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KABYLIE
La scène politique se recompose
L'Expression,
13 avril 2004
Le candidat du RCD
n’a
pas eu la main heureuse en Kabylie.
Après le scrutin de la présidentielle du 8 avril, la Kabylie
a montré une autre de ses facettes que personne ne semblait appréhender.
Dans le monde médiatique ainsi et contrairement aux attentes,
le candidat Saïd Sadi n’a eu que la troisième place à Bouira
et à Béjaïa, où Saïd Sadi a compté seulement
25,03% des voix, après Bouteflika qui lui, a obtenu 30,23% des
suffrages, alors qu’à Bouira, le candidat du RCD n’a
arraché que la troisième place avec 05,69% des voix.
Certes, à Tizi Ouzou, Sadi s’était classé en
tête. Ailleurs, dans les autres wilayas, le candidat Sadi s’était
placé à plusieurs reprises à la quatrième
ou à la cinquième position. Et dans les wilayas de Mila,
Aïn-Témouchent et Tlemcen, il avait fermé la marche.
Le candidats du RCD n’a pas eu la main heureuse en Kabylie. Il
faut croire que les électeurs n’ont pas compris la participation
du RCD lors de la présidentielle, alors qu’il était
tout feu, tout flamme contre les élections locales.
Par ailleurs, à la base de cette désaffection populaire,
il y a également lieu de souligner que Sadi avait fait le vide
autour de lui. De Mokane Aït-Larbi à Amara Benyounès,
nombreux sont les cadres ayant soit été poussé à la
porte, soit ayant démissionné. Cela peut expliquer la déroute
de Sadi, lors du dernier scrutin.
En effet, alors qu’à Tizi Ouzou, il avait pu compter 80%
des suffrages exprimés lors de la présidentielle de 1995
et toujours lors du même scrutin, 10% au niveau national, Sadi
vient de recenser avec sa seconde déconfiture à la magistrature
suprême, une «dégelée» royale. La Kabylie
que le RCD pensait être le vivier électoral dans lequel
Sadi pouvait puiser à pleines mains, s’est révélée être
en fait, aussi plurielle que les autres régions du pays. Le régionalisme
n’a pas marché et c’est tant mieux pour le pays.
A Tizi Ouzou que le RCD pensait totalement acquise à son candidat,
le président-candidat s’en était très honorablement
sorti. A Béjaïa, M. Bouteflika a ravi la première
place.
Il faut dire que le «statu quo» dans lequel semble baigner
la Kabylie, même si d’aucuns pensent que les solutions à la
crise semblent difficiles, s’estompe doucement. Les forces politiques
ayant marqué au moins une certaine retenue, lors des événements
du printemps noir, donnent des signes d’un retour en force sur
la scène politique kabyle. D’abord, le vieux parti d’opposition,
le FFS, après un passage à vide, en fait une période
consacrée à la réorganisation des sections et des
fédérations et commence à recenser le retour en
force de ses militants.
La dernière sortie sur le terrain des leaders et des médaillés
de rhétorique du FFS, a réellement secoué la Kabylie.
Aujourd’hui, on peut sans grand risque d’erreur affirmer
que le FFS apparaît comme une force incontournable sur l’échiquier
régional.
Ce qui arrive actuellement à l’aile FLN pro-Benflis disqualifie
pour l’heure ce parti, au profit du RND. Alors que l’UDR
de M.Amara Benyounès semble avoir choisi le wait and see. Très
peu présents sur la scène régionale, les partis
islamistes légaux n’ont pas réellement réussi à se
placer, à la faveur de la campagne électorale. Il reste
que ce qu’il y a de certain pour l’heure, c’est l’important
recul du RCD.
A. SAÏD
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