Alger: Tension à Diar Echems

par Z. M., Le Quotidien d'Oran, 1er mars 2010

Le quartier de Diar Echems à Alger était sous tension hier. Et pour cause, les habitants du quartier ont menacé de reprendre la contestation si les pouvoirs publics ne respectent pas leurs engagements pris il y a plusieurs mois pour reloger les habitants de ce quartier déshérité. Un dispositif des services de sécurité a été déployé hier aux alentours du quartier en question pour parer à toute éventualité. D'après nos sources, les habitants sont revenus à la charge du fait que les délais fixés par les autorités pour distribuer des logements aux nécessiteux ont expiré. Même si aucun incident notable n'a été signalé hier, il n'en demeure pas moins que la tension était palpable dans ce quartier qui a vécu vers la fin de l'année dernière de violentes émeutes.

Des jeunes ont barricadé l'accès à leur quartier. En début de soirée, nous avons appris que le maire s'est déplacé sur les lieux pour essayer de discuter avec les contestataires, en majorité des jeunes, et les ramener à de meilleurs sentiments.


Routes bloquées, pneus enflammés : Diar Echems renoue avec la protesta

El Watan, 1er mars 2010

Les habitants redoutent la répétition du scénario d’octobre 2009. A l’origine des émeutes, une liste controversée de bénéficiaires de l’opération de relogement.

Les routes menant à Diar Echems, dans la commune d’El Madania (Alger), ont été bloquées hier soir par des jeunes qui ont investi une partie du boulevard Les Jasmins, fermant ainsi l’accès aux quartiers et cités voisines. Les automobilistes ont dû rebrousser chemin, ne pouvant atteindre le ravin de la Femme sauvage via cette artère. Des pneus enflammés ont commencé à faire leur apparition dans l’après-midi. Des jeunes ont commencé à jeter des pierres. Des policiers étaient en alerte. Tout le monde retient son souffle à Diar Echems. Les habitants redoutent la répétition du scénario des émeutes d’octobre 2009.

L’affrontement entre agents de l’ordre et jeunes émeutiers s’était terminé, pour rappel, par des dizaines de blessés. Hier encore, le problème ne semblait pas tout à fait résolu. Le wali avait parlé d’un quota de 500 appartements pour les habitants de Diar Echems, dont 200 destinés aux occupants des bidonvilles qui entourent la cité et les 300 autres aux habitants des F1. « Aucune concrétisation de ces promesses. Personne n’a été convoqué pour une quelconque opération de relogement », souligne un habitant. Ils sont nombreux à redouter l’échec de cette opération. Le nombre d’appartements proposé par les autorités est loin de répondre aux attentes de ces familles qui vivent dans ces bidonvilles depuis des années.

« Lors du recensement des familles, certaines ont présenté plusieurs livrets de famille, C’est une situation qui risque indirectement de pénaliser plusieurs habitants dans le besoin », témoigne un père de famille. « Le recours à la rue reste le seul moyen de faire valoir notre droit à un logement décent, en l’absence d’autre moyen d’expression », selon un jeune interrogé sur place. Il faut savoir qu’à l’origine des émeutes de Diar Echems, il y a une liste des bénéficiaires de l’opération de relogement de 80 familles. Des logements ont été octroyés à des personnes étrangères à la cité, selon les accusations émises par les habitants en colère. Une veuve et une jeune fille étaient parmi les bénéficiaires, ce qui a déclenché l’ire des habitants souffrant depuis des années des conditions inhumaines dans les bidonvilles et de la promiscuité des F1 de ladite cité.

Le niet accordé à la demande des résidents de transformer l’assiette foncière constituant le stade en terrain à construire a été également à l’origine de la révolte.

Par Fatima Arab

 
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