Lettre ouverte au peuple algérien en général et aux candidats aux présidentielle

Au nom de Dieu Tout Miséricordieux, Très Miséricordieux.

Front Islamique du Salut
Bureau Exécutif National

Lettre ouverte au peuple algérien en général et aux candidats aux élections présidentielles en particulier

9 Safar 1425 H / 30 mars 2004

Allah, le Tout Miséricordieux, dit : «Certes, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité» (Coran, 4 :58)

Le Prophète, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « La religion c’est le conseil. Nous [les compagnons du Prophète] avons demandé : A qui ? Il a répondu : à Dieu, à Son Livre, à Son Prophète, aux dirigeants et aux musulmans en général. »

Peuple algérien,

Candidats aux élections présidentielles,

Les élections du 8 avril 2004 se déroulent dans un contexte politique amer caractérisé par la persistance dans l’exclusion de certains projets politiques, et de l’empêchement de nombre de candidats capables de concourir en vue de gagner la confiance du peuple. Ces élections ont lieu sans que les libertés du peuple ne lui soient restituées et sans que des garanties pour le respect de sa volonté et son choix ne soient données, exacerbant ainsi la souffrance et réduisant les chances d’une solution radicale à la crise algérienne.

Malgré cette réalité politique, qui a conduit certains de nos frères à prendre des positions et annoncer des avis ne représentant que leur propre opinion et n’exprimant en aucun cas la position officielle du Front Islamique du Salut qui a été empêché par la répression, l’exclusion et le harcèlement de pratiquer son droit légitime à l’action politique, malgré cela et afin d’établir la preuve devant Dieu et devant l’opinion publique nationale et internationale, et pour ne pas être une entrave à tout espoir, même minime, qui pourrait aider le peuple algérien à sortir de la crise multidimensionnelle qui le ronge, et avant de prendre notre position définitive, nous nous adressons à tous les candidats aux présidentielles leur demandant de préciser leur position, et d’afficher clairement devant le peuple algérien leurs engagement et promesse, concernant les questions suivantes :

• Quels sont les moyens de préserver et promouvoir les constantes de la nation et ses éléments constitutifs existentiels, à savoir : la religion islamique, la langue arabe, la langue amazighe, et son union nationale ?

• Quelles sont les mesures pratiques, juridiques et institutionnelles, pour garantir la jouissance de tous les Algériens de leurs libertés fondamentales dans les domaines politique, social, médiatique, caritatif et de prédication, ainsi que de leurs droits de citoyenneté et des droits de l’homme ?

• Quelles sont les mesures aptes à traiter les conséquences de la confiscation du choix du peuple lors des élections de décembre 1991, notamment pour :

o La levée de l’état d’urgence, la résolution de la crise sécuritaire et l’arrêt de l’effusion de sang ?
o Le dévoilement de la vérité sur les enlèvements et les disparitions forcées ?
o La libération des prisonniers politiques ?
o La restitution des droits des citoyens exclus de leurs postes de travail à cause de leur appartenance politique ?
o La prise en charge des victimes de la tragédie nationale sans discrimination ni exception ?
o La levée des interdits prononcés à l’encontre des dirigeants du Front Islamique du Salut et l’arrêt des poursuites et des restrictions décrétées dans le cadre du conflit, et la restitution des droits civiques à ceux qui en ont été destitués ?
o Le retour des exilés qui ont fui la répression du pouvoir et qui ont été forcés de quitter leur pays ?

• Quelles sont les mesures effectives pour préserver et développer les ressources nationales et les distribuer équitablement entre les divers segments de la société et les différentes régions du pays, dans le cadre d’une politique cohérente de développement économique et social ?

• Etant donné que le slogan de la réconciliation nationale a été instrumentalisé à plusieurs desseins, le candidat est tenu à préciser ce qu’il entend par ladite réconciliation nationale et les mesures pratiques de sa mise en œuvre ? Il est aussi interpellé sur sa position par rapport à la tenue d’un congrès national de la réconciliation regroupant tous les partis représentatifs, y compris le FIS, ainsi que les organisations et les personnalités nationales, en vue de dégager une issue politique, juste et globale au conflit ?

• Quelles sont les réformes constitutionnelles à effectuer pour renforcer la souveraineté populaire, le respect de ses choix et son contrôle sur les institutions, et pour consacrer la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et le confinement de l’armée à ses prérogatives constitutionnelles ?

Sur la base des réponses des candidats à ce qui précède, nous prendrons la position qui convient au mieux pour défendre les intérêts du peuple, et être fidèle à ses principes, ses éléments constitutifs et ses sacrifices.

Signé par:

Madani Abbassi, président du Front Islamique du Salut
Abdelkader Boukhamkham, Ali Jeddi, Kamal Guemazi, Omar Abdelkader
Mourad Dhina (au nom du Bureau exécutif national du Front Islamique du Salut)

Note : seuls les interdits illégaux et illégitimes imposés à cheikh Ali Benhadj l'ont empêché de signer cette lettre.

 

   
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