Aït Mansour (Bouira)

Le gaz butane suscite la colère

El Watan, 23 janvier 2005

La population d’Aït Mansour, une commune distante de 50 km à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, a bloqué hier, durant toute la journée, la RN5 reliant Alger aux régions de l’est du pays.

A l’origine de cette révolte, les dernières augmentations ayant touché certains produits essentiels, notamment le gaz butane. Les renforts de la Gendarmerie nationale dépêchés sur les lieux n’ont fait qu’envenimer une situation fortement tendue. « Les gendarmes ont, encore une fois, versé dans la provocation en réprimant une protestation pacifique et en procédant à l’arrestation brutale de deux jeunes manifestants », témoigne un habitant de cette région. Selon notre interlocuteur, la bonbonne de gaz est cédée à 240 DA dans la commune d’Aït Mansour, d’où la colère des villageois. « Le gaz butane est la principale source d’énergie pour la population rurale », a-t-il souligné avant de préciser qu’un projet de raccordement de la région au gaz de ville est en souffrance depuis le début des événements de Kabylie en 2001. D’autre part, à Aïn Laloui, une localité à 15 km à l’ouest de Bouira, des émeutiers ont pris possession de la RN18, puis à l’aide de pneus auxquels ils ont mis le feu et de blocs de pierre ont bloqué la circulation à l’entrée et à la sortie de ce village. La circulation entre Bouira et Aïn Bessem, soit un parcours de 23 km, a été interrompue. Les services de sécurité sont aussitôt intervenus, mais les émeutiers qui se déplaçaient avec beaucoup d’aisance le long de cet axe ont continué à perturber sérieusement le trafic sur cette voie en lançant des pierres contre les voitures. Cette situation insurrectionnelle s’est poursuivie toute la journée, les émeutiers fermant la route et les services de sécurité la rouvrant au trafic. D’autre part, les émeutiers ont saccagé le centre culturel de la commune et occassionné quelques dégâts aux véhicules qui s’aventuraient hier sur cette route. A El Hachimia, les émeutes ont été aussi violentes sur le CW127. Pneus enflammés et blocs de pierre ont obstrué la voie durant toute la matinée en signe de protestation contre la grève déclenchée par les transporteurs publics. Des actions de protestation similaires provoquées par les mêmes causes se sont par ailleurs produites cette dernière semaine dans plusieurs régions du pays, notamment à Birine (Djelfa), Mascara, Kherrata... Notons que le gouvernement a décidé récemment de porter le prix de la bouteille de gaz butane de 170 à 200 DA.

Ali Douidi

A. B.

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Djelfa sous haute tension

El Watan, 23 janvier 2005

Hier encore, la ville de Djelfa était sous la menace d’une nouvelle explosion populaire. Le week-end de l’Aïd n’a pas permis un quelconque répit après les événements d’El Birine : des émeutes uniques dans les annales de la wilaya. D’abord de par leur violence : tous les édifices publics ont été réduits à néant par plusieurs milliers de manifestants qui n’ont cessé de crier à la hogra pendant toute une journée. Ensuite par la tournure que semblent prendre les événements.

Si l’augmentation du prix du gaz a mis le feu dans la région, les raisons de l’explosion de colère sont multiples, mais surtout bien particulières à la wilaya. Longtemps connu pour être à l’origine de bien des maux, le tribalisme a désormais fait place aux gros intérêts. Les jeunes rencontrés à El Birine ont été formels : « Deux sont les gros bonnets (ou turbans) de l’élevage qui ont manipulé les citoyens qui ne demandaient qu’à extérioriser leur malaise. » Saïd Moussa et les autres en parfaits connaisseurs de la région font leur propre analyse : « Les cinq années écoulées ont vu l’apparition d’une nouvelle société civile dont les représentants ne sont que des spéculateurs de tous bords. De puissants lobbys sont nés. En particulier dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation et de la santé. Entre-temps, le citoyen a été marginalisé par les responsables. Aujourd’hui, ces mêmes groupes d’intérêts, en perte de vitesse depuis la mise en place d’une politique d’ouverture et de dialogue par la nouvelle autorité administrative, tentent de protéger leurs privilèges en manipulant les citoyens laissés pour compte pendant des années. » Les anciens moudjahidine, que nous avons également rencontrés à El Birine, abondent dans le même sens. « Nous avons été les premiers à prendre les armes contre les terroristes et voilà qu’aujourd’hui, nous sommes complètement marginalisés. C’est juste si nous ne sommes pas traités de harkis. Les affaires de la cité sont aux mains de spéculateurs qui ont toujours agi avec la complicité de certains responsables », nous ont-ils déclaré très en colère. Très au fait de la situation, ils avancent que les événements d’El Birine ont été récupérés par le lobby de l’éducation, responsable de la dégradation du secteur. Selon nos interlocuteurs, « certaines personnes, de surcroît illettrées, sont à l’origine du départ de 5 directeurs de l’éducation en l’espace de 5 ans. Celles-ci, influentes grâce à leur cheptel, jouissent de complicité à haut niveau ». Sur le terrain, des écoliers et des lycéens nous ont confié que des enseignants leur ont demandé de participer aux manifestations de colère. Exaspérés par plus d’une semaine de grève, les enfants ont fini par suivre les directives de leurs professeurs. Le secteur de l’agriculture n’est pas le moins gangrené : corruption, favoritisme et détournements ont été dénoncés par des centaines de jeunes en colère lors de la visite, il y a quelques mois, de Saïd Barkat dans la région de Sersou. Les mêmes revendications ont été entendues lundi dernier à El Birine concernant la santé, un nouveau directeur vient d’être installé à la tête du secteur. Il est attendu de ce nouveau responsable une gestion des plus rigoureuses qui permettrait le redressement d’une situation des plus catastrophiques. Guerre d’intérêts, récupération ou simple ras-le-bol de milliers de citoyens, l’ambiance dans la wilaya de Djelfa demeure électrique, l’augmentation du prix du gaz butane (et du reste) a jeté de l’huile sur le feu et la loi de finances 2005 est remise en cause par la rue.

Benyagoub Nora

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Oued Zenati

Les habitants bloquent la RN102

El Watan, 23 janvier 2005

Les habitants de l’agglomération de Sidi Abid, 7 km de Oued Zenati (wilaya de Guelma), ont bloqué hier, vers 6h30, la RN102 traversant le village au moyen de pierres, de troncs d’arbres et de pneus auxquels ils ont mis le feu. Ainsi ont-ils exprimé leur colère pour se faire entendre à propos d’une multitude de problèmes dont ils souffrent depuis longtemps.

D’abord la goutte qui a fait déborder le vase, c’est la récente hausse du prix du transport urbain reliant cette agglomération à Oued Zenati, dont les écoliers font les frais. Décidée par les transporteurs, cette augmentation fait passer le prix du ticket de 10 à 15 DA. Cependant, plusieurs problèmes ont été soulevés en présence du wali qui est venu sur les lieux vers 13h. Les doléances des manifestants concernent l’amélioration du cadre de vie de cette agglomération d’environ 1200 âmes, avec ses corollaires : l’assainissement, l’aménagement des trottoirs et l’enlèvement des ordures. Les représentants des habitants ont parlé aussi de l’alimentation en gaz naturel, de l’emploi, de la réalisation de locaux commerciaux (programme du président de la République), de l’autoconstruction, de l’absence de médecin dans la salle de soins et de la défaillance de l’éclairage public. Ils se sont demandés pourquoi la fontaine publique a été fermée, alors qu’elle coulait depuis la nuit des temps. Selon certains habitants, le wali s’est engagé à régler certains points comme le maintien du prix du ticket à 10 DA, la réouverture de la fontaine publique et l’amélioration du cadre de vie. La route a été débloquée vers 14h30 par les manifestants et les éléments de la Protection civile.

A. Boumaza

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Augmentation du prix du gaz butane

La colère des montagnards à Béjaïa

par Hacène H., Le Jeune Indépendant, 23 janvier 2005

L’augmentation décidée par le gouvernement sur le prix du carburant (gasoil, essence, sirghaz et gaz butane) ne cesse de susciter la colère des citoyens de la wilaya de Béjaïa. Si l’augmentation des prix du gasoil et du sirghaz est jugée raisonnable par certains, ce n’est pas le cas pour le gaz butane.

Les habitants des régions montagneuses menacent même de recourir à des actions de protestation d’envergure afin de convaincre les autorités concernées, à l’image de l’entreprise Naftal, de revoir à la baisse le prix de la bouteille du gaz butane.

En vérité, les habitants des régions de Souk El-Tenine, Derguina, Aokas, Tichy et Boukhelifa, situées sur le littoral de la wilaya, ainsi qu’Akbou, Sidi Aïch, El-Kseur, Oued Ghir et Tazmalt, situés sur la vallée de la Soummam, n’arrivent plus à trouver une explication convaincante à cette augmentation.

A cet effet, ils nous ont affirmé que «franchement, on ne comprend pas cette décision. Parfois, on imagine que nous sommes dans un pays où tout est possible à l’exception de l’intérêt du citoyen». Par ailleurs, d’autres citoyens n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour critiquer sévèrement le gouvernement d’Ouyahia et les députés à l’Assemblée populaire nationale (APN).

De ce fait, ils déclarent que «les représentants du peuple (soi-disant) ne pensent qu’à leurs intérêts personnels en oubliant totalement que c’est grâce aux citoyens qu’ils occupent ces mêmes postes. Chaque fois qu’il y a un projet de loi sur l’augmentation d’un produit de large consommation, ils votent pour.

Pour tout cela, nous interpellons le Président en sa qualité de premier magistrat du pays en vue de mettre fin à ce genre de pratique». Sur un autre plan, il faut avouer que le prix d’une bouteille de gaz butane a atteint la somme de 250 DA dans certaines localités, notamment Derguina et Kherrata.

Justement, un mouvement de protestation d’envergure avait secoué pendant deux jours, lundi et mardi derniers, Kherrata. En effet, des citoyens ont procédé à la fermeture de certains édifices publics et au blocage de la RN 9. La contestation populaire s’est propagée même au niveau des établissements scolaires où les élèves ont quitté leurs classes pour rejoindre les protestataires.

Par ailleurs, et selon des informations que nous avons pu recueillir auprès des citoyens de la majorité des régions de la wilaya de Béjaïa, d’autres actions de protestation ne sont pas à écarter dans les prochains jours, à cause toujours de l’augmentation du prix de la bonbonne.

En attendant la réaction des autorités, la colère gagne de plus en plus du terrain. H. H.

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GAZ BUTANE, ROUTES, TRANSPORT, ASSAINISSEMENT...

Des habitants barrent la route entre Tiaret et Relizane

Le Quotidien d'Oran, 23 janvier 2005

Quelque sept cents familles en colère au douar de Torrich, relevant de la daïra de Oued Lilli, dans la wilaya de Tiaret, ont barré hier, jusqu’à tard dans l’après-midi, la route nationale n°90 reliant Tiaret à Relizane, apprend-on de source sécuritaire.

Selon la même source, il était moins de huit heures du matin samedi, quand de nombreux habitants ont barré la route à l’aide de pneus brûlés et autres objets hétéroclites pour protester contre le prix, jugé «prohibitif», de la bouteille de gaz butane, cédée jusqu’à 350 dinars dans ce douar enclavé du nord de la wilaya de Tiaret, mais aussi contre l’état dégradé des routes desservant la région, l’absence de moyens de transport et la dégradation des réseaux d’assainissement.

Des automobilistes ont été contraints de faire de longs détours pour rejoindre les villes de Tiaret et les localités du sud-ouest de la wilaya de Relizane. L’intervention des éléments de la gendarmerie s’est soldée par des blessures légères causées à trois citoyens et l’arrestation de huit jeunes hommes pour dégradation de biens appartenant à autrui, des voitures notamment touchées par des pierres lancées par des habitants en colère. Le chef de la daïra de Oued Lilli et le maire de la même localité, dépêchés en médiateurs, ont promis de porter les doléances des populations concernées aux autorités compétentes.

El-Houari Dilmi

 

 

 

   
www.algeria-watch.org