MAGHNIA

Pneus brûlés, route coupée et des arrestations

Le Quotidien d'Oran,  31 janvier 2005

Après les troubles dont ont été le théâtre la semaine dernière, les villages frontaliers de Bettaïm et colonel Abbès, c'était hier au tour du village Djerabâa situé dans la périphérie à l'ouest de la ville de Maghnia, dont des habitants ont manifesté leur colère en incendiant des pneus et en bloquant la route. Les revendications des manifestants portaient sur la réfection de la voirie, notamment le bitumage des accès menant vers le village, pour éviter d'être isolés lors des crues de l'oued qui sépare le village de la route nationale. Le renforcement de l'alimentation en eau potable et la réalisation d'une école primaire ont été également avancés. «Notre village est l'un des plus anciens de la daïra, il est inconcevable que nos enfants traversent dangereusement une rivière, et marchent plus de 2 kilomètres pour rejoindre l'école implantée dans un quartier qui, de surcroît, est illicite», dit un manifestant en colère. Tout en montrant l'état défectueux de la route, le même interlocuteur affirme que pour s'approvisionner en eau potable, les habitants doivent souffrir le martyr. «Même avec 600 DA la citerne, les propriétaires des tracteurs refusent de nous alimenter à cause de l'état de la piste menant au village», ajoute un autre protestataire. Ainsi, depuis 11 heures du matin, les manifestants ont bloqué la circulation au niveau de la RN 17, reliant Maghnia à la frontière et à la ville de Ghazaouet, à l'aide de pneus brûlés. Le chef de daïra accompagné d'autres responsables, s'est déplacé sur les lieux pour tenter de dénouer la crise. Ces derniers se sont longuement entretenus avec les habitants du village sans pour autant arriver à calmer les esprits chauffés à blanc. Si les «meneurs» ont été visiblement calmés, des jeunes du villages ont poursuivi leur confrontation avec les forces de l'ordre, à coups de pierres.

Il a fallu le recours au renfort des troupes d'intervention, dépêchées à partir du groupement de Remchi, pour rétablir l'ordre aux environs de 15 heures.

Les forces d'intervention ont procédé à l'arrestation de plusieurs manifestants. Quelques heures plus tard, un second renfort était arrivé sur place pour parer à toute éventualité.

Cheikh Guetbi

 

   
www.algeria-watch.org