Sallat dénonce «les violations et les dépassements»

El Watan, 9 avril 2004

A l’APC d’Alger-Centre, il y a eu, selon lui, des bourrages des urnes de l’ordre de 13 000 voix. «C’est une information que nous avons eue de l’intérieur même de l’APC», a-t-il précisé. L’APC d’Alger-Centre est dirigée par un militant du RND. D’après Sallat, des urnes itinérantes ont carrément disparu dans la wilaya d’El Bayadh. Des bulletins de Sadi, Benflis et Hanoune ont été trouvés jetés en pleine campagne.

«Parfois des encadreurs des bureaux itinérants ont semé les représentants des candidats en cours de route», a-t-il ajouté. Sallat a dénoncé «l’implication directe» des walis et des chefs de daïra. Il a cité les cas des walis de Djelfa et Tissemsilt. «Ils avaient rencontré les citoyens hier et avaient orientés leurs choix électoraux. A Khenchela, le wali a demandé l’annonce avant l’heure des résultats en faveur du président-candidat et a organisé une fête. Le wali de Tiaret a demandé à tous les présidents des APC de se présenter à la wilaya munis de cachets humides, de procès-verbaux vierges et de listes électorales», a annoncé Sallat. Selon lui, des bouteilles d’eau minérale portant la photo de Bouteflika ont été distribuées dans les bureaux de vote à El Tarf et Naâma. A Aïn Defla, les bulletins d’Ali Benflis ont été «déclassés». «A Alger, le ministre du Tourisme organisait lui-même le transport des citoyens vers des bureaux de vote. Les walis délégués de Baraki et Bab El Oued ont refusé d’octroyer des badges aux représentants de notre candidat. Des représentants qui ont subi des violences physiques à Djelfa. Dans cette wilaya, et au mépris de la loi, des hommes sont venus au nom de leurs épouses. On a même distribué des tracts appelant à voter pour le président-candidat dans certaines régions», a-t-il révélé. Dans certaines régions, des représentants des candidats ont été, selon lui, empêchés d’entrer dans les bureaux de vote. «Nous avons même constaté que l’emplacement légal des représentants, qui doivent avoir un regard sur le fichier électoral, n’a pas été respecté. L’instruction du ministère de l’Intérieur, élaborée à cet effet, a été ignorée», a-t-il ajouté. En Kabylie, l’administration n’a pas, selon Sallat, assuré l’acheminement des urnes dans certaines localités comme Bounouh et Fréha. «Dans d’autres, comme à El Kseur, Seddouk et Azazga, aux bureaux de vote, les forces de sécurité ont été passives et ont laissé faire», a-t-il annoncé. Selon Sallat, et d’après les statistiques établies par la permanence électorale de Benflis, le taux de participation était hier, à 17 h, de l’ordre de 14 % à Tizi Ouzou et de 13 % à Béjaïa. Des recours ont été introduits auprès du Conseil constitutionnel et de la Commission politique que préside Saïd Bouchaïr, selon lui. «Cette commission alibi n’a pas répondu à nos recours. Nous constatons que les garanties données sur la transparence du scrutin n’ont pas été réunies», a déclaré Sallat. Mais, selon lui, un second tour n’est pas à écarter.

Par Fayçal Métaoui

 

   
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