|
||||||
Affrontements de Berriane: Ni ethniques, ni religieuxpar Salah Eddine Sidhoum, Le QUotidien d'Algérie, 1er février 2009
Selon des compatriotes de Ghardaïa, militants des droits de l’homme, qui m’ont contacté ce soir au téléphone, la situation semble se calmer à Berriane, malgré quelques escarmouches mineures, après l’intervention de la gendarmerie nationale qui a pu mettre un terme aux attaques des bandes de provocateurs qui avaient terrorisé la population durant deux jours. Ces frères signalent cependant qu’un climat de terreur continue de planer sur la ville. Ils persistent à s’interroger sur la passivité de la police lors des événements, de nombreux actes de violence se seraient déroulés en face du commissariat, sans qu’elle intervienne. Toujours selon leurs récits, de nombreux blessés refusent d’aller se faire soigner à l’hôpital, de peur d’être arrêtés par les services de sécurité. Des familles seraient sans abri, du fait de l’incendie et de la destruction de leurs domiciles. Les citoyens de Ghardaïa s’organisent pour acheminer de l’aide aux sinistrés de Berriane. Ces militants tiennent à signaler le refus d’une grande partie de la jeunesse des deux bords de basculer dans le cycle de violence provoqué par ces bandes plus que suspectes qui ont semé désarroi et terreur dans des familles ayant longtemps cohabité sans aucun problème d’ordre ethnique ou religieux. L’appel de personnalités de la région à la sagesse et à la retenue, a empêché la ville de plonger dans le chaos et à ce que la violence se propage à d’autres localités proches et au chef-lieu de la wilaya. Nous tenons à nous joindre à ces appels au calme pour contrecarrer les plans machiavéliques de certains milieux politico-mafieux qui visent à plonger cette région dans un conflit fratricide aux conséquences dramatiques. Nous restons persuadés, comme nous l’avons toujours affirmé et répété, et contrairement à une certaine propagande distillée de manière pernicieuse par certains milieux, que le conflit n’est ni ethnique (entre chaambas et mozabites) ni d’ordre religieux (entre malékites et ibadites). Le problème est d’ordre politique et social. Nous avons tous en mémoire, et comme je l’ai rappelé à mes compatriotes de Ghardaïa au cours de notre entretien téléphonique, la diabolique et tragique manipulation en 1990 de certaines franges de la population de la région, après les élections communales, lorsque les officines avaient essayé de « monter » les frères mozabites contre les frères chaambas, car ces derniers avaient voté FIS. Du sang algérien avait coulé et deux compatriotes avaient trouvé la mort lors des affrontements. Aujourd’hui, près de 20 ans plus tard, les mêmes officines essayent de « monter » les frères chaambas contre les frères mozabites. Ces derniers se reconnaissent dans une proportion non négligeable dans le FFS et le RCD. Et cette nouvelle configuration politique de la région n’est pas pour arranger le pouvoir illégitime. A ce problème politique, s’ajoute la question sociale d’une région ancrée dans ses valeurs civilisationnelles ancestrales et dotée d’une organisation communautaire où la consultation, l’initiative privée, la solidarité et la dimension profondément humaine ne sont pas de vains mots. Nous pouvons dire et sans hésiter, qu’après l’éclatement de la Kabylie frondeuse vis-à-vis du pouvoir illégitime et la clochardisation de pans entiers du pays qui ont perdu tous leurs repères, il ne reste que la région du M’zab qui garde une solide organisation sociale et qui reste jalouse des valeurs ancestrales qui avaient fait la force de la Nation Algérienne durant la nuit coloniale. Et aux yeux du régime, cette région doit être « normalisée », c’est-à-dire clochardisée comme le reste de l’Algérie. J’en appelle à tous mes frères ALGERIENS de la région, à garder leur sang-froid et à ne pas répondre aux provocations des bandes de voyous téléguidés par les milieux politico-mafieux locaux et nationaux. J’en appelle à tous les intellectuels et politiques sincères afin de dénoncer cette politique de désintégration nationale. Salah-Eddine Sidhoum |
Berriane (Ghardaia), manipulation? | |||||
|
www.algeria-watch.org
|
||||||