|
|||||
Algérie: forte mobilisation pour l'élection présidentielle L'élection du troisième président de l'ère pluraliste en Algérie a commencé jeudi à 08H00 (07H00 GMT) avec six candidats en lice dans les 40.000 bureaux de vote du pays et une forte mobilisation des partisans des deux favoris, Abdelaziz Bouteflika et Ali Benflis. Dix-huit millions d'Algériens sont appelés aux urnes pour désigner leur président dans un scrutin "ouvert" dans lequel l'armée, qui a toujours pesé lourd dans la vie politique algérienne a, pour la première fois, affiché sa "neutralité". Son patron, le général de corps d'armée, Mohamed Lamari, a déclaré à plusieurs reprises que l'armée ne "soutenait" et "n'était contre" aucun candidat. Outre le président sortant Abdelaziz Bouteflika et son ancien homme de confiance Ali Benflis, patron du Front de libération Nationale (FLN, ex-parti unique), se présentent la porte-parole du Parti des Travailleurs Louisa Hanoune (PT, trotskyste) Saïd Sadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque), Abdallah Djaballah, président du Mouvement de la réforme nationale (MRN, islamiste radical), et Ali Fawzi Rebaïne, président d'Ahd-54, un petit parti nationaliste. Certains bureaux de vote ont ouvert quelques minutes avant l'heure officielle, dans un quartier populaire de la banlieue est d'Alger où l'affluence était relativement forte par rapport aux quartiers résidentiels et le centre d'Alger. "Je viens voter, parce que je crois que, pour la première fois, le vote est libre", affirme Samir, la quarantaine, "mais je serais vraiment déçu si j'apprends, par la suite, qu'il y a eu des magouilles". Du coté des bureaux des femmes, qui votent à part, il n'y a encore personne. "Les femmes, traditionnellement, votent l'après-midi et viennent en groupe", explique Mourad, le badge de surveillant bien en vue sur son veston. Des bureaux d'Alger où sont attendues des personnalités, notamment les six candidats, sont étroitement encadrés par les services de police. La ville est calme, les marchés et les commerces sont ouverts, la circulation automobile est fluide en ce premier jour de week-end en Algérie sous un soleil printanier. En province, les opérations ont également débuté normalement et dans le calme. A Tizi Ouzou (Kabylie), la Radio d'Etat a fait état d'une "affluence timide" et la télévision d'Etat a montré, en direct, des groupes clairsemés autour de certains bureaux de vote. Si aucun candidat n'obtient la majorité des suffrages, un second tour est prévu pour cette élection, ce qui serait une première en Algérie. L'Algérie a vécu sous le régime du parti unique du FLN jusqu'en 1989 quand le multipartisme a été institué. La première élection présidentielle pluraliste avait vu la victoire du général Liamine Zeroual en 1995, la deuxième celle de M. Bouteflika en avril 1999. La campagne électorale qui s'est achevée lundi dans le calme a été marquée par une grande liberté de ton des six candidats et une rivalité entre les partisans de MM. Bouteflika et Benflis qui a bénéficié de la machine électorale du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), dont il est le patron. Les deux hommes ont été au coude à coude dans la plupart des 48 wilayas (départements) du pays qu'ils ont sillonnées, avec un meilleur accueil pour M. Benflis en Kabylie (est d'Alger) et pour M. Bouteflika dans l'ouest algérien. La Kabylie est en fronde ouverte contre le pouvoir central depuis les émeutes d'avril-mai 2001 qui ont fait plus de 100 morts. Les émeutes, restées sporadiques depuis, ont éclaté lors de la visite, la semaine dernière, de M. Bouteflika à Tizi Ouzou.
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||