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Conférence de presse de la CADC Appel à la population pour rester vigilante par S.T , Le Jeune Indépendant, 8 avril 2004 La Coordination des aârchs, daïras et communes (CADC) accuse ouvertement et sans détours le parti du Dr Sadi d’être derrière l’assassinat du jeune frère de Rachid Allouache, prénommé Hakim né le 14 juin 1980. Cette accusation est tombée comme un couperet, hier, en milieu d’après-midi à l’issue d’une conférence de presse animée à Tizi Ouzou par Bélaïd Abrika, Mouloud Chebheb, Rachid Allouache et Mohamed Iguetoulen. Le délégué de la ville des Genêts estime qu’il y a une similitude entre l’assassinat de Lounès Matoub et celui du jeune Hakim Allouache. «Bélaïd Abrika affirme que ceux qui sèment la haine et la violence viennent de mettre en œuvre leur plan machiavélique, précisant que «la situation est catastrophique». Dans la foulée, le délégué cite dans le lot des actes d’intimidation et d’agressions visant le mouvement citoyen, les cas d’Amor Khodja Ali, membre de la coordination de Tizi N’Tlata et des citoyens de Tizi Rached qui ont été attaqués au cours de la même nuit à arme blanche, kidnappés pour être jetés loin de chez eux. Bélaïd Abrika a conclu son intervention en affirmant que le mouvement citoyen qui est d’essence pacifique demeurera debout face au pouvoir et à ses acolytes, après avoir souligné que des gens armés menacent publiquement des citoyens dans la ville de Tizi Ouzou. Quant à Rachid Allouache, il a assuré que son défunt frère avait reçu et subi des menaces et des insultes quelque temps avant le drame. Le délégué d’Ath Djenad ne cache pas que lui-même n’arrêtait pas de recevoir depuis deux mois des menaces de mort, affirmant que depuis une semaine il a fui son domicile. «Même dans mon magasin, assure le conférencier, un proche parent du Dr Sadi m’a menacé de mort.» Pour Rachid Allouache, la tragédie qui vient de le frapper ainsi que tous les mauvais coups orientés contre le CADC ne sont en fait que le résultat de luttes de clans qui se déroulent au sommet. Et à ce propos, il a indiqué : «S’ils veulent se débarrasser de Bouteflika c’est leur problème, mais qu’ils ne se servent pas de la population.» Enfin, pour clore son intervention il a précisé : «Ni le pouvoir, ni les décideurs, ni les généraux ne me font peur. Je continuerai le combat jusqu’à la fin.» Mouloud Chebab a également affirmé avoir reçu une visite nocturne chez lui et que les menaces à son endroit n’ont pas manqué. Le délégué d’Ath Aïssi qui n’a pas manqué d’accuser le RCD a précisé que son nom ainsi que celui de Bélaïd Abrika ont été inscrits sur la place publique de Béni Daoud pour être qualifiés de «traîtres.» De son côté, Mohamed Iguetoulen, également délégué d’Ath Djenad, a estimé que l’assassinat du frère de Rachid Allouache relève d’un acte ignoble et lâche qui ne sera pas pardonné. Pour lui, il s’agit d’un coup dur pour la famille Allouache, l’aârch d’Ath Djenad et le mouvement citoyen. Il a révélé également que cela fait longtemps que des menaces sont dirigées contre les délégués du mouvement citoyen. «Aujourd’hui, conclut-il c’est la mise à exécution». S. T. ------------------- Fréha (Tizi
Ouzou) par Saïd Tissegouine Le jeune frère du délégué d’Ath-Djenad, Rachid Allouache, prénommé Hakim et âgé de 25 ans, est mort, dans la nuit de mardi à mercredi derniers, dans un incendie criminel qui a visé sa librairie de Fréha. Selon le rapport d’autopsie établi hier au CHU de Tizi Ouzou par le médecin légiste, la victime est morte à la suite de l’inhalation de l’oxyde de carbone. Quant à l’origine de l’incendie, elle est d’ordre criminel, selon les premières informations. Cependant, les animateurs de la CADC accusent ouvertement le RCD d’être l’auteur de cet acte criminel. Le RCD, quant à lui, accuse «les services occultes de Yazid Zerhouni». Un cadre du parti du Dr Sadi a affirmé que ce sont les militants du RCD qui ont affronté les flammes afin de faire sortir la victime du magasin pour l’évacuer vers l’hôpital d’Azazga. La victime a rendu son dernier soupir à l’hôpital. Les services de sécurité ont ouvert une enquête pour connaître les dessous de cette grave affaire. En tout cas, la consternation a atteint hier son paroxysme à Tizi Ouzou. Dans la même nuit et presque au même moment, le siège du conseil communal du RCD de Tizi Ouzou a été attaqué par un groupe de jeunes armés de gourdins et de poignards. Un affrontement sans merci a eu lieu ensuite entre les assaillants et les quelques militants du RCD qui assuraient la permanence. Le bilan de l’affrontement est lourd : du côté du RCD, on dénombre 3 blessés graves, dont un a eu la jambe cassée, et du côté des assaillants on dénombre 2 blessés. La voiture de M. Hakim Saheb, un cadre du parti, a été également saccagée par les jeunes assaillants. Les éléments de la police qui sont intervenus pour mettre fin à l’échauffourée ont été sérieusement malmenés par les émeutiers. Un commissaire de police, très connu à Tizi Ouzou, a même été menacé avec un poignard par l’un des assaillants. Le fonctionnaire de la police n’a pas usé de son arme de service. Pourtant sa vie a été sérieusement menacée. Enfin, signalons qu’au cours de la même nuit, le nommé Amar Khodja Ali, âgé de 33 ans, demeurant au village Aït-Abdelmoumène, commune de Tizi N’tlata, a été agressé à l’arme blanche par des individus dont un est son propre cousin. Cela s’est passé au moment où il s’apprêtait à rentrer chez lui. Le malheureux a été blessé à la hanche gauche et à l’avant-bras gauche. Rencontrée hier, à Tizi Ouzou, la victime a accusé le RCD. Un autre citoyen de Tizi Rached a subi également la même agression de la part d’inconnus. S. T. --------------- Déclaration de l’APW de Tizi Ouzou : la Kabylie ciblée intentionnellement par R.N «La Kabylie, encore une fois, est ciblée intentionnellement par des pyromanes sans scrupules, par des prédateurs, des mutants d’une société difforme, manipulés à outrance.» C’est ce qu’a déclaré hier l’APW de Tizi Ouzou, à propos de l’incendie criminel qui a coûté la vie, dans la nuit du mardi à mercredi dernier, au frère de M. Rachid Allouache, délégué d’Ath Djenad, ex-détenu du mouvement citoyen. Dans une déclaration rendue publique hier, cette assemblée composée d’élus majoritairement FFS a qualifié le rendez-vous électoral d’aujourd’hui de «scrutin porteur de tous les dangers» et affirmé que «la surenchère politique, la course au fauteuil à tout prix a enregistré sa première victime». Ladite déclaration, qui écarte l’inadvertance dans les faits qui se sont produits à Fréha, que les élus «condamnent énergiquement», a mis en exergue une menace sur la «stabilité du pays en général et de la Kabylie en particulier», y lit-on. «Où veut-on mener cette région [Kabylie ndlr] ? Au nom de quel avenir peut-on tuer ?» s’interrogent les élus. Ces derniers ont appelé la population à «plus de vigilance et de discernement», lui rappelant que «la vie est précieuse et ne mérite pas d’être gâchée pour des intérêts mercantiles et mesquins». A. D.
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