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BÉJAÏA Six mille étudiants et plusieurs centaines de travailleurs de l’éducation descendent dans la rueA Kersani - Béjaïa (Le Soir) -Le Soir d'Algérie, 26 novembre 2007 Le front social a connu une journée particulièrement chaude hier avec deux manifestations de rue initiées par les syndicalistes du SETE et la Coordination universitaire des syndicats autonomes estudiantins de Béjaïa. Il faut dire que la grogne des étudiants a commencé depuis les premiers jours de la rentrée universitaire lorsque la sonnette d’alarme a été tirée sur la situation critique que vit l’université de Béjaïa caractérisée par une dégradation progressive et continuelle des conditions sociales et pédagogiques». Selon les étudiants, les problèmes d’hébergement, de restauration et l’exclusion de nombreux étudiants ont fait déborder le vase à Béjaïa avec une impressionnante marche qui a amené quelque 6 000 étudiants à descendre dans la rue dans la matinée de ce dimanche pour dénoncer le marasme dans lequel se trouve leur université. La marche des étudiants s’ébranla vers 10h30 du campus d’Aboudaou vers les Quatre-Chemins à l’entrée de la ville de Béjaïa où les manifestants ont bloqué la route à la circulation automobile durant de longues heures provoquant d’énormes bouchons sur les deux axes routiers des RN 12 et RN 9 menant vers la côte est et l’intérieur des villes de la vallée de la Soummam et Alger. Tout au long de leur manifestation, les étudiants ont scandé des slogans fustigeant tour à tour le recteur et les responsables de l’ONOU (Office national des œuvres universitaires). Au sein des marcheurs, c’est le même sentiment de profond désarroi qui est affiché. La liste des revendications mises en avant s’avéra trop longue. Dans la plate-forme des doléances de la Coordination universitaire, signée par l’ensemble des comités de cité de l’université de Béjaïa, l’on dénoncera «la médiocrité de la formation, la malvie dans les cités universitaires surchargées, le transport insuffisant et très mal géré», tout en exigeant «la participation des syndicats autonomes dans les processus décisionnels, la préservation du caractère public de l’université, le départ des responsables et personnels incompétents, la dotation des résidences en infrastructures culturelles et sportives et l’encadrement nécessaire du système LMD et son application à la lettre et le choix d’orientation... La coordination ne compte pas baisser les bras pour faire aboutir ses revendications en annonçant qu’un préavis de grève pour les prochains jours a été adressé au directeur de l’ONOU dans le cas où les responsables concernés persistent à faire la sourde oreille à leurs doléances, indique-t-on dans une déclaration rendue publique. A noter enfin, que les étudiants se sont dispersés dans le calme. Par ailleurs, une manifestation similaire a été observée mardi dernier lorsque plusieurs centaines d’étudiants ont saccagé entièrement les locaux et le mobilier des bureaux de l’ONOU de Béjaïa avant d’improviser une marche vers le siège de la wilaya avec les mêmes mots d’ordre. La même ébullition a été enregistrée dans le secteur de l’éducation où, en plus du mouvement de grève qui a été largement suivi à travers l’ensemble des établissements scolaires de la wilaya, notamment ceux des cycles primaire et moyen, plusieurs centaines de travailleurs de l’éducation ont battu le pavé de la ville de Béjaïa hier matin, à l’appel du Syndicat d’entreprise des travailleurs de l’éducation de Béjaïa (SETE-WB) affilié à l’UGTA pour crier leur ras-le-bol devant l’incessante dégradation de leurs conditions socioprofessionnelles et exiger une augmentation salariale conséquente pour l’ensemble des travailleurs. Sous les mots d’ordre : «Pour la sauvegarde et l’amélioration du régime indemnitaire !», «Education digne = salaire digne !», «Non à l’humiliation des enseignants !», les enseignants protestataires ont entamé leur marche vers 11h de la Maison de la culture vers le siège de la wilaya où une prise de parole a été improvisée au terme de la manifestation. Intervenant à l’occasion, Malek Bekhouche, secrétaire général du SETE de Béjaïa, a violemment fustigé la nouvelle grille des salaires de la Fonction publique promulguée «sans l’association» du partenaire social et qui, selon le syndicaliste, ne répond «nullement aux aspirations légitimes des travailleurs marginalisés et soumis aux affres d’une vie sociale des plus misérables ». Tout en dénonçant le «désengagement » de l’Etat du secteur public, le syndicaliste du SETE a interpellé la FNTE en vue de l’organisation, en urgence, d’une conférence nationale des représentants syndicaux de l’ensemble des wilayas afin de débattre «des moyens à mettre en œuvre pour la défense des acquis et la protection des intérêts des travailleurs». Les syndicalistes du SETE ont, dans le même ordre d’idées, exigé une participation active du partenaire social dans les discussions pour l’élaboration du statut particulier prenant en charge «un plan de carrière digne pour les travailleurs du secteur avec le maintien du système indemnitaire et une meilleure classification de tous les corps de l’éducation». |
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www.algeria-watch.org
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