EL-ATTAF

Violentes émeutes pour les 2.000 DA

Le Quotidien d'Oran, 24 octobre 2005

Une rentrée scolaire qui a gravement touché la bourse des pères de familles, les dépenses jugées trop élevées pour les manuels scolaires, les frais du Ramadhan, la proximité de l’Aïd, une pauvreté de plus en plus affichée... tous les ingrédients pour un grand cri de colère. C’est ce qui s’est produit ce dimanche à El-Attaf.

Tout a commencé vers 10h30: des attroupements devant les bâtiments administratifs, attroupements qui deviennent foule, turbulente. Et ce sont les premiers actes de violence perpétrés par des jeunes et des moins jeunes, selon des témoins oculaires. Poteaux arrachés, pneus incendiés sur la chaussée, voitures saccagées sans distinction. Un véhicule de la police incendié. Toutes les issues de la ville sont bloquées par les émeutiers. L’incompréhension est totale. Les commerçants essaient tant bien que mal de faire rentrer à la va-vite, dans un mouvement de panique générale, leurs produits étalés sur les trottoirs squattés. L’anarchie est totale.

Des groupes de jeunes se dirigent même vers les stations de transport et tentent de saccager les bus privés. D’autres essaient, affirment certains témoins, d’incendier le bâtiment de la justice: le feu est mis à un des murs extérieurs, mais vite éteint. Des pluies de pierres tombent sur les autres édifices publics, la poste, les banques et même le commissariat, ajoute nos sources présentes sur les lieux. Cependant, vers le milieu de l’après-midi, la foule, comme si elle avait retrouvé ses esprits, montre des signes d’apaisement et le calme revient progressivement dans la ville même si la tension persiste.

Les émeutes font suite à d’autres émeutes survenues à Djellida à la fin de la semaine écoulée au moment où une troupe de «danseuses» allait se produire, assurent certains, à cause des 2.000 DA ajoutent d’autres, avec les mêmes actes de violence mais de moindre importance. A Aïn Torki de la daïra de Hammam Righa, en début de la semaine écoulée, des émeutes ont été évitées. En effet, après l’inauguration d’une cantine scolaire par le chef de l’exécutif, des «responsables» ont voulu «récupérer» le matériel de cuisine flambant neuf et montrer à la délégation du wali. Ils l’auraient fait si des citoyens, des parents d’élèves ne s’étaient pas opposés en saisissant toutes les instances.

M. N.

 
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