

Mais le pouvoir en a décidé autrement ! D’un mouvement populaire rassembleur, il a fait un parti politique. Celui-ci non satisfait de la supercherie, décide de créer un deuxième MCB et ‘’un troisieme mort né’’ !

Le pouvoir a transformé la fête du ‘’printemps renaissance’’, en ‘’noir printemps’’.

En 2001 il a livré : nos 123 jeunes aux balles assassinent, nos milliers de blessés et d’handicapés à la souffrance, nos centaines d’enfants, de femmes et de pères à une vie sans couverture sociale.

Notre Kabylie est humiliée en permanence par un Premier ministre, qui laisse les loups « de service » dans la bergerie pour enrichir la maffia de l’argent.

Tajmaât est reduite à une boite d’enregistrement des âarchs. La plate forme d’Elkseur est dévitalisée de sa substance, en retirant la recherche de la vérité sur l’assassinat de Lounès Matoub, figure emblèmatique du mouvement citoyen.

Barziden yazwar

zigh dhachater

ahudou ahounou

Nous sommes à la veille de la libération des dirigeants du FIS. Les états majors s’agitent. La nouvelle carte régionaliste de la Kabylie est prête. ‘’La feuille de route’’ est déjà écrite, la carte déjà dessinée.

Avec quatre milles hommes armés, sous les ordres d’un spadassin, ‘’les violonistes’’ sont déjà briffés par les chefs d’ochestres de Ben Aknoun, de Djennane El Mithaq, via Club des Pins.

Les réseaux parisiens sont constitués depuis juin 2001. La situation sociale en Kabylie n’intéresse pas les décideurs. Elle a pouratnt atteint les limites du supportable, du tolérable.

La drogue, la prostitution, les attaques à mains armées, les vols, les émeutes, le chômage, la précarité, l’éxode massif, prémédités et organisés, le gèle des collectivités locales inéficaces et illégitimes font fuir les possibles investisseurs.

Devant cette situation de confusion féconde pour certains (les tenants du pouvoir de l’argent roi), nous faisons appel aux hommes probes de notre pays. Nous appelons à leur patriotisme.

Nous disons aux décideurs qui ont confisqué notre patrie, que la Kabylie est comme la vache des orphelins ur tatsnouzou ur trahen ( elle n’est ni à vendre, ni à hypothéquer).


 

   
www.algeria-watch.org