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LIGUE ALGÉRIENNE POUR LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME Relizane, le 17 mai 2008 Qui est derrière les émeutes de Berriane ?Après un calme précaire de quelques mois les émeutes ont repris à Berriane. Cette fois-ci encore, un mort et des blessés sont à déplorer. Selon les informations recueillies par téléphone, les provocations n’ont jamais cessé au quotidien de part et d’autre, avec des graffitis sur les murs des demeures de citoyens paisibles les invitant à évacuer les lieux. Les victimes ont saisi les services de police qui ont refusé d’intervenir et même d’enregistrer les plaintes laissant la situation empirer de plus en plus. D’après notre témoin Hadj Kouider, résidant depuis des décennies à Berriane « une bande de voyous cagoulés a investi vers minuit le quartier Kaf-Hamouda à l’Est de Berriane où il habitait. Ils jetaient des pierres contre les habitations et criaient des slogans à l’égard des habitants. Nous avons avisé la police qui a intervenu avec un grand retard et laissé suffisamment de temps à la situation pour dégénérer entre de jeunes habitants du même quartier, Mozabites et Arabes ». Ce n’est pas la première fois que nous assistons à une absence totale de l’État ou de ses représentants pour maîtriser une crise à temps Ces derniers ont fait la sourde oreille à la colère face à l’amertume et l’humiliation des victimes des heurts du mois de mars passé. Aujourd’hui, M. le wali se déplace pour présenter ses condoléance et celle du gouvernement aux parents de la victime. À l'instar des autres émeutes à travers le terri-toire national, l’État n’a pas su prévenir et préfère tenter de guérir. L’intervention de la police pour disperser les émeutiers a été mal organisée. Le policier Ramdane, selon les dires de certains témoins, a tiré trois balles avec son pisto-let, deux en l’air et la troisième en direction des émeutiers, blessant mortellement un passant se rendant chez lui, M. Safia Merrouane, gardien dans une entreprise à la zone industrielle de Berriane. Cet assassinat volontaire ou involontaire en un clin d’œil a transformé une escarmouche entre adolescents d’un quartier en une émeute à travers l’ensemble des quartiers de la commune de la localité, où on déplore des dégâts sérieux sur les biens (voitures, magasins et habitations) de citoyens innocents. Continuant mes investigations avec mon interlocuteur pour connaître les raisons de cette révolte ce dernier m’a déclaré : « Les choses ont changé depuis les dernières élections communales. » À mon avis, les affrontements ne sont pas intercommunautaires, comme le soulignent certains journaux. À l’Est comme à l’Ouest, les quartiers sont habités par diverses communautés. Des gens originaires de Berriane, Mozabites et Chaambas, et d’autres récemment installés sont soit des ouvriers de Hassi-Rmel venant d’autres régions du pays – Arabe, Kabyle et Chaouias –, soit des habitants ruraux des environs fuyant la sécheresse. Ces communautés ont toujours cohabité ensemble et sans le moindre incident. Elles sont là dans la commune de Berriane depuis des décennies. S’agit-il d’émeutes préméditées et organisées par des militants d’autres partis vaincus aux dernières élections communales pour déstabiliser les élus locaux et porter un préjudice aux habitants de Berriane pour leur choix, ou bien s’agit-il d’un complot contre l’État de la part d’un parti d’opposition élu à la tête de la commune martyre de Berriane ? Mohamed Smaïn, vice-président. |
Emeutes | ||||
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www.algeria-watch.org
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