MILA

Retour au calme à Aïn Melouk

Le Quotidien d'Oran, 29 novembre 2005

Les centaines de jeunes manifestants occupaient hier, dès les premières heures de la matinée, les principaux carrefours de Aïn Melouk, dans la wilaya de Mila. Le décor de la veille n’avait pas changé. La tension restait vive. D’autant plus que les protestataires ont appris que les jeunes arrêtés par la gendarmerie, la veille, avaient été transférés à Chelghoum Laïd pour être présentés devant le procureur de la République.

Les émeutiers exigeaient désormais leur libération et continuaient à occuper les principaux axes du village. L’ébullition ne semblait pas prête à s’estomper. Cependant, vers les coups de 13 heures, la population de la localité sera informée que les jeunes ont été relâchés, ce qui contribua énormément à apaiser la situation. En effet, à la faveur de la décision du parquet de Chelghoum Laïd, mais également grâce au travail en profondeur des notables du village qui finirent par convaincre les protestataires que les choses allaient désormais changer, le calme est revenu. Mais un calme précaire, malgré les assurances des autorités qui assuraient hier qu’un projet de raccordement au réseau de gaz naturel et un lycée sont programmés pour Aïn Melouk et que la réhabilitation des routes n’était plus qu’une question de temps.

Le temps, nous dira-t-on au niveau des services de la wilaya de Mila, de désigner l’entreprise chargée de la réalisation des travaux. Le maire de Aïn Melouk, M. Yacine Daïra, contacté, nous confirmera que l’ouverture des plis concernant la route reliant sa localité à Chelghoum Laïd s’effectuera le 10 décembre prochain. Dans la foulée, il annoncera que l’un des engins de travaux publics de l’EPTP est déjà sur le tronçon menant de Aïn Melouk à Oued El-Athmania.

Vers les coups de 15 heures, la foule de jeunes manifestants commencera à se disperser par petits groupes et, une heure après, tous les accès au village furent dégagés. Des agents communaux aidés de citoyens commencèrent à déblayer les routes jonchées de grosses pierres et de troncs d’arbres. Le maire soulignera qu’un camion-citerne était venu de Chelghoum Laïd pour nettoyer les rues du village. D’autres échos parvenus hier de Aïn Melouk confirmaient effectivement que le calme avait repris tous ses droits.

Deux jours durant, la situation pouvait à tout moment déraper, tant les jeunes étaient survoltés et parlaient de leur village comme un coin perdu et oublié des autorités. La goutte qui avait fait déborder le vase samedi aura été cette grève décidée par les transporteurs privés desservant la ligne Aïn Melouk - Chelghoum Laïd. Plus de cinq cents personnes entre lycéens et travailleurs laissés en rade par les transporteurs privés, avaient décidé de manifester leur colère devant le siège de la mairie. Mais les choses prirent vite une tournure violente avec le saccage du bureau du président de l’APC, celui de son secrétaire mais aussi toutes les vitres de l’édifice municipal et le seul CEM de la localité. Pendant deux jours, les jeunes se sont rendus maîtres de la localité, pratiquement paralysée et coupée des communes avoisinantes. Et si les choses n’ont pas pris une tournure dramatique, c’est grâce à une gestion sage de la situation par les autorités concernées.

M. S. Boureni

 
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Emeutes 2005  
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