L'ELECTION PRESIDENTIELLE PAR LES CHIFFRES

Le ministre de l’Intérieur annonce les résultats

El Watan, 10 avril 2004

Les résultats officiels de l’élection présidentielle 2004 ont été annoncés dans la matinée d’hier à l’hôtel El Aurassi (Alger) par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine Yazid Zerhouni. Les résultats préliminaires ont été comme suit : Abdelaziz Bouteflika a obtenu 83,49 % des suffrages, récoltant 8 489 487 voix, suivi respectivement de Ali Benflis avec un taux de 7,93 % et 806 458 voix, Saâd Djaballah Abdallah avec un taux de 4,84 % et 492 015 voix, Saïd Sadi avec un taux de 1,93 % et 196 434 voix, Louiza Hanoune avec un taux de 1,16 % et 118 367 voix et Ali Fawzi Rebaïne avec un taux de 0,64 % et 65 073 voix.

Le ministre de l’Intérieur a donné aussi d’autres chiffres sur ce scrutin. Le nombre d’inscrits a été de 18 094 555 et le nombre de votants a été estimé à 10 496 083 avec un taux de participation national de 59,26 %. Lors de la présidentielle de 1999, ce taux avait atteint 60,25%. Le nombre de bulletins nuls est de 328 249, soit un nombre de suffrages exprimés de 10 167 834 (96,87 %). Abdelaziz Bouteflika est en tête dans la majorité des wilayas. Saïd Sadi a été le premier à Tizi Ouzou avec 32 308 voix (32,82 %) et Ali Benflis a occupé le premier rang à Mila avec 174 395 voix (78,53 %). A Skikda, le fief de l’islamiste Abdallah Djaballah, le candidat n’a pu faire mieux que de se classer en seconde position derrière Bouteflika avec 28 744 voix (10,11%). A Alger, Bouteflika a raflé la mise avec 553 105 voix (79,31 %), suivi de Ali Benflis avec 66 054 voix (9,47 %) et fermant la marche Rebaïne avec 4403 voix (0,63 %). Même à l’émigration, Bouteflika a tiré son épingle du jeu en se plaçant à la première place avec 77,44 % des voix exprimées. «Les résultats sont en fait la confirmation de ce qui a été observé à l’occasion des meetings, des manifestations populaires et des autres consultations électorales», a affirmé Zerhouni d’une voix monocorde avant de rappeler que «lors de l'élection pour le Conseil de la nation, sur les 28 sièges, la majorité a été emportée par le courant de l’alliance qui supporte Bouteflika (les redresseurs FLN, MSP et RND). 9 sièges ont été remportés par le courant adverse. Cette tendance a été confirmée aussi avec le recueil des signatures de parrainage où le président Bouteflika a récolté 1 800 000 signatures contre moins de 200 000 pour le deuxième candidat. Sur les 3000 meetings organisés lors de la campagne électorale, 2500 ont été animés par Bouteflika et ses sympathisants».Quant au niveau de participation qui peut paraître faible aux yeux de certains, M. Zerhouni a expliqué que ce dernier est imposé par la traditionnelle «abstention incompressible qui ne peut être évitée.» Une situation due, selon ses explications, à la «suppression des bureaux de vote itinérants, des bureaux spéciaux, de l’exode rural, estimé à 500 000 citoyens qui ont fui le terrorisme et qui se sont installés provisoirement dans des villes et des listes non assainies au niveau des consulats à l’étranger». Le scrutin s’est déroulé, selon lui, dans des conditions normales et pacifiques, excepté dans certaines régions du pays qu’il prend soin de nommer (Tizi Ouzou, Béjaïa et Bouira) où «des gens se sont opposés, appartenant principalement à la tendance extrémiste des archs». A Béjaïa par exemple, 150 000 électeurs sur les 419 000 inscrits n’ont pas pu voter. Ces incidents n'ont pas eu de conséquence majeure sur le déroulement du vote. La Kabylie a enregistré une participation qui avoisine les 17%, ce qui est en nette hausse par rapport aux scrutins précédents. M. Zerhouni a réfuté au cours de cette conférence de presse «catégoriquement» toute fraude dans ce scrutin assurant qu'une «surveillance totale» avait été assurée par les représentants de chaque candidat et des observateurs internationaux, ajoutant au passage que «ceux qui ont des doutes n'ont qu'à faire des recours auprès du Conseil constitutionnel».

Par Kamel Benelkadi

 

   
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