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SANS EAU, SANS ÉLECTRICITÉ NI ASSAINISSEMENT Les habitants des Eucalyptus se révoltentL'Expression, 21 Septembre 2008 «Une énième coupure d’électricité de plus de cinq heures nous a poussés à recourir à cet ultime moyen d’expression.» La cité Kourifa, commune des Eucalyptus, à l’est d’Alger, s’est réveillée hier sur un décor de désolation. Troncs d’arbres, pierres, pneus brûlés et autres objets hétéroclites jonchaient les principales routes menant à cette cité oubliée. C’est que les habitants sont sortis, vendredi soir, immédiatement après le f’tour pour déverser leur colère hors des murs de leurs quartiers. Ils ont alors occupé la route sur plusieurs kilomètres jusqu’au lendemain matin, c’est-à-dire jusqu’à hier vers midi, alors que les matériaux ayant servi à barricader les principales voies d’accès brûlaient encore d’un feu intense et dégageaient de denses fumées. «Une énième coupure d’électricité de plus de cinq heures nous a poussés à recourir à cet ultime moyen d’expression» disent les jeunes et les sages de cette agglomération que nous avons pu approcher hier. Constitués en comité de cité, ils brandissent en effet l’argument de la mal-vie comme principale motivation à leur action. En fait, la cité Kourifa ou ex-cité Renault, est une banlieue limitrophe de Larbâa. Elle est livrée à elle même et souffre de l’oubli, à telle enseigne qu’un mur de silence s’est dressé entre elle et ses élus. Si la manifestation de leur colère n’a heureusement débouché sur aucun incident ou violence, elle dénote néanmoins d’une totale désespérance. Les citoyens de cette bourgade semi-rurale, font état d’une longue liste d’ingrédients qui ont fini par les ghettoïser, notamment l’arrêt de la distribution d’eau potable, un réseau d’assainissement inexistant sinon anarchique et l’absence de bitumage des voies d’accès. Cette attente de lendemains meilleurs remonte à bien longtemps, explique un père de famille révolté: «Nous voulons épargner à nos enfants ce que nous avons enduré des années durant», dit-il. Il est rejoint dans sa pathétique déclaration par un autre compatriote qui brandit un procès-verbal portant le sceau de l’APC, datant de 1969 et mentionnant le goudronnage imminent de leur ville! «Que de promesses!» enchaîne alors un autre habitant aux tempes grisonnantes et qui avoue n’avoir constaté aucune amélioration depuis qu’il a habité cet endroit en 1976. Salim BENALIA |
Emeutes | ||||
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