Observation du processus électoral

Les Américains se félicitent de cette opportunité qui leur est offerte en Algérie

par Mohamed Tayeb, Le Jeune Indépendant, 8 avril 2004

Officiellement, Washington observe le silence et la retenue de circonstance pour ce qui est du déroulement du processus électoral en cours en Algérie. Mais l’Amérique ne s’empêche pas de faire comprendre, par divers canaux, qu’elle reste attentive à l’évolution de l’opération, mais surtout curieuse d’en connaître l’aboutissement.

Par la voix d’un membre éminent du congrès, en l’occurrence le sénateur Richard Lugar qui préside la commission des relations internationales, les Etats-Unis soulignent que le scrutin de ce 8 avril est certainement «l’aboutissement d’un désir fort de démocratie».

Mais le plus important, selon le sénateur, reste de «connaître l’opinion des électeurs sur la liberté dont ont joui les candidats en termes d’accès aux médias et leur contact avec la population». Exprimant son souhait de pouvoir «observer et écouter» la réaction des électeurs après l’annonce des résultats du scrutin, M. Lugar a rappelé qu’il s’agit là d’éléments que nous, hommes politiques, estimons nécessaires pour un bon déroulement de la campagne électorale et de la démocratie en général».

Arrivée à Alger mercredi, dans le cadre d’une mission d’observation de ces élections, Mme Sheila Jackson Lee, membre démocrate du congrès, a abondé dans le même sens, confirmant par la même occasion le souci premier de Washington, à savoir qu’une élection réussie se mesure d’abord et avant tout à l’aune des éléments définis par le président de la commission sénatoriale des relations internationales.

Ce faisant, Mme Jackson a bien confirmé, par ailleurs, le souci et la curiosité des Etats-Unis d’observer le cheminement du processus démocratique et électoral algérien, et surtout son aboutissement. D’aucuns avancent déjà, dans le cas où aucun dérapage sérieux n’est constaté et qu’un second tour s’impose pour départager deux candidats en ballottage, que le cas algérien sera érigé en modèle d’ouverture démocratique que les pays de la région pourraient être appelés à suivre, surtout que les Etats-Unis tentent actuellement de faire agréer au niveau du monde arabe son initiative pour le Grand Moyen-Orient pour imposer les réformes nécessaires devant mener les pays concernés vers plus de démocratie et d’ouverture au monde.

Pour ne pas avoir à exprimer leur déception, comme cela a été le cas à l’issue de l’élection de 1999 entachée d’accusations de fraude et marquée par le retrait de six candidats, Washington a pris les devants en prenant langue avec les autorités algériennes bien avant le début de la campagne électorale.

En décembre dernier, Colin Powell qui venait de rencontrer Bouteflika à Alger avait clairement indiqué que le message qu’il venait de délivrer au président algérien est que «nous encourageons une participation pleine et transparente de tous ceux qui souhaitent participer au processus électoral et que cela comprenait des procédures électorales libres, justes et pleinement transparentes».

Se déclarant, par ailleurs, «pleinement satisfait» des garanties obtenues de la part du président algérien sur le fait qu’il comprenait cela et que c’était également son objectif, Powell a rappelé que «l’accès aux médias de façon à ce que les candidats puissent faire parvenir leur message aux citoyens» était un élément important pour que les élections soient considérées comme libres, justes et transparentes.

Il n’en reste pas moins que l’intérêt américain pour le processus électoral en Algérie est évident. Et c’est la représentante du congrès, venue à Alger pour suivre ces élections, qui exprime le mieux cet intérêt : «Nous ne pouvions espérer meilleure occasion pour observer le processus démocratique et électoral en cours en Algérie, et nous sommes très satisfaits de cette opportunité qui nous est offerte», a-t-elle laissé entendre à son arrivée.

M. T.

 

   
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