CONFERENCE DE PRESSE DU FFS

«Il n’y a eu aucun deal entre Bouteflika et Aït Ahmed»

Le Quotidien d'Òran, 14 avril 2004

Après plusieurs mois de silence, le FFS est sortit hier de sa réserve, commentant à sa manière les résultats des élections présidentielles, en organisant au siège du parti, une conférence de presse. C’est le premier secrétaire national du FFS, M. Djoudi Mammeri, entouré de plusieurs militants, et en l’absence du secrétaire de l’information et celui de l’organique, qui a animé la conférence de presse.

Ainsi, dans sa déclaration liminaire, le premier secrétaire du parti d’Aït Ahmed a récusé les résultats de ces élections, dénoncés «comme le résultat d’une fraude généralisée». «Bouteflika a fait sa campagne comme Saddam», a déclaré le responsable du FFS, qui n’a pas voulu commenter la débâcle des candidats de l’opposition, précisant que ces derniers «ont été manipulés, en donnant un cachet démocratique à ces élections».

Le responsable national du FFS s’est réjoui par contre du taux important d’abstention, indiquant que la majorité des Algériens ont boudé les urnes malgré tous les sondages, avant d’ajouter que les «résultats des élections étaient connus d’avance». M. Djoudi a déclaré aussi : «un constat qui a convaincu le FFS de ne pas participer aux élections présidentielles, puisque la direction du parti a eu des contacts avec les hauts responsables du pouvoir qui voulaient nous faire croire que les élections étaient propres et honnêtes». «Des contacts ont été interrompus après le refus de répondre à une question fondamentale posée par le président M. Aït Ahmed», a précisé M. Djoudi, sans pour autant donner des explications sur cette fameuse question.

Le premier secrétaire du FFS, a également démenti formellement l’existence d’un deal entre Bouteflika et Aït Ahmed, au sujet des présidentielles. Deal qui aurait été conclu, selon les observateurs, lors d’un déplacement privé du chef de l’Etat à Genève où il a rendu où visite au roi Fahd d’Arabie Saoudite.

Visiblement très mal à l’aise quand il s’agit de questions relatives au parti, le secrétaire national du FFS a également démenti les informations de dissolution des fédérations d’Alger du FFS, accusées d’être proche de Djeddaï qui, au passage, s’est envolé le même jour à Paris et n’était pas présent lors de cette rencontre. Dans un autre registre, il reconnaît l’existence de contacts entre les dirigeants du FFS et certaines personnalités politiques telles que Mehri et Hamrouche. Questionné sur l’éventualité d’une dissolution de l’APN et la participation probable du FFS à une élection législative anticipée, M. Djoudi est convaincu qu’il n’y aura pas de dissolution : «même si c’était le cas, c’est le Conseil national qui prend la décision politique de participer», a-t-il ajouté. Pour ce qui est de la défaite du RCD en Kabylie et de la concurrence de l’UDR d’Amara Benyounès, dans la région, M. Djoudi a déclaré : »la scène politique en Kabylie est encombrée, mais je ne vais pas répondre comme Saïd Sadi, et je dirais qu’on n’a pas peur de la concurrence, dans la mesure où il y a une pratique loyale de la politique dans la région».

Enfin, invité à commenter la venue du président français Jacques Chirac en Algérie jeudi, M. Djoudi a eu cette réponse en présence d’un représentant de l’ambassade de France, »l’Algérie dort sur 33 milliards de dollars, il est tout à fait normal que Chirac vienne pour la passation des marchés», avant d’ajouter, »l’ambassade de France a eu des instructions pour rester neutre durant cette élection et Chirac est venu aussi se faire pardonner d’avoir reçu Benflis comme un chef d’Etat».

Salim Bey

 

   
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