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M.
Bouteflika devrait être réélu
et ses partisans célèbrent déjà sa victoire
ALGER, 9 avr (AFP,
00h 55)
Le président sortant Abdelaziz Bouteflika devrait être réélu
pour un second quinquennat et ses partisans n'ont pas attendu l'annonce officielle
des résultats de l'élection présidentielle de jeudi pour
célébrer sa victoire, alors que trois de ses adversaires crient à la
fraude.
Ces derniers n'ont pas également attendu la fin du scrutin, marqué par
un duel avec son ancien chef de gouvernement Ali Benflis, pour dénoncer
une "fraude qui a commencé à fonctionner".
Les résultats officiels seront annoncés vendredi dans la matinée
par le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni.
Trois candidats, Saïd Sadi, Abdallah Djaballah et Ali Benflis, ont affirmé que "des
informations" en leur possession indiqueraient qu'aucun des six candidats
ne serait élu jeudi.
"A la lumière d'informations recueillies auprès de toutes
les permanences des trois candidats (...) il s'est avéré que la
tendance générale va vers un scrutin à deux tours",
ont indiqué ces adversaires de M. Bouteflika dans un communiqué parvenu
jeudi soir à l'AFP, avant la clôture officielle du scrutin.
Si aucun candidat n'avait obtenu la majorité des suffrages, un second
tour aurait été nécessaire, ce qui aurait constitué une
première en Algérie.
La direction de campagne du président sortant Abdelaziz Bouteflika a
très rapidement répliqué en accusant ces adversaires de
vouloir s'imposer en recourant à "la rue", dans un communiqué reçu
jeudi soir par l'AFP.
D'ailleurs, une manifestation conduite par ces trois candidats a été réprimée
jeudi soir à Alger par la police, alors que les sympathisants de M.
Bouteflika parcouraient, dans la liesse, la capitale.
Voyant "une claire volonté de recourir à la rue pour imposer
le fait accompli" de la part de ces trois candidats, la permanence de
M. Bouteflika a averti "qu'un tel procédé, expression d'un échec
annoncé, est porteur de dangers graves pour toute la Nation".
Le scrutin pour désigner le troisième président de l'ère
pluraliste en Algérie s'est déroulé dans le calme, sauf
en Kabylie (est d'Alger) où des incidents ont été signalés.
En Kabylie, en fronde ouverte contre l e pouvoir d'Alger, 612 bureaux de vote
ont été "saccagés" ou "empêchés
d'ouvrir" par des jeunes gens répondant au mot d'ordre de grève
d'une aile des âarchs (tribus kabyles) hostile à cette élection,
a indiqué vendredi M. Zerhouni.
Malgré ces incidents, sans conséquence majeure sur le déroulement
du scrutin, la Kabylie a continué à voter enregistrant un taux
de participation à la clôture du scrutin, de 15,71% à Béjaïa,
17,80% à Tizi Ouzou et 47,56% à Bouira, selon des chiffres officiels.
Bouira ne comprend qu'une petite partie de zones berbérophones.
Le taux de participation s'établissait au plan national à 57,78%,
y compris l'émigration. Lors de la présidentielle de 1999, ce
taux était de 60,25%.
Dix-huit millions d'Algériens étaient appelés dans 40.000
bureaux de vote pour élire leur président dans un scrutin "ouvert" pour
lequel l'armée, qui a toujours fait et défait les chefs d'Etat,
avait pour la première fois affiché son impartialité.
Son patron, le général de corps d'armée Mohamed Lamari,
a déclaré à plusieurs reprises que l'armée ne "soutenait" ni "n'était
contre" aucun des candidats.
En outre, 124 observateurs internationaux ont supervisé ce scrutin,
pour lequel la loi électorale a été amendée et
permet aux candidats et à leurs représentants de suivre toutes
les opérations de vote et de dépouillement.
Outre MM. Bouteflika, Benflis, patron du Front de libération Nationale
(FLN, ex-parti unique), Saïd Sadi, chef du Rassemblement pour la culture
et la démocratie (RCD, opposition laïque), Abdallah Djaballah,
président du Mouvement de la réforme nationale (MRN, islamiste
radical), se sont présentés la porte-parole du Parti des Travailleurs
Louisa Hanoune (PT, trotskyste) et Ali Fawzi Rebaïne, président
d'Ahd-54, un petit parti nationaliste.
L'affluence était relativement importante dans les banlieues populaires
d'Alger alors que, comme de coutume, elle était faible dans les quartiers
chics des hauteurs et le centre-ville.
L'Algérie a vécu sous le régime du parti unique du FLN
jusqu'en 1989 quand le multipartisme a été institué. La
première présidentielle pluraliste avait vu la victoire du général
Liamine Zeroual en 1995, la deuxième celle de M. Bouteflika, en avril
1999.
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