BEJAIA

Grève des commerçants et vive tension devant le siège de l'APC

Le Soir d'Algérie, 20 Août 2007

Les commerçants de la ville de Béjaïa ont observé hier une grève générale appuyée d’une marche et d’un rassemblement devant le siège de la mairie à l’appel de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) de Béjaïa pour protester entre autres contre “la prolifération” des foires au niveau du chef-lieu de wilaya. Une grève qui a partiellement paralysé la cité des Hammadites où seuls les cafetiers et quelques boutiques ont ouvert pour ne pas pénaliser les estivants.
C’est ainsi qu’environ 300 commerçants exerçant au niveau du chef-lieu ont entamé une marche pacifique à partir de la Maison de la culture pour se diriger vers le siège de la mairie de Béjaïa situé dans la Haute-Ville après avoir traversé les principales artères de la ville (Daouadji, El Khemis, le boulevard Amirouche, Larbi Ben M’hidi) sous le slogan “Halte à la paupérisation des commerçants”. A travers ce troisième débrayage observé en l’espace d’un mois, les commerçants de Béjaïa entendent exiger des pouvoirs publics de “mettre un terme définitivement à l’organisation anarchique des foires en application du décret ministériel n°07-217 du 10 juillet 2007, rendre la dignité aux commerçants, la réintégration des commerçants à la place Ifri, une meilleure justice dans les impôts et une réduction du taux d’imposition”, lit-on dans leur document. “Nous ne sommes pas contre l’organisation de foires mais les autorités se doivent de réglementer cette activité. Comment expliquer que depuis le mois d’avril une dizaine de foires a été organisée à Béjaïa sanctionnant lourdement les commerçants locaux”, ont dénoncé les responsables syndicaux du bureau local de l’UGCAA. Devant le siège de la municipalité, la tension est montée d’un cran et pour cause, la première autorité de la ville était absente. Pour les protestataires, cette absence “ne signifie ni plus ni moins qu’un refus de (les) recevoir”. “Le président de l’APC a été averti de notre action pour lui exposer nos doléances mais force est de constater qu’une autre fois il fait faux bond et ne veut pas nous recevoir”, fulmine un autre plaignant. “Le décret ministériel est clair, pourquoi le maire autorise-t-il la tenue d’une telle activité et refuse d’intervenir pour faire cesser cette anarchie”, tempête un jeune boutiquier qui n’y va pas avec le dos de la cuillère pour accuser ouvertement le maire “d’avoir touché une tchipa pour fermer les yeux”. Les responsables de l’UGCAA interviennent pour apaiser les esprits et c’est un vice-président, en l’occurrence Boubekeur Abbas, qui discutera finalement avec les protestataires après avoir précisé que c’est “au nom des autres élus municipaux” qu’il intervient. “Notre présence ici est pour vous témoigner au nom des élus notre solidarité et vous dire par la même occasion que nous nous démarquons de l’attitude du maire. Nous comprenons parfaitement votre situation mais c’est uniquement par le dialogue que nous pouvons ensemble trouver des solutions”, leur a-t-il indiqué avant de recevoir une délégation de l’UGCAA. Les élus ont promis à la délégation qu’ils ont reçue “d’intervenir”, sans plus de détails sur la nature des décisions qui seront prises. Rappelons que la dernière foire afro-asiatique qui devait avoir lieu au niveau de la surface du Grand Lac le mois de juillet dernier a été interdite par le wali même. Aussi nombre de commerçants grévistes présents au rassemblement se sont interrogés sur le “mutisme” du wali. “L’APC n’a apporté aucune solution au problème. Pis encore, la situation ne fait que s’aggraver” font constater encore les protestataires qui ont affiché fermement leur détermination à faire entendre leur voix.
A. Kersani

 
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