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Ahmed Benbitour explique les vagues de violence dans un entretien à El Khabar « Il faut changer le système avant que le changement ne s’impose par la violence »« La violence verbale entre les sunnites et les chiites à l’étranger a eu ses répercussions sur les ibadites en Algérie » El Khabar, 31 mai 2008 Selon Ahmed Benbitour, les vagues de colère populaire qu’a connues le pays reflètent une volonté tenace de changer le régime. Il a appelé à préparer préalablement les conditions de la transition vers une autre situation « avant que le changement ne s’impose sous des formes violentes ». El Khabar : Beaucoup de régions connaissent des vagues de colère violentes, qui ont occasionné des morts et des blessés, ainsi que des dommages dans les établissements. Comment expliquez-vous cela ? Ahmed Benbitour : Cela est regrettable, et j’appelle à la sagesse et à la prise de responsabilité. Je me rappelle que lorsque j’ai annoncé à la presse en juin 2001 une initiative pour sortir de la crise en trois étapes sur 17 ans, j’ai assuré que les évènements douloureux qu’a connus la Kabylie n’étaient que le prélude à d’autres évènements inévitables si l’on ignorait encore le danger qui menace la région. Je remarque malheureusement que personne n’est conscient du danger au niveau des responsables les plus proéminents, sept ans après ces incidents. Quant à mon explication de la série des vagues de violence, je dirais que le monde et l’Algérie connaissent des changements d’une rapidité inédite. Les citoyens algériens, surtout les jeunes sont au courant de ce qui se passe dans le pays par rapport aux autres nations. Ils aspirent à un niveau de vie et à un avenir semblable à ce qu’ils voient dans les télévisions étrangères. El Khabar : Vous être originaires de Ghardaïa et précisément de Metlili, quelle est selon vous la raison de la propagation de la violence chez une partie des populations du Sud connues pour leur calme et leur sagesse ? Ahmed Benbitour : Il y a des raisons qui remontent à une époque ancienne et d’autres à la situation vécue par la wilaya, notamment la partie nord qui n’est distante que de 50 kms des puits de pétrole de Hassi R’Mel. El Khabar : Etes-vous de ce qui donnent du crédit au discours qui évoque « l’implication de la main étrangère » dans les crises du pays ? Ahmed Benbitour : Bien sûr que non ! Je n’approuve pas cette thèse, car sinon cela veut dire que l’Etat est totalement absent dans notre pays. Et puis ces incidents ont éclaté dans plusieurs régions du pays, à l’extrême-sud comme c’est le cas à Timimoune, à l’intérieur du pays, et dans le ouest à Chlef et Oran. Il y a des raisons objectives et il n’est nullement besoin de fuir en avant. El Khabar : Peut-on à votre avis éteindre les vagues de tension populaire, et si vous étiez au poste de responsabilité, quelles mesures prendriez-vous ? Ahmed Benbitour : Le changement du système est inévitable. A partir de là, il faut œuvrer au changement rapidement et préparer les conditions de sa réussite dans l’intérêt du peuple algérien ou alors le changement s’imposera par la force et le désespoir avec ce que cela comporte comme risques qui conduisent à la déviation.
31-05-2008 |
Emeutes | ||||
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www.algeria-watch.org
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