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LA FRAUDE MOBILISE LES ADVERSAIRES DE BOUTEFLIKA
Les
arguments font défaut
L'Expression,
10 avril 2004
Les opposants à Bouteflika se trompent d’argument pour expliquer
leur débâcle électorale.
Les candidats Sadi, Benflis et Djaballah semblent être les seuls à crier à la
fraude. Les observateurs internationaux qui accréditent l’élection
présidentielle comme répondant aux «standards européens» sont
de leur côté unanimes à relever le haut degré de
transparence qui a caractérisé le scrutin présidentiel.
Par ailleurs, il est établi que des régions où la
fraude est quasi-impossible, Bouteflika a enregistré des scores
inattendus. En effet, le vote de la communauté émigrée
est illustratif de cet état de fait.
Le président-candidat est effectivement arrivé en tête
dans des bureaux de vote où les représentants des candidats
ont été invités à passer la nuit près
des urnes, pour s’assurer de la régularité de l’opération électorale.
Le même constat est également valable en Kabylie, traditionnellement
réfractaire à tout comportement frauduleux. Ainsi, dans
cette région du pays, où le taux d’abstention a été le
plus fort, les bulletins du président-candidat ont bel et bien été introduits
dans l’urne. De plus, nombreux sont les observateurs étrangers
qui relèvent «la victoire sans tache de Bouteflika»,
tout en reconnaissant le score obtenu.
Ce sont là autant de faits contredisant les propos des contestataires
qui accusent l’administration d’avoir organisé une
fraude massive, sans pour autant en démontrer le mécanisme.
A ce propos, Abdallah Djaballah résume bien cet état de
fait, en affirmant ignorer comment les autorités ont «bourré les
urnes». En d’autres termes, 24 heures après le scrutin,
personne ne peut affirmer clairement ni l’étendue de la
fraude et encore moins le procédé utilisé. Benflis,
Sadi et Djaballah évoquent, pour leur part, un gonflement du corps électoral
au bénéfice exclusif du chef de l’Etat, sans pour
autant révéler les conditions physiques dans lesquelles
s’est produite l’opération de bourrage des urnes.
Les 56.000 représentants des candidats présents tout au
long de la journée du 8 avril n’ont pas signalé des
comportements de fraude à grande échelle, comme le soulignent
leurs chefs de file.
La question qui se pose donc, est de savoir, comment a-t-on fait pour
donner plus de 8 millions de voix à Bouteflika sans que cela ne
soit visible à travers l’ensemble du territoire national.
En fait, les protestations des trois opposants au président-candidat
ne s’appuient sur aucune donnée concrète, à même
de convaincre un observateur de l’élection présidentielle.
D’ailleurs l’un deux, a clairement affirmé à l’AFP
que «le taux réalisé par M. Bouteflika est à la
fois très lourd (mais) je suis obligée de constater qu’il
reflète totalement, pour Bal El Oued (un quartier populaire d’Alger),
le dépouillement que nous avons constaté». Mme Lizin
c’est d’elle qu’il s’agit, ne manque pas de répondre
aux critiques des adversaires de Bouteflika en relevant : «Parler
de fraude importante et significative n’est pas crédible.» En
d’autres termes, Sadi, Djaballah et Benflis jouent leur crédibilité tant
au plan national qu’international. Aussi, l’échec
patent de leur tentative de rassembler du monde autour d’eux, traduit
quelque part leur manque de popularité et renforce la thèse
d’une victoire électorale légale de Bouteflika. En
fait leur impuissance à mettre en place un mouvement de protestation
populaire pacifique à l’image de ce qui s’est produit
en Géorgie, signe quelque part le désaveu dont ils font
l’objet de la part des électeurs.
Cela dit, et à la décharge du candidat, il y a lieu de
rappeler que le plébiscite de Bouteflika n’est pas né du
néant.
L’accaparement, des mois durant, des médias publics et le
double tour d’Algérie qu’il a effectué avant
et pendant la campagne électorale, lui a donné une très
sérieuse avance sur ses concurrents, ce qui explique, en grande
partie le score obtenu lors de cette présidentielle.
Enfin, il est clair que les opposants à Bouteflika se trompent
d’argument pour expliquer leur débâcle électorale.
Mourad SID-ALI
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