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EMEUTES DE L'HUILE ET DU SUCRE DE JANVIER DERNIER
L'Ugcaa demande la publication du rapport
Par Ahmed MESBAH, L'Expression, 27 novembre 2011
Boulenouar El Hadj Tahar, porte-parole de l'Union générale des commerçants et artisans algériens, estime que le rapport d'enquête ne doit pas rester secret. Pour deux raisons. D'abord, il concerne directement les consommateurs qui sont des citoyens qui ont le droit de connaître sa teneur.
L'enquête était justement initiée pour éclairer les citoyens sur les causes de la hausse des prix et de la pénurie de certains produits. Ensuite, le rapport est effectué par une commission parlementaire et pas par des ministères du Commerce ou autre, ou encore d'un quelconque service de sécurité pour qu'il soit concerné par une diffusion restreinte.
Les parlementaires sont là car ils sont élus par le peuple et le député ne doit pas dissimuler ses actions et ses écrits vis-à-vis de ses électeurs. Y a-t-il des conclusions aussi graves qui pourraient justifier ce peu de transparence vis-à-vis des citoyens? se demande Boulenouar El Hadj Tahar. Ce dernier déplore le fait que la commission n'a pas pris en compte l'environnement économique.
Deux ou trois importateurs sont dans la capacité de provoquer des émeutes, ce qui est anormal, car il n'y a pas de politique d'approvisionnement à long terme. Pourquoi le gouvernement a-t-il attendu les émeutes pour se rendre compte que les prix ont augmenté ou qu'il y a pénurie?
Que faisait le gouvernement avant janvier 2011 pour se retrouver dans l'incapacité de prévoir le mouvement du marché? A cela s'ajoute un autre éclaircissement.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Des importateurs peuvent à nouveau provoquer des pénuries et des émeutes et rien n'est fait pour éviter ces scénarios, selon notre interlocuteur. Il déplore le fait qu'il n'y pas de politique économique fiable du gouvernement qui gère au jour le jour sans être capable de prévenir les crises et de les gérer convenablement.
Le marché informel représente 60% et c'est une difficulté pour prendre des décisions pour l'organisation des marchés. Il faut d'abord éradiquer le marché avant de penser à une quelconque régulation, est-il ajouté. L'informel encourage la spéculation, le monopole, la contrebande ainsi que la contrefaçon.
Les associations de défense des consommateurs ne peuvent pas faire des propositions si les conclusions de l'enquête ne sont pas connues, conclut-il.
EMEUTES DE L'HUILE ET DU SUCRE DE JANVIER DERNIER
Rebrab et son groupe Cevital pointés du doigt
Par Ahmed MESBAH
Dans leur rapport d'enquête sur les émeutes de janvier 2011, les députés n'ont pas été tendres avec Cevital.
Les conclusions du rapport de la Commission d'enquête sur la pénurie et la hausse des prix de certains produits alimentaires de large consommation (huile et sucre) sur le marché national sont connues. Toutsurlalgérie a eu accès au rapport et rend publiques certaines de ses conclusions. Il y est fait mention du fait que «le recours de l'opérateur Cevital à des mesures décidées unilatéralement et sans concertation, faisant notamment obligation aux grossistes de prouver le dépôt légal des comptes sociaux et exigeant la présence du détenteur du registre du commerce ainsi que l'obligation de paiement par chèque, a instauré un climat de méfiance chez les grossistes, lesquels se sont abstenus de s'approvisionner en produits alimentaires comme le sucre et l'huile».
Le même rapport s'est voulu impartial en écoutant également la version d'Issâd Rebrab, patron de Cevital.
L'analyse des enquêteurs est contestée par Issâd Rebrab. Il leur a déclaré que les seuls documents exigés aux grossistes pour leur vendre les produits alimentaires sont la carte fiscale et le registre du commerce comme l'exige la loi.
Il rejette toute rupture des stocks qui étaient de 3 mois. Pour tout le monde, il est clair maintenant que Rebrab se contredit et tente de faire endosser la responsabilité des émeutes du 5 janvier à d'autres parties.
Même les ministres qui se sont succédé devant la commission n'ont pas été unanimes à ce sujet. Karim Djoudi, ministre des Finances, livre son verdict. Selon lui, l'obligation de paiement par chèque prévue par le gouvernement n'a pas contribué d'une manière ou d'une autre à la pénurie des produits alimentaires de base. Selon lui, «ce n'est pas la première fois qu'on impose cette règle».
Il rappelle aussi que la hausse des prix du pétrole a eu des retombées directes sur les frais de production et de transport.
L'analyse n'est pas partagée par tout le monde.
Selon Mustapha Benbada, ministre du Commerce, la décision du gouvernement d'instaurer le chèque a provoqué cette crise. Selon lui, les grossistes ont acheté les produits en question en grande quantité avant l'entrée en vigueur de cette mesure et cela a perturbé le marché.
La question reste toujours posée: si les grossistes ont acheté en grande quantité, d'où vient la pénurie?
D'ailleurs, les responsables du secteur financier resteront-ils silencieux devant ces critiques? Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d'Algérie, écarte tout lien entre l'augmentation des prix et la pénurie avec le recours au paiement par chèque. Il y voit d'autres causes: marché déstructuré, limites de la politique de subvention et absence de contrôle.
La commission d'enquête sur la pénurie et la hausse des prix de certains produits alimentaires de large consommation sur le marché national, a soumis dimanche 13 novembre son rapport final au président de l'Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari.
C'est le président de la commission d'enquête parlementaire, Kamel Rezki, qui a remis le rapport. Il lui a également remis les enregistrements audiovisuels des rencontres tenues par la commission depuis sa création le 20 avril 2011 et les documents exploités pour l'enquête.
Ziari a annoncé qu'il remettrait une copie du rapport au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ainsi qu'au Premier ministre, ajoutant que le rapport sera distribué à tous les députés après une réunion du bureau de l'APN consacrée à ce sujet.
A propos de la publication de tout ou partie du rapport de l'enquête, Ziari a rappelé que conformément à l'article 86 de la loi organique n°02-99, la publication de tout ou partie du rapport peut être décidée par l'APN sur proposition du bureau et des présidents des groupes parlementaires, après avis du gouvernement.
Si un accord est dégagé sur la publication partielle ou intégrale du rapport, la question sera alors soumise à l'Assemblée qui tranchera à la majorité des membres présents sans débat, a ajouté Ziari.
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