Communiqué

Front Islamique du Salut
Bureau Exécutif National

Communiqué (traduction)

21 Safar 1425 H / 11 avril 2004

Allah, le Tout Miséricordieux, dit : «Certes, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité» (Coran, 4 :58)

Le Prophète, que la paix et le salut soient sur lui, a dit : « La religion c’est le conseil. Nous [les compagnons du Prophète] avons demandé : A qui ? Il a répondu : à Dieu, à Son Livre, à Son Prophète, aux dirigeants et aux musulmans en général. »

Dans notre « Lettre ouverte au peuple algérien en général et aux candidats aux élections présidentielles en particulier » du 30 mars 2004, une semaine avant le scrutin, vous avons œuvré en vue de permettre aux électeurs de prendre connaissance des programmes des différents candidats afin qu’ils fassent leur choix en connaissance de cause.

Par ailleurs, dans notre « Appel au peuple algérien » du 5 avril 2004, à la fin de la campagne électorale, nous avons insisté pour souligner l’absence des conditions nécessaires au bon déroulement de ces élections telles que la liberté, la justice, la sécurité, le contrôle effectif, ainsi que la purification de la scène politique des multiples séquelles du coup d’Etat de janvier 1992 contre la légitimité. Cependant, ceci ne nous a pas empêché de conclure notre Appel en précisant que nous continuerons à observer attentivement les développements sur la scène politique afin de ne laisser passer aucune opportunité au peuple algérien qui lui permette de recouvrer sa sécurité, sa liberté, sa souveraineté politique, et qui aide au rétablissement de la légitimité, la stabilité et la prospérité en Algérie.

Ainsi, indépendamment du débat controversé qu’a suscité l’issue de ces élections parmi les candidats, de l’abstention, du climat qui a précédé le scrutin et des ressources financières et les moyens colossaux mobilisés pour garantir le résultat des élections, nous considérons que ce résultat peut jouer en faveur du président comme il peut jouer en sa défaveur. Nous attendons, et ce malgré nos réserves connues et tout ce que nous avons enduré, pour voir s’il réalisera l’espoir que ce résultat lui donne le pouvoir de dépasser tous les interdits et les pressions qui empêchent la réalisation d’une véritable réconciliation, au nom de laquelle il a mené campagne lors de trois échéances électorales consécutives. Il pourra y contribuer significativement en décidant de :

· Lever la souffrance des victimes de la crise nationale : les familles des disparus, les détenus, ceux privés de leurs sources de subsistance, ceux qui ont été contraints de quitter leur pays et ceux destitués de leurs droits civils et politiques.
· Lever l’état d’urgence et rétablir les libertés pour tous les Algériens.
· Organiser une conférence nationale pour la réconciliation regroupant toutes les parties y compris la direction du FIS.

Nous attendons également qu’il utilise ce résultat en vue de sécuriser l’Algérie contre les dangers qui menacent son unité et son indépendance.

Nous jugerons les actions selon leur concordance avec les déclarations et leur capacité de préserver les principes et défendre les intérêts du peuple algérien et réaliser ses aspirations.

Nous prendrons la position qui convient pour soutenir toute initiative bonne et sérieuse, et, avec l’aide de Dieu, nous ne renoncerons jamais à nos droits légitimes et inaliénables qui, à l’instar de tous les Algériens, portent sur la liberté, la sécurité, la justice, et être au service de la religion, du peuple et de la patrie.

Signé par:

Madani Abbassi, président du Front Islamique du Salut
Abdelkader Boukhamkham, Ali Jeddi, Kamal Guemazi, Omar Abdelkader
Mourad Dhina (au nom du Bureau exécutif national du Front Islamique du Salut)

Note : seuls les interdits illégaux et illégitimes imposés à cheikh Ali Benhadj l'ont empêché de signer cette lettre.

 

   
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