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Oran: Neuf émeutiers de Gdyel condamnés à 2 ans de prisonpar J. Boukraâ, Le Quotidien d'Oran, 10 décembre 2008 Une peine de deux ans de prison ferme a été prononcée, dimanche, par le tribunal criminel d'Oran à l'encontre de neuf personnes mises en cause dans les émeutes qui ont ébranlé, le 15 avril 2008, la commune de Gdyel à l'Est d'Oran. Au total, douze accusés ont comparu devant le tribunal criminel pour répondre des chefs d'accusation d'incendie volontaire de biens de l'Etat, dégradation et pillage de biens mobiliers, incendie de véhicule reconnu et d'attroupement non armé. Trois des accusés ont été acquittés. Les neuf autres ont été reconnus coupables d'attroupement non armé et ont été disculpés des autres chefs d'accusation. Ces douze mis en cause figuraient parmi 49 personnes arrêtées par les services de sécurité, dont 44 ont été placées sous mandat de dépôt. Parmi les 49 personnes arrêtées, 13 ont été jugées par le tribunal des mineurs, 12 ont comparu, dimanche dernier, devant le tribunal criminel d'Oran et les autres accusés ont été jugés par le tribunal correctionnel de la même commune. Quatre ont écopé de six mois de prison ferme, cinq ont été condamnés à trois mois de prison ferme, neuf à six mois de prison avec sursis pour attroupement non armé et dégradation de biens d'autrui, les autres ont été acquittés. Ce jour-là vers 18 heures, des centaines de jeunes (environ 800 personnes selon les estimations de la police) sont descendus dans la rue et se sont attaqués à plusieurs édifices de l'Etat. Bilan : des institutions détruites, des arrestations et des blessés parmi les policiers et les émeutiers. Les douze mis en cause jugés cette semaine ont nié les faits retenus contre eux durant toutes les étapes de l'enquête. Interrogés par le président du tribunal criminel, ils ont maintenu leurs premières déclarations faites devant la police et devant le juge d'instruction. Ils ont tous déclaré avoir entendu parler des émeutes sans y avoir participé. Une dizaine de témoins à décharge ont défilé dans le cadre de cette affaire devant le tribunal. Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public a réclamé une peine de 20 ans de réclusion à l'encontre de l'ensemble des accusés. Il est revenu sur l'implication de chacun des accusés dans les émeutes. Il a ajouté que ces derniers ont été reconnus par les policiers en civil, en affirmant que les émeutes avaient été planifiées à l'avance et que les manifestants s'étaient scindés en trois groupes. Chaque groupe avait visé un édifice. De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé l'innocence de leurs mandants arguant «l'absence de preuves matérielles» et des déclarations des témoins à décharge auditionnés par le tribunal. Ils ont demandé l'acquittement de leurs clients qui « ont été arrêtés soit sur leurs lieux de travail ou chez eux, ce qui élimine l'argument de flagrant délit », tout en mettant en cause « le caractère aléatoire de leurs arrestations ». « Même les objets pillés n'ont pas été découverts chez les accusés », ont-ils ajouté. Pour rappel, les émeutes se sont déclenchées au niveau du marché de la commune. Les émeutiers ont commencé par des jets de pierres qui ont visé les édifices, avant de saccager et de mettre le feu à ces institutions, notamment le bureau d'Algérie Poste, le tribunal et l'agence CNAS. Celle-ci, dont le représentant était présent à l'audience, avait évalué les dégâts à quelque 5 millions de dinars. |
Emeutes | ||||
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