AROUCH

Les conclaves de la division

Le Quotidien d'Oran, 27 décembre 2003

Le mouvement des ârouch de Kabylie a prouvé ce dernier week-end que le divorce est définitivement consommé au sein de la coordination interwilaya, qui aura tout de même survécu aux «tiraillements» des uns et des autres un peu plus de 30 mois.

En effet, les divergences apparues au grand jour au sein du mouvement citoyen se sont matérialisées, avant-hier jeudi, par l’organisation pratiquement au même moment de deux conclaves interwilayas. Ainsi, les délégués opposés au dialogue se sont réunis à la maison de jeunes d’Akbou dans un conclave qui aura duré près de 15 heures, et au terme duquel l’offre de dialogue telle que présentée actuellement par le chef du gouvernement a été rejetée par les conclavistes. «On peut tromper quelqu’un tout le temps, on peut tromper tout le monde un temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps». C’est en ces termes que les délégués de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira, Tipaza, Sétif et Bordj Bou-Arréridj, qui ont pris part au conclave d’Akbou, ont répondu à la dernière sortie du chef de l’exécutif du gouvernement. Les délégations opposées au dialogue ont par ailleurs décidé, au terme du conclave dont les travaux ont été clôturés hier vendredi à 8 heures, de réactiver les commissions permanentes juridiques et de solidarité, l’installation d’une commission de réflexion chargée de débattre du bilan du mouvement depuis 32 mois et tracer les perspectives, l’élaboration d’un document pour expliquer les raisons des dysfonctionnements ayant provoqué la division des ârouch, et enfin la proclamation du 12 janvier prochain, coïncidant avec le premier jour de l’an berbère (Yennayer), journée fériée.

Dans la déclaration sanctionnant les travaux du conclave d’Akbou, les anti-dialoguistes n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour accuser l’aile favorable au dialogue - qui s’est réunie dans un autre conclave interwilayas à Boudjelil -, «d’avoir perverti la plate-forme d’El-Kseur dans son esprit et sa portée en concoctant un document dit référentiel de mise en oeuvre». Plus loin, les rédacteurs affirment que les délégués favorables au dialogue sont une minorité et que ces derniers «ont été corrompus par Ahmed Ouyahia dans une arnaque politique, historique et juridique étalée au grand jour».

D’autre part, les délégués favorables au dialogue que nous avons pu joindre hier à Boudjelil n’étaient pas encore arrivés à dresser la liste des délégués qui vont prendre part au dialogue avec Ouyahia. Ce dernier point n’était, hier en fin d’après-midi, toujours pas encore tranché. La délégation de Béjaïa, selon des informations qui nous sont parvenues, est restée en concertation depuis près de 24 heures, car il y aurait, semble-t-il, toujours des «réticences» soulevées notamment par les délégués de la ville de Béjaïa, qui exigent impérativement la satisfaction des «préalables» avant tout contact avec la chefferie du gouvernement.

Z. Mehdaoui


 

   
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