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Violentes émeutes à Seraïdi (Annaba)
10 personnes arrêtées et 1 blessé
Salim Koudil/Hafiza M., Liberté, 20 juillet 2006
Depuis mardi soir, Seraïdi vit au rythme des émeutes suite à la décision des autorités de la wilaya d’Annaba de déplacer les ex-habitants d’Aïn Barbar, logés au centre de transit Creps. 10 personnes arrêtées et 1 autre blessée, tel est le premier bilan des violentes émeutes qui ont secoué la localité de Seraïdi, sur les hauteurs d’Annaba. Tout a commencé avant-hier soir lorsque des bus, affectés par la wilaya, sont arrivés à Seraïdi pour conduire les citoyens “réfugiés” au centre de transit Creps depuis 2002, après avoir fui les affres du terrorisme à Aïn Barbar.
Ces familles refusent, en fait, de retourner dans leur village d’origine, arguant la situation sécuritaire qui prévaut dans cette localité. Les échauffourées ont éclaté hier dès 7 heures lorsque le maire leur a signifié de quitter les lieux, en exécution du dernier ultimatum du wali. Les ex-habitants d’Aïn Barbar ne voulant pas quitter les lieux sont sortis dans la rue manifester leur colère. Ils ont bloqué la circulation pendant des heures. Après avoir saccagé les bus, ils se sont dirigés la veille, rappelons-le, vers l’habitation du maire de la commune. Le reste de la nuit était calme. À notre arrivée sur les lieux, les forces de sécurité avaient déjà investi Seraïdi. Des semi-remorques ont été mobilisés pour déplacer les 140 familles occupant le centre. Les brigades antiémeutes de la Gendarmerie nationale se sont dirigées vers le lieu d’hébergement des ex-habitants d’Aïn Barbar qui les attendaient avec les pierres et des barres de fer. Vers 9h, les bombes lacrymogènes sont lancées pour disperser les manifestants. Les youyous des femmes et les cris de “Allah akbar” des jeunes manifestants fusent de partout. Les ex-habitants d’Aïn Barbar crient à qui voulait les entendre qu’ils ne retourneraient jamais dans leur village : “Ils veulent notre mort en nous faisant revenir vers ces lieux. Nous ne retournerons pas, quoi qu’ils fassent. Ce n’est pas vrai qu’ils ont rénové toutes les maisons. C’est toujours invivable à Aïn Barbar.” Selon une source sécuritaire, le problème de sécurité des zones d’Aïn Barbar est depuis longtemps dépassé, et ne serait qu’un prétexte pour rester à Seraïdi.
Devant le déploiement des forces de sécurité, les manifestants se sont dirigés vers le siège de l’APC qu’ils ont saccagé. La tension monte d’un cran. Les forces de sécurité se sont vus obligés de se redéployer sur tout le village, bloquant ainsi toutes les issues. Ce n’est qu’aux environs de 11h que le calme est revenu. Profitant de cette accalmie, les forces de sécurité ont obligé les familles restées au niveau du Creps à prendre leurs affaires pour quitter les lieux et rejoindre Aïn Barbar. À l’heure où nous mettons sous presse, l’opération de délogement des occupants du centre se déroulaient dans le calme.
Avec les évènements de Seraïdi, il faut dire que c’est toute la problématique de l’exode qui reste posée. Quelle que soit la cause, économique ou sécuritaire, la ville fascine toujours le monde rural, et ce n’est pas demain la veille qu’on assistera au flux inverse.
Salim Koudil/Hafiza M.
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