| |
|
CRISE
DE KABYLIE
Les
Américains s’impliquent
L'Expression,
28 juillet 2003
ils comptent peser
de tout leur poids pour lui trouver une solution.
Avant-hier, une délégation de la Coordination des ârchs,
daïras et communes de Tizi-Ouzou (Cadc) a été reçue
par la première conseillère de l’ambassadeur des USA
à Alger. C’était le jour où ce dernier a remis
ses lettres de créance au Président Bouteflika au palais
d’El-Mouradia. L’information a été confirmée
auprès du mouvement. Elle suggère la volonté de l’Amérique
d’influer positivement sur l’issue larvée de ce conflit.
L’action des Américains témoigne aussi de leur conviction
que la crise de Kabylie handicape le décollage de l’Algérie.
A fortiori quand les USA considèrent que notre pays doit jouer
un rôle moteur dans la région, voire en Afrique et au Moyen-Orient.
Pour rappel, les ârchs ont décidé de se retrouver
dans quinze jours, les 7 et 8 août prochain, dans un conclave extraordinaire
à M’chedallah, dans la wilaya de Bouira et ce afin d’officialiser
leur décision d’aller vers le dialogue avec le Chef du gouvernement
Ahmed Ouyahia. Officiellement, la Cadc est à l’origine du
report du conclave extraordinaire prévu pour ce week-end en faisant
valoir la programmation d’un conclave intercommunal extraordinaire
au milieu de la semaine prochaine.
Mais de sources proches du mouvement citoyen, on croit savoir que des
coordinations communales de Tizi-Ouzou qui seraient inféodées
au RCD et au MAK seraient irrédentistes au dialogue malgré
le basculement de la grande tendance des ârchs pour cette solution.
Par ailleurs, la déclaration ayant sanctionné le conclave
de la Cicb de Béjaïa seraient l’oeuvre de deux délégués
connus pour leur activité partisane, nous ont susurré des
observateurs de la question. En outre, des sources proches du mouvement
avancent que Ali Gherbi aurait pesé de tout son poids dans les
débats du week-end afin d’accélérer l’issue
en proposant de mettre en veilleuse les trois préalables de la
Cicb. En attendant, la «feuille de route» du dialogue serait
déjà prête, à en croire des sources proches
du dossier. Mais le «bémol» introduit par le chef de
l’Etat dans son invite au dialogue adressée aux ârchs
dans son appel de Sétif, le 20 juillet dernier, devrait pousser
le Chef du gouvernement à jouer à l’équilibriste
pour éviter que ce dossier ne se transforme pour lui en un cadeau
empoisonné. D’autant que l’échéance cruciale
de la présidentielle se rapproche à grands galops.
Kamel AÏT BESSAÏ
|
|
|