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Les régions touchées par le terrorisme ont voté Bouteflika Un scrutin à dominante sécuritaire El Watan, 11 avril 2004 Les résultats du scrutin présidentiel du 8 avril révèlent un fait surprenant. Les scores les plus importants obtenus par Bouteflika ont été enregistrés dans les wilayas les plus touchées par le terrorisme. Ils dépassent souvent la barre des 90 % des voix exprimées
ne laissant que des miettes pour les candidats qui se placent en deuxième
position. A Tissemsilt par exemple, Bouteflika a obtenu 95, 47 % des
suffrages exprimés avec 104 390 voix sur Le poids de la grâce amnistiante Les forts taux de voix exprimées en faveur de Bouteflika ont été également enregistrés dans les wilayas où réside le plus grand nombre de repentis et de terroristes ayant bénéficié de la grâce amnistiante décrétée par Bouteflika en 2000. Il est vrai que cette catégorie de la population n’a pas le droit de voter. Néanmoins, les consignes de vote pour Bouteflika ont été largement suivies au sein de leurs familles et proches. A Jijel, où se trouvait le «quartier général» de l’organisation terroriste de Madani Mezrag, Bouteflika a obtenu 73,83 % des voix, soit 111 093 bulletins sur 115 937. Il est suivi d’Ali Benflis, avec 31 840 voix, soit 7,77 % des suffrages. A Médéa, wilaya où activaient les terroristes d’Ali Belhadjar, le taux de participation a atteint 60,57 % avec un score de 90,69 % (229 409 voix sur 260 614 exprimées) pour Bouteflika. La deuxième position est revenue à Abdallah Djaballah avec 10 074 voix, soit 3,98 %. La wilaya de Chlef, région où sévissait l’organisation criminelle du terroriste Ahmed Benaïcha, a enregistré un taux de participation de 65,80 %. Bouteflika a obtenu 308 853 voix sur les 341 092 votants, soit un score de 93,6 % des suffrages. Ali Benflis, classé en deuxième position, a obtenu 8399 voix, soit 2,53 % des suffrages. A El Oued, ville où de nombreux repentis du GSPC résident, la participation au scrutin était de 56,12 %, et Bouteflika a obtenu 114 884 voix sur les 133 215 votants, soit 88,9 %. Abdallah Djaballah, qui vient après, a eu 8 217 voix, soit 6,30 % de celles exprimées. Population meurtrie Naâma qui a enregistré un fort taux de participation, soit 71,57 %, a voté à 91,80 % pour Bouteflika, soit 60 117 voix sur 67 476 votants. Abdallah Djaballah, classé deuxième, a obtenu 2236 voix, soit 3,41 % des suffrages. Même à Skikda, Bouteflika est sorti gagnant avec 79, 83 % des voix, suivi d’Abdallah Djaballah avec 10, 11 % des voix. A Souk Ahras, il a eu 84,24 % des voix, alors que Benflis, classé deuxième, a obtenu 7,49 % des suffrages. Ces chiffres montrent que dans ces régions meurtries par le terrorisme, la population a voté «sécurité». Ceux qui ont donné leurs voix à Bouteflika ont justifié leur choix par le fait que «depuis son arrivée à la tête de l’Etat, les villes et villages ont retrouvé la quiétude d’antan». Expliquer que cette «sécurité» a été le fruit des sacrifices des éléments de l’ANP, des Patriotes, et des citoyens durant les années rouges de la décennie écoulée a été vaine. A retenir également que dans ces wilayas, la deuxième position a été occupée par Abdallah Djaballah (à des exceptions près). En effet, même si les pourcentages du leader d’El Islah sont faibles, ils montrent au moins que ces régions constituent le terreau de l’islamisme politique. Les mêmes résultats, rappelons-le, ont été enregistrés durant l'élection présidentielle de 1999. Ce qui prouve que l’électorat d’Abdallah Djaballah reste toujours le même. Par S. T.
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