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Les accusations de Ali Gherbi El Watan, 7 août 2003 C’est un véritable réquisitoire qu’a dressé hier M. Ali Gherbi à l’encontre de nombreux délégués de la Coordination intercommunale de Béjaïa (CICB) identifiés vaguement comme étant «à la solde de certaines formations politiques (...) et d’autres groupes scissionnistes». L’animateur vedette des archs d’El Kseur et ses pairs du comité local sont en colère et ils ont tenté hier, lors d’une conférence de presse, d’expliciter les raisons de leur retrait de la coordination de wilaya des archs. Ali Gherbi et ses pairs sont catégoriques : le divorce avec la CICB, entériné la veille par une réunion extraordinaire de la structure, est irréversible. Les représentants du Comité de la société civile d’El Kseur (CSC) martèlent néanmoins que le combat continue pour eux et toutes les voies menant vers la victoire par la satisfaction pleine et entière de la plate-forme de revendications seront explorées. Le retrait de la coordination de wilaya est un acte dont l’exécution a par plusieurs fois traversé l’esprit des animateurs d’El Kseur, comme ils ont tenu à le faire savoir hier. «Aujourd’hui, il n’est plus question pour nous de cautionner la dérive. Pourquoi ne l’avons-nous pas fait bien avant ? Parce que nous croyions que les uns et les autres allaient se ressaisir, faire primer l’intérêt de la population et de la cause sur les intérêts partisans... Force est de constater que les choses ont malheureusement empiré», tempête Gherbi, auteur il est vrai, dans le passé, de nombreux coups de gueule au sein de la CICB. Sans autres précisions, les formations politiques «rejetées par la population» et «les autonomistes» sont mis à l’index par Ali Gherbi comme étant derrière la situation de blocage et de non-fonctionnement à laquelle est arrivée la CICB. «Des délégués représentants légitimes et authentiques de leurs propres personnes, qui obéissent au doigt et à l’œil à leur formation politique, viennent au conclave contrer toute perspective ouverte pour le mouvement. Les délégués légitimes de la population, porteurs de son message, s’en retrouvent noyés et neutralisés... plus de 50 % des délégués de la CICB ne représentent qu’eux-mêmes !», lâche Gherbi. Dans le même ordre d’idées, le conférencier soutient qu’«à chaque fois que le mouvement fait courber l’échine au pouvoir en le poussant à formuler des appels au dialogue, les mêmes délégués polémiquent et font monter les enchères pour bloquer l’avancée vers la victoire». Une attitude qui, selon le conférencier, entre en contradiction avec les aspirations de la base. Ainsi, argumente-t-il, le dernier appel au dialogue d’Ouyahia a suscité de l’espoir et un vif intérêt de la population que les conclaves de la CICB n’ont aucunement traduit. Mais de quoi sera fait l’avenir immédiat pour le comité d’El Kseur, la structuration au niveau de la wilaya, la suite des évolutions de la question du dialogue... ? Gherbi et ses pairs, qui promettent de jouer la transparence puisqu’ils comptent informer la population à travers un grand meeting sur les raisons de leur colère, croient que «de nombreuses communes vont les rejoindre». «Ce qui importe pour nous, c’est la justesse de notre démarche et la cohésion de la population, pas celle des délégués», dira Ali Gherbi qui confirme que son comité ne prendra pas part à la prochaine Interwilayas pour ne pas gêner la délégation qui y participera au nom de la wilaya de Béjaïa. Une réunion élargie du comité d’El Kseur est par ailleurs prévue dans les prochains jours pour discuter des moyens de relancer la mobilisation et de reprendre la structuration. Les délégués d’El Kseur cherchent visiblement à fédérer des comités d’autres communes qui partagent le constat. Va-t-on vers une structure parallèle à la CICB ? Par Mourad Slimani -------------------------------------------------------------------------------- Le comité d’El Kseur menace de «reprendre la rue» Lors de la conférence de presse tenue hier à Béjaïa, le porte-parole du Comité de la société civile d’El Kseur (CSC), qui revendique désormais son entière autonomie vis-à-vis de la Coordination de wilaya des archs (CICB), avertit que la structure reprendra les actions de la rue si d’ici la date du 20 août prochain le pouvoir ne répondait pas aux exigences du mouvement. Dans la déclaration rendue publique à l’occasion, le CSC soutient que le pouvoir distille en vain ses «idées machiavéliques» destinées à semer la division. L’allusion est ici claire aux informations ayant circulé depuis avant-hier sur une prétendue rencontre préliminaire du chef du gouvernement avec des animateurs des archs, dont Ali Gherbi. Celui-ci a démenti catégoriquement hier s’être mouillé dans le processus, et trouve que c’est là une autre manœuvre visant à «semer la division et à donner en pâture des délégués du mouvement». Le CSC exige ainsi que «l’opération» de libération des délégués du mouvement soit achevée, avec la libération des cinq détenus de Kherrata, et que «les termes qui ont entaché l’appel du président de la République à la mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur (…)» soit «explicités» de manière à ce que les populations soient «rassurées» sur la sincérité de l’offre. «Ce n’est qu’à ces conditions que pourront réussir les pourparlers préliminaires et aboutir à un dialogue réel et responsable», concluts la déclaration. Par M. S
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