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Libéré hier à Tizi Ouzou Belaïd Abrika a été accueilli en héros Après la libération, lundi, du délégué d’Ath Djenad, Rachid Allouache, ce fut hier, au tour de ses deux compagnons, Belaïd Abrika et Noureddine Medrouk, délégués respectivement de Tizi Ouzou et de Beni Douala, de recouvrer leur liberté. Ces deux délégués devaient être libérés avant-hier, au même titre qu’Allouache, mais la chambre criminelle n’avait toujours pas statué, ce qui a retardé de 24 heures leur mise en liberté. C’est ce retard qui a donné lieu à la propagation, telle une traînée de poudre, de la nouvelle de leur libération éventuelle et provoqué l’afflux de centaines de personnes vers la maison d’arrêt de Tizi Ouzou pour attendre la sortie des deux délégués des aârchs. Sur la seule banderole brandie, il était écrit : «La mise sous l’autorité effective des instances démocratiquement élues de toutes les fonctions exécutives de l’Etat, ainsi que les corps de sécurité.» Il s’agit, en fait, du point n° 11 de la plate-forme d’El-Kseur que d’aucuns jugent comme la revendication la plus difficile à satisfaire. Très tôt hier matin, en effet, ils étaient nombreux à faire le pied de grue devant la maison d’arrêt pour voir, enfin, libres les enfants prodiges du mouvement citoyen. Après une longue attente sous un soleil de plomb, le grand portail de la prison s’ouvre enfin à 11h30 pour laisser apparaître les deux délégués, qui, aussitôt «dehors», ont été happés par un groupe de jeunes. Une marche est ensuite improvisée, en direction du quartier de Belaïd Abrika avec les slogans propres au mouvement citoyen. Une fois au quartier des Genêts, en face de l’hôpital Mohamed-Nedir, Bélaïd Abrika a animé un meeting à travers lequel il a remercié les présents de leur soutien et salué la mobilisation de Tizi Ouzou qui, dira-t-il, «au lendemain du séisme du 21 mai dernier a fait preuve d’une solidarité sans faille envers les sinistrés…» Pendant que ce délégué influent de la CADC s’exprimait du haut d’un escalier, son compagnon de lutte, Rachid Allouache, fendait en larmes, visiblement ému. Concernant l’offre de dialogue d’Ouyahia, l’animateur du meeting dira : «Nous avons besoin de réfléchir… Mais aussi nous exigeons du concret.» Abrika a exprimé hier son intransigeance, clamant haut et fort : «Le combat pacifique doit continuer, jusqu’à la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El-Kseur, quitte à être arrêté de nouveau. Nous sommes prêts à retourner en prison… Nous sommes convaincus de la légitimité de nos revendications.» Et d’ajouter : «Nous ne croyons pas le pouvoir quand il parle avec les sentiments. Cela fait des siècles qu’il le fait…» Par ailleurs, Belaïd Abrika n’a pas caché avoir «été approché par des émissaires» lors de son séjour à la maison d’arrêt de Tizi Ouzou. Une fois son meeting terminé, il s’est dirigé vers son domicile. Bélaïd Abrika rentre chez lui après huit mois d’incarcération. Pour rappel, il a été arrêté le 13 octobre 2002. A. D.
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