Algérie: trois candidats s'inquiétent de la régularité du scrutin

L'Express, 07 avril 2004


ALGER (AFP) - Trois adversaires du président sortant Abdelaziz Bouteflika ont exprimé leur inquiétude sur la régularité du scrutin présidentiel de jeudi à la suite d'une émission de la télévision d'Etat promettant d'annoncer sa victoire avant l'annonce officielle des résultats.

Un communiqué commun a dénoncé mercredi un "complot" et menacé de "rejeter" les résultats du scrutin. Il est signé par Ali Benflis, patron du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), le plus dangereux adversaire de M. Bouteflika, Saïd Sadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque) et Abdallah Djaballah, président du Mouvement de la réforme nationale (MRN, islamiste radical).

"Nous invitons les institutions de la République, concernées par la protection de la Constitution à veiller sur la sécurité et l'ordre général, et à arrêter ce complot", ont indiqué ces trois candidats dans une allusion à l'armée "garante des institutions". L'armée avait annoncé sa "neutralité" pour cette élection, suscitant des réactions de certains candidats, craignant que cette neutralité ne se transforme en "'passivité", laissant libre cours à l'administration d'organiser la fraude, la hantise des adversaires de M. Bouteflika échaudés par les précédents scrutin entachés de fraude.

La télévison d'Etat a, lundi, lors d'une émission consacrée à l'élection présidentielle, fait état de sondages donnant M. Bouteflika vainqueur de cette élection dès le premier tour avec 53 à 55% des suffrages. Les trois signataires "prennent à témoin l'opinion nationale et internationale" et "endossent au président-candidat l'entière responsabilité des dérapages qui découleraient de tout hold-up de la volonté populaire".

Les autorités ont réaffirmé leur volonté d'organiser un scrutin "transparent" et "honnête", mettant en avant "les garanties" offertes par l"amendement de la loi électorale permettant aux candidats de surveiller les bureaux de vote et les urnes et la présence d'observateurs internationaux. "Si, avec toutes ces garanties, on crie à la fraude, c'est qu'on a peur des résultats et du choix du peuple", a estimé le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia dans une déclaration mercredi au quotidien gouvernemental El Moudjahid.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni a affirmé au journal L'Authentique que "cette élection sera transparente, car le dispositif de contrôle mis en place est un des plus performants au monde". La porte-parole du parti des travailleurs (PT-extrême gauche) Louisa Hanoune, et le chef d'un petit parti "Ahd-54", Ali Fawzi Rebaïne, sont également candidats à cette élection. Dix-huit millions d'Algériens sont convoqués aux urnes répartis dans 40.000 bueaux de vote.

 

   
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